La Charte de Turin : vers une gestion responsable des véhicules anciens.

Benoît Piette    2013-02-03 20:48:18   

Le 29 janvier 2013 - soit exactement 127 ans après le dépôt par Carl Benz du brevet pour son tricycle entraîné par un moteur à gaz - voit l’entrée en vigueur officielle de la "Charte de Turin".

Ce document, reconnu à l’échelle internationale, traite des lignes directrices et des recommandations quant à l’usage, l’entretien, la réparation et la restauration des véhicules anciens. Il répond ainsi aux exigences des organisations politiques internationales telles que le Parlement européen ou l’UNESCO.


Elle rejoint la charte de Barcelone pour la protection des navires anciens et la charte de Riga pour la protection de chemins de fer historiques.

Grâce à la charte de Turin, la Fédération Internationale des Véhicules Anciens FIVA garantit le droit international de se déplacer avec les véhicules routiers anciens.
« Si nous voulons encore croiser des véhicules anciens demain sur nos routes, nous devons les élever au rang de bien culturel digne d’être protégé », affirme le président de la FIVA Horst Brüning. Et cela ne revient pas à reléguer les véhicules anciens au musée. « Non, bien au contraire. Avec cette charte, nous voulons encourager une présence accrue des véhicules anciens sur les routes du réseau public. C’est en effet la condition indispensable pour partager leurs histoires et la fascination qu’ils exercent », poursuit Monsieur Brüning.

La charte doit donner des indications quant à la manière de préserver le plus possible la substance originale du véhicule ancien lors de son opération et sa restauration, de documenter tous les travaux et bien sûr de préserver l’aptitude à la conduite.

Intérêt croissant suscité par les véhicules anciens

Un nombre croissant de personnes s’intéressent aux véhicules anciens et souhaiteraient en posséder un. Alors que cet attachement était il y a quelques années encore un passe-temps pour un nombre réduit d’enthousiastes, aujourd’hui, c’est un mouvement global. Or, un nombre croissant de consignes et de règles relatives au respect de l’environnement et à la sécurité amènent à modifier l’état d’origine des véhicules anciens afin qu’à l’avenir, ils puissent continuer à se déplacer sur le réseau routier public.

La FIVA veut intervenir justement là avec sa charte de Turin : pour la première fois, cet ensemble de règles doit dorénavant changer l’attitude à l’égard de ce sujet à échelle internationale et non plus à échelle nationale comme c’était le cas jusqu’à présent. La « Convention pour la protection des biens culturels de l’UNESCO » du 14 novembre 1970 a servi de modèle. Au jour d’aujourd’hui, cette convention a été traduite par 120 états dans leur Droit national. Avec la charte de Turin, la FIVA définit des critères et des conditions préalables selon lesquelles les véhicules anciens peuvent bénéficier d’une protection au titre de bien culturel.

L’une des thématiques centrales de la charte est la préservation de la substance historique du véhicule en la modifiant le moins possible. Elle concerne les automobiles, motocyclettes, véhicules utilitaires, remorques, bicyclettes et d’autres véhicules à propulsion mécanique ainsi que des véhicules terrestres (hors rails) mus par une source d’énergie gazeuse, un carburant liquide ou par force musculaire ou électrique.
Très concrètement, elle propose tout un catalogue de recommandations qui traite de l’usage, de l’entretien, de la conservation, de la restauration et de la réparation de véhicules anciens opérationnels. Pour les propriétaires, mais également toute personne intéressée, les amis et concessionnaires, ce document est pour la première fois un papier donnant des indications claires pour agir de manière durable et dans l’intérêt du véhicule.
Par ailleurs, une carte d’identité basée sur la charte est en cours de planification qui donnera la certitude à chaque propriétaire ainsi qu’au vendeur ou à l’acheteur d’un tel véhicule que le véhicule a été utilisé et entretenu selon les directives de la charte de Turin.

Préserver, restaurer ou modifier ?

L’objectif de la charte consiste à préserver l’histoire du véhicule avec ses certificats matériels et immatériels et à les transmettre en l’état.
Il s’agit de préserver un degré d’authenticité maximal . L’entretien expert, continu et durable de toutes les pièces d’équipement ainsi que l’opération régulière sont absolument indispensables à cet égard. Plus fréquemment un véhicule se déplace et est vu sur les routes publiques, plus grand sera l’intérêt non seulement face aux objets en tant que tels mais également face aux connaissances traditionnelles en matière de technique, d’entretien et d’opération.

La FIVA distingue trois processus différents pour l’opération et la maintenance d’un véhicule.

  • Préserver – en l’occurrence il s’agit de l’entretien et de la protection d’un véhicule face aux dommages et la dégradation de l’état d’origine dans sa qualité individuelle et sa valeur historique spécifique. Le principe suprême consiste à respecter l’histoire au véhicule. Une apparence « Mieux que neuve  » n’est pas souhaitée.
  • Restaurer – ceci comprend l’ensemble des processus de réparation, de restauration ou de reconstruction. Il s’agit notamment des mesures pour compléter des pièces ou des domaines manquants dans l’objectif de restaurer l’état d’origine de l’objet et de ménager le plus possible la substance authentique.
  • Modifier – ceci comprend l’ensemble des actions visant à imiter plus ou moins exactement une apparence « usine », sans tenir compte de la substance historique. Un tel traitement fait toutefois courir le risque d’une perte de la valeur originelle et que le véhicule ne corresponde plus à la définition d’un véhicule ancien tel qu’il est stipulé dans la charte.

Pour une meilleure compréhension du mode de mise en œuvre prévu pour la charte de Turin, un manuel d’utilisation sera bientôt proposé portant le titre de travail « Vademecum ». La responsabilité de ce projet a été confiée à Thomas Kohler, président du groupe de la Charte.

Vos commentaires

  • Le 29 mars 2013 à 10:38, par LALLEMEND Gerard En réponse à : La Charte de Turin : vers une gestion responsable des véhicules anciens.

    je pense que c’ est une bonne chose a condition que les gouvernements respectent aussi la charte et ne modifient pas tout et rien comme ils en ont l’ habitude je suis aussi d’ accord pour un contrôle technique regulier pour tout vehicules qui roule surtout les tunnings qui sont dans certains cas tres dangereux de part les mauvaises fixations d’ accessoires (ailerons etc.)de plus un bon contrôle technique de nos anciennes éviterais bien souvent en cas d’ accident d’entendre dire que nos anciennes sont dangereuses du fait de leur age alors que en general elles sont parfaitement entretenues

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