FERRARI 275 GTB COMPETITION USINE

Christian Bouchat.    2008-06-30 00:00:00   

Suprématie Ferrari.

Depuis quatre ans, la Scuderia Ferrari connaît une période exceptionnellement faste en Formule 1. L’année 2002 a été une année de grande domination, trop grande domination pour certains qui voudraient changer les règlements de la F1.
Pourtant, la F1 a connu et connaîtra encore de grandes dominations d’une marque ou d’un moteur. Rapellez-vous les années Honda ou Renault, pendant lesquelles la "Scuderia" devait se contenter des deuxièmes rôles.
Ferrari, légende de l’automobile, sans laquelle la F1 ne connaîtrait pas le succès actuel qui est le sien. Ferrari, seule marque à être présente depuis le début du championnat du Monde des Constructeurs de F1(1950), et cela malgré de longues périodes moins glorieuses.
Ferrari a pourtant connu une époque plus remarquable encore.


Confrontation Ferrari et Commission Sportive Internationale (C.S.I.)

L’année 1964 est l’apogée de l’époque mythique où Ferrari était un petit constructeur indépendant. Cette année-là, le "Comendatore" et ses troupes ont trusté tout ou presque tout : Championnat du Monde F1 des Constructeurs et des Pilotes (John Surtees).
Championnat du Monde des Sport Prototypes (Ferrari P2).
Championnat du Monde des GT (Ferrari GTO)... mais aussi Vainqueur des 24 Heures du Mans et du Tour de France Automobile.

Ferrari réussit aussi cet exploit en 1961, mais le titre GT était encore officieux. (Création en 1962)

Depuis lors, aucune autre marque n’a réussi ce Grand Chelem.

La Ferrari 275 GTB, une vrai GT

Présentée en octobre 1964, au Salon de Paris, simultanément au cabriolet 275 GTS, la berlinette Ferrari 275 GTB est l’héritière de la 250 GT Lusso, une Grand Tourisme alliant la vitesse à un confort certain. Il est, bien sûr, prévu de produire quelques 275 GTB-Competition pour les clients voulant courir en dilettante, mais aucunement une version pouvant remplacer avec succès la GTO.

Cherchez l’intrus. Ferrari 250 GTO/62. Moteur à l’avant.
(photo inversée pour faciliter la comparaison)
Ferrari 275 GTB-C "Usine" au Mans en 1965. Moteur à l’avant
Ferrari 275 GTB 1ère série . Moteur à l’avant.
Ferrari 250 LM, vainqueur au Mans 1965, pilotée par Jochen Rindt et Masten Gregory. Moteur central arrière.

Les circonstances en décident autrement.

Au milieu des années ’60, les homologations C.S.I., sans lesquelles il est impossible de courir, font couler beaucoup d’encre. L’homologation C.S.I. est accordée par la délégation C.S.I. de la nationalité du constructeur, ce qui amène, bien évidemment, des abus. Ferrari bénéficie des largesses de la C.S.I. autant que les autres constructeurs. Mais les succès retentissants des 250 GTO embarrassent la Commission Sportive Internationale, car personne ne peut nier aujourd’hui que la production minimale de 100 voitures en un an n’a été atteinte par la 250 GTO (production totale des GTO : 39 exemplaires).Pourtant, Ferrari retente le coup en 1964 en présentant sa nouvelle candidate au titre de championne du Monde GT : la 250 LM à moteur central. Le choc ne peut être évité entre la Commission Internationale et l’écurie au « Cheval Cabré ». Il est difficile de juger le moteur central arrière comme une légère modification apportée à la 250 GTO.
Fin 1964, en signe de protestation à la non homologation de la 250 LM, la « Scuderia Ferrari » se retire momentanément de toutes les compétitions. Les Ferrari officielles participent aux derniers Grands Prix F1 sous les couleurs du N.A.R.T. de Luigi Chinetti, son ami de longue date et importateur Ferrari aux USA.

Début 1965, grâce au succès de la 275 GTB « de série », la barre des 100 exemplaires n’est plus un obstacle pour l’homologation d’une 275 GTB-Competition « Usines ». La puissance et l’allégement des 275 GTB-C « Usines » sont poussés à l’extrême. Pourtant, séquelle des « malentendus » de 1964, l’homologation ne sera pas acceptée avant le 1er juin 1965, soit moins de trois semaines avant Le Mans. A ce moment-là, les jeux sont faits pour le Championnat du Monde Prototypes C’est la fin d’une grande époque. La production en petite série de cette 275 GTB-C très spéciale n’a plus de sens.La carrosserie est nettement plus large, habillée par Scaglietti dans une tôle d’aluminium ultramince, allégée et dépouillée à l’extrême, elle est 200 kg plus légère qu’une GTB de série. Les 275 GTB-C « Usines » sont équipées d’un moteur qui développait, pour les 24heures du Mans, plus de 300 CV à 7750 tr/mn soit autant que les 250 LM.

