Family Champion’s Day, le retour !

Dimitri Haulet, Philippe Haulet    2016-12-10 09:25:07   

Family Champion’s Day - 3 Décembre 2016


Ce samedi 3 décembre, beaucoup de personnes ont pris le chemin de Mettet, du circuit en particulier, pour assister à une renaissance.

En effet, Paul Fraikin nous propose le ‘Family Champion’s Day’.

Nous, ce sont les fans, les pilotes et leurs véhicules. Mais quelles sont les motivations de ces passionnés ?

Ken.

« Invité par un ami de Paul que je remercie, j’apprécie ce moment génial. La météo est avec nous. J’ai roulé dans le buggy Yamaha, véhicule intéressant, très léger, relativement puissant et amusant surtout dans les virages. Je suis enchanté. »

« Le pilote est gentil, agréable, très chaleureux et il conduit bien.
Evénement à refaire. Il attire beaucoup de monde et il permet aux personnes qui ont des moyens financiers limités, de découvrir les sensations de la compétition à un prix abordable sur un splendide circuit. Je me répète : A refaire. »

Stéphane Henrard.

« Je viens de terminer mon dernier buggy destiné à une petite fabrication en série. Ils seront proposés en location à des gentlemen-drivers ou à des pilotes professionnels qui veulent goûter au rallye-raid sans énorme investissement. »

« Les courses de Baja en Europe sont un premier niveau et vous pouvez passer ensuite, à des organisations d’une semaine comme le rallye de Tunisie, du Maroc, des Pharaons. Les clients sont pris en mains de la même façon mais c’est plus exigeant du point de vue pilotage et physique. Il reste aussi pour les plus ambitieux, le Dakar et l’Africa Race. Notre voiture convient pour toutes ces épreuves. »

« Le circuit de Mettet n’est pas adapté à notre voiture mais, pour avoir passé de bons moments en compagnie de Paul, je tiens à être présent à cette fête du sport automobile. »

Jean-Pierre Van de Wauwer, le philosophe.

Ah, prions Saint-Nicolas pour qu’Il nous apporte des sponsors !

« Je suis présent à Mettet pour faire plaisir au public, pour évoquer ces belles années du sport automobile où le rallye était proche des gens. Avec le Family Champion’s Day, je reviens 20 ans en arrière et c’est dommage que le Champion’s Day soit disparu, il a créé une ambiance. La compétition à l’extérieur, c’est spectaculaire mais à l’intérieur, c’est bien plus impressionnant et c’est bien le partage avec nos fans. »

« Beaucoup de choses se perdent et j’espère que Paul (Fraikin) pourra continuer car tout coûte cher. L’absence des cigarettiers a freiné l’évolution du sport automobile en général car ils aidaient les pilotes et les organisateurs. Organiser aujourd’hui, c’est la croix et la bannière à cause des difficultés financières et administratives. L’image du pilote a changé : de chevalier à pollueur. Dommage aussi le désintérêt des jeunes pour le sport automobile. Quand j’ai commencé, je rêvais de Stapelaere, Ickx. Je raconte une anecdote vécue en circuit l’an dernier. Nous mangeons et un jeune participant demande à son père en me désignant :
-  Il roule en voiture ce monsieur ?
-  Depuis 45 ans !
Ce garçon roule en fun cup depuis 2 ans et ne me connaît pas. Je ne veux pas faire le malin mais j’ai plusieurs titres de champion de Belgique en 4X4, en circuit avec Duez, en rallye 4 fois. Je ne suis pas vexé mais cela prouve que la culture du sport automobile se perd. Et quand la culture se perd en sport ou à l’école, ça sent la fin. »

« Je constate encore un autre problème pour les générations futures : le bénévolat n’existe plus. Aujourd’hui, je vois des jeunes commissaires et je m’en réjouis. Quand la moyenne d’âge tourne autour des 60 ans, c’est embêtant. La relève existe pour les pilotes mais pas pour les gens au bord des spéciales avec les drapeaux. Et s’il n’y a plus ces personnes, il n’y a plus de course. »

« J’ai proposé au RACB que les 6000 pilotes licenciés soient commissaires pour un week-end. J’ai participé à 22 courses et j’accepte d’en consacrer une pour permettre à chacun de pratiquer sa passion. Ce qui m’ennuie, c’ est que cette initiative devrait venir des jeunes, pas d’un pilote de 62 ans. Les commissaires, les mécanos, les organisateurs ont un rôle et y participer permet d’avoir du respect pour chaque mission. Le travail mérite salaire et respect, notion qui se perd aussi. »

« En conclusion, belle journée, belle fête et j’espère que Paul réussira à offrir le chien à un aveugle. »

Hugo, préposé au nettoyage.

« Je m’occupe de la Toyota que François Duval va piloter.
Je suis très content qu’il roule avec cette voiture qui est très, très belle.
Plus tard je veux être policier et pilote de voiture de course. »

Robert Droogmans.

