La Nuit du Vivarais 2013 : Longue est la nuit en Ardèche…

Raymond Collignon    2013-05-29 23:26:41   

La Nuit du Vivarais 11 & 12 mai 2013.


Frédéric Cornéo est obstiné, très bien entouré par son équipe de « DROME LEGENDE », malgré les difficultés et la réputation sportive de son épreuve, il organisait cette année pour la dixième fois cette épreuve qui, l’air de rien avec le temps, écrit pas à pas sa légende. Le principe du rallye est simple : faire rouler en secret et sur les routes ouvertes les plus sauvages d’Ardèche une bande de passionnés pendant toute une nuit !

Photo Calori

Ce n’est évidemment pas un « canon ball » puisque les moyennes sont contrôlées en permanence sur base de celles de « via Michelin ». C’est donc un rallye de régularité sportif dont les moyennes imposées varient de 45 à 58 Km/H (selon Via Michelin) sur les routes que l’on peut certainement considérer comme étant parmi les plus tortueuses et les plus désertes de France ! Une petite quarantaine de voitures étaient inscrites cette année, pour la plupart menées par des fiers à bras du coin prêts à affronter toutes les conditions climatiques ardéchoises réputées changeantes et difficiles.

Nous avons quant à nous engagé la Porsche Automag, seuls « étrangers » avec nos amis suisses RAMEL et MARIETHOS menant une performante Corolla GT, à prendre le départ à Montélimar qui servait de centre névralgique du rallye.

L’équipage Suisse : RAMEL - MARIETHOZ - TOYOTA Corolla GT (Photo Calori)

En route vers « LE MOULINON » sur les traces du Monte Carlo.

Après un court briefing juste avant la nuit nous nous élançons de Montélimar. Ayant remporté une fois l’épreuve, nous avons écopé du numéro « un », ce qui n’est pas nécessairement un avantage sur routes ouvertes. La première « spéciale » fait plus de cinquante-deux kilomètres. Le ton est donné, le rythme est rapide et il y a plusieurs changements de moyennes… Filant de Saint Vincent de Barres par une petite route gentiment décrite comme « forestière » nous finissons par atteindre DARBRES par le col de BENAS.

La Porsche Automag à Montélimar avant la nuit, elle aura bientôt besoin de ses phares.

Malheureusement, suite à une petite erreur de notre part dans la transcription d’une des moyennes imposées, nous encaissons dès l’abord une pénalité d’une trentaine de secondes. Lorsque les futurs vainqueurs les « Fouquet » avec leur Innocenti Cooper, partis une minute derrière, nous dépassent, nous comprenons mais trop tard, notre erreur ! Dans la seconde étape, celle du Col de Sarasset, nous sommes une bonne partie des concurrents à nous laisser piéger par une note « imprécise », ce qui est bien dommage car la route sinuant de Saint Etienne de Boulogne vers Saint Sauveur de Montagut est superbe, 62 kms de grands plaisirs que nous serons plusieurs à parcourir très vite pour rattraper le retard dû à un égarement de plus de 15 kms.

Photo Calori

Heureusement, arrivé à MOULINON, Fred Cornéo et son complice Jean-Pierre reconnaissent ce manque de précision dans leurs livre de route et annuleront sagement les pénalités du secteur, ce qui par ailleurs était dommage car la spéciale était superbe !

MOULINON nous reçoit avant Burzet et les autres grandes spéciales du Monte Carlo.

MOULINON, LACHAMPS RAPHAEL, BURZET, cela sent le Monte Carlo !

Moulinon connait le MONTE CARLO comme sa poche. Le petit Village fait partie des centres névralgiques traditionnels de l’itinéraire ardéchois du « Monte ». Nous y sommes reçus comme des rois. La nuit est bien tombée, les conditions climatiques sont bonnes, juste un peu de pluie sur les sommets, pas le moindre brouillard dans les creux, pas de neige sur le plateau, trop beau quoi !

Les FOUQUET et leur étonnante Cooper remporte brillamment l’épreuve. (Photo : Calori)

Dans la catégorie « classic » ( voitures avant 1980) cela semble se bagarrer ferme… Nous sommes classés au-delà de la dixième place, les FOUQUET, BLESSON, FOUREL, MARCHE et autres spécialistes du coin sont classés dans un mouchoir.

Seconds en Néo Classic : DUHAUT - LACHASSAGNE sur BMW 318 is (Photo Calori)

En NEO CLASSIC, après 1980, les BM 318 IS, Peugeot 205 et autres Renault R5 Turbo tirent leurs épingles du jeu sur ce terrain qui leur convient à merveille. Le rallye repart par le col des fourches vers Lachamp – Raphael puis BURZET avec son haut plateau pour une fois très accueillant sans brouillard et sans congères… Il faut quand même y aller fort car ces longues étapes très sinueuses dépassent les 72 kms assez piègeux.

