Le Tour de Belgique 2013 vu de l’intérieur.

Raymond Collignon    2013-11-26 22:49:41   

Tour de Belgique 2013 vu de l’intérieur ...


Le Plaisir et la raison. 15/11/ 2013.

Pour la quatrième fois le tour de Belgique « nouvelle version » revivait cette année toujours inspiré des éditions originales organisées de 1948 à 1974. Les deux premières éditions de cette recréation par Robert Rorife en 1993 et 94 avaient été de bons succès mais, pour des raisons inconnues n’avaient pas été reconduites. Nous avions, avec Pierrot MORAY et notre modeste Volvo PV 544 1600 Sport de 1960, eu le grand honneur d’en remporter la première édition… il y a tout juste vingt ans !

Raymond Collignon, de retour sur le Tour de Belgique, 20 ans plus tard !

Reconduire l’expérience après ces deux décennies avait quelque chose de passionnant car cela nous permettait non seulement de prendre du plaisir mais aussi de jauger la terrible évolution du rallye « historique », devenu maintenant plus qu’à la mode, alors qu’à l’époque il n’était qu’une aventure passionnante dont on doutait qu’elle puisse avoir un avenir !

De circuits en course de côte, de Zolder à Chaudfontaine…

Robert Vandevorst donne ses instructions à Zolder. On ne rigole pas avec la sécurité.

Quatre- vingt voitures, un beau succès, se retrouvent à ZOLDER où débute l’épreuve. Le but est de parcourir la Belgique de couses de côtes en circuits reliés par des étapes de régularité sur routes ouvertes sélectives et un parcours routier très serré... Après un très sérieux contrôle technique organisée par le « RACB » les voitures sélectionnées débutent par une épreuve sur Zolder. Le circuit est divisé en quatre parties qu’il faut parcourir en un temps équivalent à celui réalisé dans la première section. On se prend au jeu, il faut aller vite mais pas trop. Zolder est devenu un circuit « chicanes » ayant perdu une grande partie de son âme. Dès que l’on risque d’aller trop vite on met une chicane pour ralentir le train ainsi, avant et après la « butte », avant la ligne droite des stands… heureusement qu’il reste la boucle du « canal » qui permet un peu de vrai pilotage comme les pilotes l’ aiment ! Aux sorties de Zolder, le rallye sur routes ouvertes enfin commence. L’après-midi est bien entamée, la boue est là, la nuit tombe déjà…

Robert Vandevorst ne sait pas s’en passer, dès l’abord il piège une bonne partie des concurrents en jouant sur une subtilité de note, ce sera la seule mais elle fait des dégâts, pour beaucoup le rallye est déjà joué ! Nous sommes en effet nombreux à tomber dans ce traquenard digne d’un rallye pirate du samedi soir ! Nous sommes quant à nous classés septante et unième après ces errances bourbeuse…

Piraux - Monard et la R5 Alpine show devant ! (photo Pauline Robert)

La nuit est bien tombée largement, nous quittons déjà le Limbourg assez hostile à ce genre de sport. Nous filons de routier en spéciales vers Kanne, la course de côté de Richelle puis la vallée de la Vesdre. « Chaudfontaine » : son casino, ses éclairages à la Las Vegas nous attend sous la pluie. Nous sommes passés des plaines à la « montagne ». Nous parcourons de nuit les courses de côte du coin : Foret Trooz, Trasenster, Drolenval et autres pentes du pays de Vesdre. La pause à Chaudfontaine est pause bienvenue, nous filons sans attendre vers Spa, en courses de côte… Barissard puis via Francorchamps « Tros marets », une cerise sur le gâteau nimbée d’un premier brouillard. Nous retournons vers Francorchamps où l’Hôtel de la source nous attend…

La Porsche 911 Automag remonte le classement ... (photo Seb rallye)

Pour une balade apéritive, on a été gâtés, 400 Kms sans répits ! Le temps de faire le plein de bichonner les voitures, d’avaler un godet gentiment servi et nous pouvons enfin nous coucher dans ce superbe hôtel peuplé de rêves vrombissants.

16/11 Francorchamps le circuit sous le brouillard, les Combes sans repères.

Les voitures sont couvertes de givre, la nuit a été glaciale. Une brume épaisse couvre Francorchamps, « les combes » ressemblent à un sommet de montagne perdu dans le brouillard, le « double gauche » glisse encore… Le « grand Francorchamps » nous est offert sur un plateau d’argent. Par groupe d’une dizaine de voitures, nous nous élançons sur le grand juge qu’il nous faut parcourir à moyennes contrôlées qu’on s’impose soi-même. Du plaisir pour tous, peut-on rêver d’une mise en train matinale plus sportive ??? Quatre tours du circuit, un beau cadeau… nous nous laissons prendre à ce piège enivrant et notre Porsche se fait flasher par le satellite à plus de 160 Km/H , heureusement cet excès de vitesse dans le tour « Fun », ne sera pas pris en compte, pas plus pour nous que pour d’autres excités de la pédale de droite habitués du circuit. Dès la sortie du circuit, on retrouve le vrai rallye, il faut retomber sur terre, rouler « malin », ne pas se tromper dans les petites routes de à l’intérieur du « grand circuit » où on entame à très bon rythme quelques étapes routières très courtes. On descend vers l’est pour rejoindre le Martellange pour un court ravitaillement roboratif. Nous avons repris notre rythme, Robert VDV ne piège plus ses clients mais leur impose un train d’enfer dans la province du Luxembourg bien mieux adaptée au jeu qui nous intéresse. En tête du rallye Holvoet, Lux, Delhez, Reuter et les autres se bagarrent à coups de secondes. Nous commençons quant à nous une belle remontée passant dans le « top 50 », on se console comme on peut… Le « Grand Marc Duez », épaulé de Damien Chaballe, coincé dans leur Mini Cooper se démène comme un beau diable en se prenant au jeu ! Sans lever le pied, on atteint la Semois, la course de côte de Vresse puis Houyet avant de continuer cette très longe étape vers le circuit de METTET que nous atteignons enfin à la nuit tombée.