« Je suis présent pour le public. C’est une belle organisation avec beaucoup de monde. J’ai du plaisir à revenir dans le monde du sport automobile. En plus, je roule avec mon idole : une Ford Escort. Je suis vraiment très content. »

G. G. G. de Mévius.

Emmenée par le double champion du monde, la famille de Mévius est présente et bien présente.

Ceux qui ont eu la chance de se glisser dans le baquet de la Porsche avec Grégoire, s’en souviendront toute leur vie. Très impressionnant !

Quant à la Skoda de Ghislain, un seul qualificatif : volante !!!

Philippe et un ami.

« Nous venons de Rennes en Bretagne. Nous participons avec Christophe Jacob à des rallyes comme le Maroc, la Sardaigne. Il nous a proposé cette organisation et nous sommes ravis d’être venus.
Très heureux aussi de partager notre passion avec les spectateurs qui sont habituellement de l’autre côté de la piste.
Ma voiture est une propulsion, la Ford MkII de 160CV en version terre. Construite en Angleterre, c’est une excellente voiture. Le circuit de Mettet est vraiment magnifique et l’organisation efficace. Que du positif. Le seul point négatif, ce sont les 650km pour rentrer chez moi. C’est un peu loin… »

« En France, le rallye-cross historique se met en place. Quatre rendez-vous avec une dizaine de voitures 2 et 4 roues motrices qui ont roulé à l’époque en rallye-cross. Comme vous avez à Mettet une manche du championnat mondial, peut-être y participerons-nous avec des véhicules historiques en démonstration. Souhaitons-le, rendez-vous ici en mai. »

Charlie Dupont.

La compétition automobile en général : es-tu fan ? Pratiquant

« La compétition automobile est un virus familial. André Pilette est un cousin de ma grand-mère, mon père est passé par son école à Francorchamps et tous les mâles de la famille sont plus ou moins nés avec un volant dans les mains.

Quand on a la chance de naître à la campagne (Ellezelles) et de vivre toute sa jeunesse entouré de prairies et de bois, il est difficile de résister à l’envie de se mettre en travers, à moto ou en voiture.

Pour ce qui est de la compétition, je me considère comme ce qu’on appelait jadis un ‘gentleman driver’, un amateur amoureux de ce sport et qui accepte généralement si on lui propose un volant. C’est ce qui s’est passé quand Fred Bouvy m’a offert de piloter ce Yamaha YXZ à Mettet.

Photo de Charlie Dupont.

J’ai quelques rallyes d’ancêtres à mon palmarès (sur MGA MK1 et Porsche 911), comme co-pilote de mon père d’abord, puis comme pilote depuis qu’il nous a quittés.

Photo de Charlie Dupont.

J’aime aussi les compétitions de Kart entre potes ... Et quand le plaisir sert une oeuvre, ma joie est double. C’était le cas au Champion’s Day de Paul Fraikin mais aussi au rallye du Télévie où je chevauchais une magnifique 911 Carrera 4S prêtée par le délicieux Bernard Van Bellingen et aux 24 heures de Kart à Francorchamps où j’ai pris un relais pour Kart 48. »

Photo de Charlie Dupont.

le Family Champion’s Day : comment et pourquoi y être venu ?

« Paul Fraikin est venu m’interviewer l’année passée au théâtre "Le Public" à Bruxelles à la sortie du spectacle "Tuyauterie" que je jouais avec ma femme. J’étais étonné de le voir reconverti à la culture alors qu’il avait émerveillé ma jeunesse avec Champion’s sur la RTBF.

Nous avons très vite parlé bagnole et nous nous sommes promis de nous revoir. Ce fut chose faite ce samedi au Family Champion’s Day... Et je lui dois toujours un baquet de co-pilote pour un rallye historique un de ces quatre.

C’est amusant ce rapport entretenu depuis toujours entre les acteurs et les pilotes, cette sorte de tradition d’acteurs à double casquette dont je me sens assez proche même s’ils ont chacun leur style. »

« Entre Steve Mac Queen, James Dean, Jean-Louis Trintignant et Patrick Dempsey, il est difficile de trouver un point commun. Et pourtant, je crois qu’il y a dans le jeu d’acteur et le pilotage, pour tous ces grands enfants, d’énormes similitudes : en choisissant ce métier, on cherche à vaincre l’ennui en se rapprochant de son enfance.

Et piloter ou jouer, c’est être entièrement dans le présent, se remplir d’adrénaline, être totalement concentré ET totalement ouvert à ce qui nous arrive de l’extérieur. Tel un enfant qui joue au cow-boy... ou aux petites voitures.

Mac Queen disait : "Etre en course, c’est la vie. Tout ce qui arrive avant ou après n’est que de l’attente".
Je souscris à ce crédo. Jouer et rouler sont pour moi des moments ’entiers’ comme il en est peu. »

Ton ressenti sur cette journée.