Alors que minuit a bien sonné, nous commençons la descente vers le sud et VALLON PONT D’ARC, ALBA LA ROMAINE, VILLENEUVE DE BERG… cela sent déjà la Provence ! Nous ne voyons plus grand monde pourtant nous sommes dans les temps quand nous arrivons très peu nombreux au parc de regroupement de Saint Jean. Les concurrents arrivent au compte-gouttes car les longues spéciales chaotiques et tournoyantes ont fait fort mal en fatiguant tout le monde !

Regroupement à Ruoms, il n’y a plus grand monde, la nuit a fait des dégâts…

Remontée vers le nord, dos d’ânes et trous.

Le rallye reste sportif, un bon train est exigé et la moindre erreur ou la plus petite panne provoquent des pénalités impossibles à rattraper. Notre Porsche est en pleine forme, à part de nombreux litres d’essence grappillés aux stations automatiques renseignées dans le road book, elle ne réclame aucun soin. Dans ce genre de rallye, la plupart des concurrents roulent sans assistances ce qui améliore grandement l’ambiance et provoque aussi des histoires de solidarité que les gens se racontent en rigolant. Il est très rare dans ces conditions qu’un ami soit laissé en rade, tout le monde s’entraide.

Photo Calori

On sait les dangers qu’il y a à rouler de nuit dans des zones aussi sauvages ou même les réseaux GSM sont quelques fois déficients ce qui impose aux concurrents un respect mutuel et un sens aigu de la solidarité. L’aube approche déjà, le plein fait, nous remontons vers le nord en quittant RUOMS. Dans l’ordre des numéros, nous ouvrons toujours la route. Malgré qu’on soit la nuit de samedi à dimanche, nous ne croisons aucun fêtard, il est vrai qu’il fait froid et que les derniers paumés se calfeutrent dans les rares bistrots encore ouverts.

La Porsche Automag en action ! (C.photo Calori)

La spéciale nous menant vers Alba la Romaine comporte des nombreuses notes du style « route abimée » « trous à droite  » « route forestière », elle fait 77 kms à travers la montagne. Nous faisons fuir un brocard en jouant au toréador avec lui, plus loin c’est une laie poursuivie dans ses marcassins un peu perdu qui traversent, un blaireau rampe à plein tube, des lièvres s’enfuient puis se s’arrêtent, interloqués, dans le faisceau des phares…on est bien au pays des chasseurs !

Photo Calori

Un dernier parc de regroupement et c’est la dernière spéciale vers LUSSAS, il n’y a toujours pas un chat sur les routes à part les bêtes sauvages surprises par tout ce raffut mécanique. Le ciel s’éclaircit tout doucement, d’abord un peu de gris puis quelques taches roses s’y mêlent, le jour se lève sur l’Ardèche qui étale doucement ses collines brumeuses à perte de vue avant que la lumière du soleil ne pointe enfin son nez pour magnifier le tableau…

Retour à Montélimar 8H , la vallée du Rhône s’éveille…

Après 5OO Kms de rallye dont près de la moitié en « spéciale », nous rejoignons enfin Montélimar. On est à peine fatigués, juste le petit coup de pompe de l’aube ! Une bonne vingtaine de voitures terminent ce petit marathon nocturne à travers le Vivarais.

Blesson Georges & Remi, la BMW 2002 Tii a tenu le rythme, 2ème place en Classic. (Photo Calori)

Les FOUQUET et leur étonnante Cooper remporte brillamment l’épreuve devant les Blesson, Fourel- Manneval et notre Porsche honorablement classée quatrième.

Dans les néo- classique plus récentes c’est la Renault 5 turbo des CHAREYE qui l’emportent devançant le 318IS de DUHAUT et une autre Renault GT Turbo celle-là des DA SILVA.

Un très beau podium de fiers gaillards à l’accent du midi ! Un petit déjeuner, une remise des prix super sympathique, quelques cadeaux distribués et l’affaire est faite, il est temps de rentrer pour essayer de dormir un peu. Quand nous retrouvons enfin notre lit il y a quand même 34 heures qu’on ne dort plus, quel plaisir alors de s’engouffrer dans le pays des rêves ardéchois qui, obstinément, se perpétuent…

CHAREYRE Daniel & Jérémie remportent le rallye en Neo Classic. (Photo Calori)

Un rallye sportif sans compromis.

Fred Cornéo et son équipe ont de nouveau mené leur barque au mieux et ce pour la dixième fois. Franchement ce rallye mérite sa réputation, il est sportif et convivial, en plus, il ne galvaude pas son nom, c’est une « vraie nuit du Vivarais » sans compromis… une pointe de brouillard en plus et l’aventure aurait été parfaite mais à ce niveau-là l’organisateur ne pouvait rien faire, dame nature avait décidé cette année d’être trop clémente, une fois n’est pas coutume !

Raymond Collignon.

- Les Classements détaillés sur le site de Drome Auto Passion

- Les Photos de Calori

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