John Cooper Works : Au nom de la course …

Bob d’Automag    2008-02-27 17:18:05   


Un grand nom, une longue tradition, d’excellentes performances routières et une expérience de conduite incomparable : même en dehors du circuit, la MINI John Cooper Works suscite la passion des sports mécaniques. Le nouveau modèle construit à l’usine MINI britannique d’Oxford nous arrivera en août 2008 – accompagné par le MINI John Cooper Works Clubman. Ces variantes, qui fêteront leur première mondiale au Salon international de l’Automobile de Genève (du 6 au 16 mars 2008), sont les deux premiers modèles que MINI lance sous la marque MINI John Cooper Works.

Mini John Cooper Works

Une puissance grisante grâce au savoir-faire de la course.

C’est le cœur d’un bolide de course qui bat sous le capot des deux nouveaux athlètes de l’extrême. La MINI John Cooper Works et le MINI John Cooper Works Clubman sont entraînés par un véritable concentré de puissance décliné du moteur actuel de la MINI Cooper S, qui a été revu de fond en comble pour animer la voiture de course MINI John Cooper Works CHALLENGE avant de retourner aujourd’hui sur la route, revigoré, avec le label Works. Le quatre cylindres de 1,6 litre à turbocompresseur Twin Scroll (turbocompresseur à double entrée, plus d’air pour plus de puissance) et injection directe essence débite 155 kW (211 ch) et un couple maximal de 260 Newtons-mètres qui est disponible dès 1 850 tr/mn et peut même passer brièvement à 280 Newtons-mètres grâce à la fonction overboost (augmentation de la pression de suralimentation).
Départ arrêté, la Cooper Works animée par ce moteur s’élance en 6,5 secondes de zéro à 100 km/h, le Works Clubman ne demande que 0,3 seconde de plus.

Mini John Cooper Works existe aussi en version Clubman

Mais il n’y a pas que la mécanique qui crée des sensations racing authentiques au volant de ces MINI quelque peu spéciales. Les Works peuvent se vanter d’une technologie déclinée de la compétition : ses jantes exclusives en alliage léger d’un poids particulièrement réduit, ses freins extrêmement performants, sa nouvelle ligne d’échappement ainsi que sa boîte manuelle à six rapports modifiée
ont également été développés en s’inspirant de la nouvelle voiture de course dédiée au MINI CHALLENGE 2008. Rarement, le savoir-faire de la course automobile a été transmis à la route par une voie aussi directe.

John Cooper Works Challenge

MINI et John Cooper, une alliance qui a fait ses preuves !

Le rapprochement de MINI avec la compétition est une tradition qui date depuis plus de 50 ans maintenant. La coopération entre MINI et John Cooper Garages est encore aujourd’hui à l’origine de la MINI John Cooper Works Challenge. Mike Cooper, le fils de John, veille à prolonger cette tradition et à poursuivre la passion sportive de la MINI.

Mike et son père John Cooper

John Cooper, brillant ingénieur et designer de F1, avait revu une version sport de la Mini dès 1961, la Mini Cooper était née ! Alors qu’ Alec Issigonis avait créé la Mini en 1959 comme un nouveau concept de véhicule compact et maniable, John Cooper allait en faire une auto de course agile et qui procurera un immense plaisir de pilotage pour de nombreux pilotes et passionnés de sport automobile, et cela durant des dizaines d’années …

John Cooper est né en 1923 dans le Surrey en Angleterre, il s’est rapidement illustré au volant d’une voiture de course construite par son père Charles qui fonda la Cooper Car Company en 1946. Les deux hommes commencèrent alors à construire des autos de course, d’abord des Formule 3 pour ensuite propulser les meilleurs pilotes anglais vers les sommets de la Formule 1.

Le moteur central de Cooper change les principes de la F1.

Avec leur nouveau concept du moteur central, Charles et John Cooper bousculent totalement la tradition de l’industrie automobile de compétition de 1955. Pendant les années 1959 et 1960 les voitures de course construites par Cooper remportent le titre de Champion du monde des constructeurs et des pilotes en Formule 1 avec le principe du moteur central. Le concept était donc un succès total et de nombreux constructeurs allait suivre cet exemple dans les années à venir. Très bientôt toutes les Formule 1 seront construite sur ce principe avantageux. Cooper maintiendra un succès en compétition durant les années ’50 et ’60 grâce à la complicité de pilotes de légende tel que Jack Brabham, Bruce McLaren, Jochen Rindt.

1961, Cooper révolutionne avec le moteur central de la Cooper F1

Le contact avec Alec Issigonis était déjà établi à cette époque puisque John Cooper utilisait les moteurs de la BMC (British Motor Corporation) pour ses formula junior. Cooper était donc au courant du projet qu’Issigonis développait pour la BMC. C’est aussi pour cette raison que Cooper était très rapidement convaincu du potentiel de cette petite Mini. Il était convaincu que le principe de placer les roues aux coins de l’auto en supprimant les « porte à faux » et poser le tout sur un châssis plat, était la base idéale pour une machine de compétition, l’idée qu’il cherchait depuis des années. Dès que la Mini débuta sa carrière en 1959, Cooper développe son idée de compétition sur cette auto, il envoie sa première Cooper sur le circuit de Monza pour une série de tests. En 1960, six mois après le lancement officiel de la Mini, six voitures d’usine équipées par John Cooper célébreront les premiers succès au rallye Monte Carlo.