« C’est mon premier Champion’s Day mais je souhaite vivement que ce ne soit pas le dernier. Il faut rappeler que les bénéfices vont à une oeuvre qui aide les aveugles ...
Quel luxe de s’amuser en servant à quelque chose. Et puis, j’y ai vécu un plaisir fou à embarquer des Fans de rallye qui montaient à bord du Yamaha sans même voir mon visage sous le casque et en sortaient ravis d’avoir vécu une expérience avec un "pilote". C’est un peu comme si je réussissais un examen.
Et puis tenter de faire jeu égal avec la 911 de Grégoire de Mévius , des Audi Quattro ou quelques WRC, c’est un challenge carrément surexcitant. »

Un mauvais souvenir ?

Un Dakar que j’ai failli faire... et puis pas.

Un bon moment ?

« Quand mon père était très malade, il y a 5 ans, je me suis mis un point d’honneur à respecter les engagements qu’il avait pris durant la saison des rallyes historiques. Je le remplaçais au volant et il assurait le co-pilotage. Je l’ai ressenti comme un passage de témoin entre deux générations reliées par l’intercom du casque et aux commandes de leurs vies. Ca m’a donné beaucoup de plaisir et, je crois, à lui aussi. »

Encore un supplément à ajouter en plus sur tout ce bazar, une fois ?

Je souhaite préciser qu’il y a, au commencement d’une passion, des héros qui nous ouvrent la voie... Et Michel Vaillant est de ceux-là. Quand Philippe Graton m’a proposé de rouler aux couleurs du "Leader" en m’offrant le casque noir que je portais samedi, il me faisait vraiment un très beau cadeau, celui de rentrer dans cette légende comme si je pilotais pour l’écurie Vaillante.

Photo de Charlie Dupont.

"Nous sommes de l’étoffe dont sont tissés les rêves."
W. Shakespeare.

Paul Fraikin.

« La fin de cette journée Family Champion’s Day est un moment exceptionnel que nous avons vécu tous ensemble. Il faudra retomber sur terre car je plane depuis ce matin. C’est magique, inouï. Autant de plaisir, de bonheur, de gens heureux, de pilotes généreux, plus de 850 copilotes aux anges, pas d’accident, pas d’incident, pas un bobo, c’est incroyable ! Nous avons prouvé qu’avec passion, avec beaucoup de travail et de foi, avec des amis surtout, nous pouvions monter un énorme événement. C’est grâce à la générosité de tous que la magie a joué. »

« Au rallye d’Allemagne, en voyant l’engouement d’autant de belges autour de Thierry Neuville sur FaceBook, je me suis dit qu’ils méritent que l’on fasse quelque chose pour eux, un événement non pas pour Thierry mais avec lui.
Nous avons fixé la date et nous voilà à Mettet. »

« Les wagons se sont accrochés : Nicolas Gilsoul, Bruno Thiry, Freddy Loix, Droogmans, Snijers, Verreydt, de Mévius et bien d’autres. Sans vedettes étrangères, nous avons réalisé un évènement de niveau mondial car nous avons, en Belgique, assez de talents - connus ou méconnus - pour y parvenir. »

« Ce fut quand même un pari dingue, car au départ sur notre feuille de calcul, il y avait 162 postes de dépenses pour un total vertigineux. Infaisable ! Même en dégraissant au max, en faisant du rikiki, c’était encore irréalisable. Et puis des amis m’ont proposé leur aide, des bénévoles se sont manifestés, on m’a offert des services, du matos, de la logistique. »

« Enfin, l’ASAF nous a proposé un partenariat dynamique très constructif. Grâce à tous ces coups de main, très petits ou moyens, le risque est devenu acceptable. Mais il fallait encore oser le prendre ! Début novembre, j’ai encore hésité. Un grand ami m’ a alors convaincu de me lancer. On l’a pris le risque, on a osé, et on a gagné. C’est fabuleux. La magie, c’est l’amitié convergente, fusionnelle, autour d’un projet qui le rend réalisable. »

A l’année prochaine ?

« Nous verrons d’abord si les comptes sont positifs. En A.S.B.L., tous les membres supportent les dettes et je ne veux pas que ça soit le cas. Si c’est positif, on le refera et je pense que nous serons obligés de le faire sur deux jours. Car nous n’avons pas pu accepter plus de 100 pilotes. Nous avons dû dire ‘non’ à plus de 120, et ça nous a fait mal pour eux. L’an prochain avec 100 pilotes par jour, cela doublera notre bonheur. Les spectateurs sont venus de partout, de toute la Belgique, de Paris, de Corse, tous contaminés par ce virus positif ! »

Nathalie Derochette
est une figure de charme du rallye belge !
Grande-grande amie de Paul Fraikin depuis 1994 et toute première hôtesse du tout premier stand Champion’s.
Elle l’a géré pendant quelques 10 ans.
Toujours fidèle à Champion’s, 15 ans après, elle était évidemment à Mettet !

Que demander de plus ?

Chacun, pilote, spectateur, co-pilote, y trouve son bonheur.
Boum ! La nuit tombe.

Il est temps de rentrer chez soi.
Vivement la prochaine Saint-Nicolas et le nouveau Family Champion’s Day.

Dimitri et Philippe Haulet.

Nos photos.

Champion’s Day 2016 [HD] Devillersvideo

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