Berlinette 275 GTB 1ère série, devant un monument on ne peut plus belge. Sans doute 6507 GT, la première 275 GTB importée en Belgique durant le mois de janvier 1965.

Rares très rares

Il y a 3 séries différentes de 275 GTB-Competizione. Les 1ère et 3ème séries sont des 275 GTB-Compétition « Clients », produites à douze exemplaires chacunes :
1° : Les 275 GTB-C 1965, construites avant la décision de produire des 275 GTB-C « Usines », qui nous intéressent dans cet article.
2°Les 275 GTB-C 1966, construites après le désintérêt de Ferrari pour le championnat Prototypes
Deux exemplaires de 275 GTB-C « Usine » sont construits : 6701GT - 6885GT. Une troisième (7107GT) aurait été construite, mais pourrait être une commande ultérieure.

6885 GT : Une 275 GTB-COMPETIZIONE très spéciale.

Une seule 275 GTB-C « Usine » (6885GT) participera à des compétitions et une autre sera utilisée en essais (6701GT).
6885GT participe à trois courses en Europe, deux en catégorie Prototype, pour l’usine (la Targa Florio ’65 & les 1.000 Km du Nurburgring ’65) et une en catégorie GT pour le Garage Francorchamps (les 24 H. du Mans ’65).
Peu après Le Mans, 6885 GT est vendue aux Etats-Unis. Elle gagne fin 1965 pour son nouveau propriétaire le Tourist Trophy de Nassau. En 1966 elle ne participe qu’à une seule course internationale : les 24 Heures de Daytona.

Jusque-là, pas un seul pépin. Quand vers 8h.du matin, le moteur commence à surchauffer. Il faut améliorer le refroidissement. Les mécaniciens tentent un premier essai.
Deuxième essai, il sera le bon.

LA CARRIERE EUROPEENNE DE 6885 GT

Targa Florio 1965 : 275 GTB - C (Prototype USINE) Biscaldi - Deserti, 8ème à mi-course soit 7ème des Prototypes ou 2ème des GT si homologuée, abandon peu après.

1000 KM du Nurburgring 1965 : 275 GTB - C (Prototype USINE) Biscaldi - Baghetti, 13ème au classement général - 9ème des Prototypes, et 5ème des G.T à près de 2 tours de la meilleure Cobra et près d’un tour de la meilleure Porsche 904 GTS si elle avait été homologuée en GT

24 Heures du Mans 1965 : 275 GTB - C (GT Garage Francorchamps) Mairesse - « Beurlys » 3ème au classement général, 1er en GT, 4.562,05 Km Soit 190,0854 Km/h. consommation moyenne : 38,84L / 100

Voici le classement général heure par heure de 6885 GT durant les 24 heures du Mans 1965 :

1ère heure (17H) :15ème
2ème heure (18H) :16ème
3ème heure (19H) :15ème
4ème heure (20H) :12ème
5ème heure(21H) :11ème
6ème heure (22H) :12ème
7ème heure (23H) :14ème
8ème heure (24H) :9ème
9ème heure (1H) :4ème et 1ère GT
10ème heure (2H) :3ème
11ème heure (3H) :2ème !!!
12ème heure (4H) :3ème
13ème heure (5H) :3ème
14ème heure (6H) :4ème
15ème heure (7H) :4ème
16ème heure (8H) :4ème
17ème heure (9H) :4ème
18ème heure (10H):4ème
19ème heure (11H):3ème

A partir de la 19ème heure, 3885 GT gardera sa brillante 3ème place jusqu’à l’arrivée, malgrè un petit problème de surchauffe moteur en début de matinée qui sera résolu de façon empirique mais éficace, comme il apparait sur les photos.

Bibliographie :

Ecurie Garage Francorchamps de Gianni Rogliatti.

Annuaires Ferrari 1963, 1964 et 1965.

Ferrari 275GTB - 275GTS - 275GTB-4A de Jess G.Pourret.

Ferrari 275GTB&GTS 2-cam,4-cam ;Competizione ;Spider de Ian Webb.

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