Hotel de la Source au petit matin : un léger brouillard givrant tombe sur Francorchamps

METTET un circuit « motos » dans la nuit sans éclairage…

Rouler de nuit sur Mettet non éclairé est une expérience unique, on n’y voit rien ! Rester sur la route dans ces conditions tient déjà de l’exploit surtout quand on y met les roues pour la première fois ! Après ce joyeux tourniquet, la fête n’est pas encore finie, nous repartons pour une dernière étape de liaison vers LA HULPE où l’hôtel DOLCE nous attend. Dire que l’on n’est pas content d’arriver serait mentir ! Nous sommes toujours là, un peu fatigués mais heureux, la voiture est parfaite. D’autres ont eu moins de chance, Chavan a abandonné après un accident de la circulation, il y a eu des sorties de routes, des abandons mécanique, des accidents « sauvages » comme celui de Catherine et Isabelle dont la Daf 66 a croisé la route d’un méchant sanglier… Devant au classement, les meilleurs ne cèdent pas, les équipiers ont ici une importance primordiale, le pilote doit rester sur la route mais l’équipier fait le reste : ne pas se tromper, respecter les moyennes, pointer à l’heure, freiner le tempérament de pilotes quelques fois trop excités. C’est du grand art auquel excellent les Vanoverschelde, Noelanders, Albert, Gully et de tous les autres aussi méritants… La fête au « Dolce » est grandiose, pour certains frôlant la nuit blanche »… Pourtant, dimanche un gros morceau reste à parcourir pour revenir à Chaudfontaine. C’est la Hesbaye boueuse qui reste à traverser avec ses spéciales réputée piégeuses, surtout en période de récoltes des betteraves !

Marc DUEZ et Damien CHABALLE, mini espace mais maxi pouvoirs ! (photo Pauline Robert)

17/11 La Hulpe vers Chaudfontaine, la fin d’un vrai Marathon ….

Le temps de charger de nos très maigres bagages la voiture et l’on file à travers le riche Brabant Wallon. L’étape de « bois de Houssière » a des allures de RAC anglais, une étape forestière d’anthologie. Puis on enfile, « Petit Soldat », Thirimont, Froidchapelle pour arriver enfin au karting de Mariembourg ! Que de diversités en une matinée ! La voiture couverte de boue retrouve là un tourniquet qu’elle n’aime guère. Après, on recommence la fête la Famenne, le gué de Saint-Fontaine et enfin la Hesbaye pour l’ultime explication de Remicourt, une longue spéciale avec de nombreux changements de direction dont nous nous sortons bien. Après cette nouvelle TRES longue journée on retrouve enfin Chaudfontaine toujours au calme dans sa vallée de Vesdre. Nous avons parcouru au total 1.100 Kms de rallye, 26 spéciales, 102 contrôles horaires, 150 prises de temps, Francorchamps, Zolder, Mettet, Mariembourg de grands circuits et de grandes spéciales… sur routes ouvertes !

Seconde place pour la Toyota de Jacquet-Albert. (photo Pauline Robert)

Holvoet-Van Overschelde l’emportent devançant l’autre Toyota de Jacquet-Albert et la Lancia de Lux-Noelanders

Dominique Holvoet & Björn Vanoverschelde vont fêter leur victoire au champagne ! (photo Pauline Robert)

Le classement d’un tel rallye ne peut comporter que les meilleurs. Une voiture solide, un bon pilote et un excellent équipier…voilà la parfaite alchimie pour réussir ici. On sent derrière tout cela la patte de Robert Vandervorst qui est lui-même équipier, une belle réussite pour un rallye difficile.

(photo Jean-François Martin)

Quand on compare avec la version 1993 que nous avions remportée on constate évidemment une évolution marquée, le rallye actuel est beaucoup plus cadencé grâce au système « Trippy » qui permet de multiples prises de temps par satellite. En 93, toutes les prises se faisaient encore manuellement et les équipiers ne disposaient que de table et d’un chrono avec un « Halda » mécanique qu’il fallait régler aux molettes interchangeables ! Ne parlons pas des voitures, à cette époque on pouvait encore gagner avec une vraie vieille voiture de 1960 avec un moteur 1600 antique et des phares 6 volts…ce serait certainement mission impossible aujourd’hui… Sans être nostalgique, la course à l’armement actuel a cassé beaucoup le charme. Les voitures des années 70 et même 80 ont pris le relai et c’est la puissance qui domine, sans parler des instruments de navigation Blunik et autres qui ont évidemment fortement simplifié la vie des équipiers. Si l’esprit reste sportif, il faut faire attention car si on n’y prend garde on recommencera bientôt le cercle vicieux en se mordant à nouveau la queue, dans vingt ans les voitures éligibles auront été construites en…2008 si l’on maintient 25 d’âge et là, on aura vraiment perdu l’âme du jeu …

Raymond Collignon.

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