Paddy Hopkirk & Henry Liddon sur Mini Cooper au Monte Carlo en 1964

Bien que le concepteur de la petite auto, Alec Issigonis, restait plutôt dubitatif sur le développement d’une version GT sportive de sa progéniture, son idée étant au départ de réaliser une auto bon marché et économique pouvant transporter quatre personnes dans un espace limité et pas d’en faire une auto sportive, Cooper insistera sur son projet et ira convaincre le patron de BMC Georges Harriman qui lui accordera finalement une production limitée de 1000 exemplaires afin de tester le concept et de mesurer les réaction du public.

Avec des modifications mécaniques sur l’alésage et la course, des soupapes plus grandes, l’adaptation de deux carburateurs, la première Mini Cooper délivrera 55ch pour une vitesse de pointe de 130 km/h. Les rapports de boîte ont également étés revus plus sportivement, des disques de feins sur les roues avant assurent un freinage adéquat.
Les résultats de ces efforts ont finalement convaincu Issigonis qui se joint à Cooper pour travailler à une seconde version encore plus performante… la Mini Cooper S sera équipée d’un bloc réalésé à la limite de ce qui est possible, et la cylindrée amenée à 1071cc était volontairement contenue sous les 1100cc pour faire courir la voiture dans la catégorie concernée des moins de 1.1L. La vitesse de pointe restait impressionnante et le moteur de la Cooper S délivrait 70cv à 6200 t/min. Cette version était aussi équipée d’un nouveau système de freinage avec servofrein.

De 1964 à 1967, l’âge d’or du Monte Carlo…

La Mini était prête pour aligner les succès. C’est en 1962 que la Cooper S fera ses premières marques avec le finlandais Rauno Aaltonen au volant. Tel un combat de David contre Goliath, le finlandais et la Mini se positionnent en tête à 3 kilomètres de l’arrivée, lorsque le pilote évalue mal son virage et finit la course sur le toit. Aaltonen prendra une belle revanche l’année suivante en classant sa Mini Cooper S avec une victoire de classe et une troisième place au classement général.
Les succès allaient se multiplier. Lors de l’hiver de 1963/1964 la Mini Cooper S débordait de puissance par rapport à son prédécesseur. Lors d’une superbe course au Monte Carlo, Paddy Hopkirk s’adjuge une première place au général avec le nouveau moteur de course. La Mini était en passe de devenir une véritable légende. L’année suivante le finlandais Timo Makinen et sont copilote Paul Easter répéteront l’exploit de ce triomphe au Monte. Il sera le seul pilote à terminer l’épreuve sans un seul point de pénalité, et ceci dans des conditions hivernales extrêmement rudes dans la neige et la glace des Alpes françaises. Seul 35 autos des 237 partantes termineront le rallye cette année là, trois de ces autos arborent le logo « Cooper S » sur leur capot moteur !

1965, la Cooper S dans la neige, rien ne lui résiste !

L’année suivante sera celle des victoires volées. Les quatre équipages du Team Cooper seront aux avants postes du rallye, avec les pilotes Timo Makinen, Rauno Aaltonen et Paddy Hopkirk qui réaliseront un incroyable résultat. Ils passeront la ligne d’arrivée aux trois premières places. Mais cette triple victoire ne sera que de courte durée car les trois Mini seront disqualifiées pour un éclairage additionnel non conforme au règlement français du rallye. Si l’enthousiasme des spectateurs était quelque peu refroidi, les prestations des pilotes Mini Hopkirk, Aaltonen et Makinen resteront dans les anales du Monte Carlo comme celle des « Trois Mousquetaires ». Juste une année plus tard, Rauno Aaltonen aura le plaisir de reprendre sa revanche avec sa 3ème victoire au Monte Carlo avec une Mini Cooper S. Et cette fois il n’y avait aucun problème d’homologation avec sa Mini !

la Mini de Hopkirk et Liddon remporte le trophée du Monte Carlo en 1964

Bien que la Mini s’est révélée brillante en rallyes, elle s’est également adjugée de nombreuses victoires en circuit durant les années ‘60. Ses records sportifs en feront une formidable voiture de course pour toute une décennie. Parallèlement à sa carrière en compétition, la version Cooper de la Mini a eu un succès phénoménal sur les ventes entre 1961 et 1971. De nos jours encore, la Mini et le label Cooper sont associés à un plaisir incommensurable du pilotage pure passion.

Avec Mini, Mike Cooper continue l’oeuvre de son père

L’alliance traditionnelle qui liait Mini et John Cooper devenait un facteur crucial pour la nouvelle version de la petite voiture. En 1999 Mike Cooper s’est vu proposer par le groupe BMW à partager le savoir faire de l’entreprise familiale John Cooper Garages dans le projet MINI. Mike Cooper continue l’œuvre de son père avec la même ferveur, comme son père il se penche sur une version sportive de la Mini bien avant le lancement de la new Mini en 2001. Son rêve était de remettre la Mini sur les circuits. Il a donc démarré le Challenge John Cooper pour les véhicules proches de la série, le succès ne s’est pas fait attendre.

Mike Cooper dirige le "John Cooper Garages"

John Cooper n’a malheureusement pas eu le bonheur de vivre le lancement de la new Mini. Il décèdera en l’an 2000 à l’âge de 77 ans. Le nom de « John Cooper Garages » restera lui bien vivant ; et continuera dans les années futures à porter le symbole de tradition et de qualité exceptionnelle du savoir faire automobile qui a assuré durant trois générations le bonheur des pilotes qui ont fait leurs marques avec cette petite Mini surprenante dans le monde du sport automobile.

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