Le rallye Saint-Nicolas : génial, aventurier, et assez difficile !

Jean Gauchet    2021-12-26 14:53:55   

Saint-Nicolas Rally 2021


Autoroute, direction le Rallye Saint Nicolas… tiens une Escort sur un plateau, ben oui elle y va aussi ? Sur l’aile avant le nom du pilote : « Jan Verschaeve ». Donc il vient aussi ! C’est le boss de « De Ronde door Vlaandereen »… La liste des équipages est courte mais dans les 43 qui osent ici, vous avez nonante-cinq % de cadors…

Sans sortir du bistrot on accède à la salle des fêtes. Très confortablement installés dans des fauteuils, on écoute ce court briefing de Michel puis Robert. Robert Rorife mentionnera notamment Kurt Vanderspinnen qui sort de ses 4700 km sans assistance du Sud de l’Angleterre au Nord de l’Ecosse ( The Jog ) Il précise aussi qu’aujourd’hui 18 décembre 2021 nous ne serons pas dérangé par les promeneurs… La régularité a des beaux jours en décembre et janvier ?! Plus le briefing est court et souvent meilleur c’est. Ç’est le cas ici.

Installation du Tripy. Je le colle en haut à droite intérieur pare-brise. C’est une erreur ! Car j’aurai du mal à discerner les petits chiffres, et encore plus avec les vibrations de l’Ascona. Il vaut mieux l’avoir en face de vous, non oblique, et le protéger du soleil par une casquette. De nuit pas de problème : le Tripy devient lisible : il s’allume tout seul lorsqu’apparait votre temps de passage au bip/panneau rouge des 50 CH. Les chiffres restent environ 15 secondes. Ne trainez donc pas pour les noter au moment où vous recalez le trip, le chrono tout en vous efforçant de discerner ces foutus chiffres difficiles à apercevoir tout en évitant les pièges du RB. Je commettrais une erreur au CH 32 : tourne la page 8 du RB 2 et une grande carte. …. Avec une case en haut à gauche alors que tu découvres la grande carte : CH 32 avec une flèche à gauche. En clair : quitte gauche précisément au panneau rouge CH32. On filera tout droit. Retour donc avec un 2ème bip synonyme de grosse pénalité ( ?) et ou de problème de Tripy.

7 équipages ont osé s’inscrire en expert. Pas nous. 500 mètres après le start, une belle Alfa-Roméo arrêtée capot ouvert… Je pense distinguer le n° 11( ? ). Ils sont donc sur le côté depuis 11 minutes…. Vu notre n° 22. Ils « ne » leur reste « que » 379,5 km à parcourir…
Le parcours est génial ( Dixit un copilote connu) Et assez difficile . Pascal ( Fiesta MK2 1100 37 cv, catégorie experts) prend 15 mn dès le 1er CH. C’est le fameux : « N 5 D » en arrête de poisson sur la N63…. Il ne sera pas le seul…Les CH sont des contrôles SECONDE ! ( Démarre au jaune 15 s avant, puis ajuste pour tenter le rouge à zéro !... en sachant que tu n’as pas le droit de t’arrêter entre le jaune et le rouge…) Ce parcours se mérite notamment avec toutes ces terres aussi : une Mini au fond d‘un assez grand fossé ça fait vraiment minuscule…Le fond du fossé on voit tout de suite où c’est, mais le « chemin » au milieu en haut on sait pas : de la boue en hauteur arrondie qui descend vers 2 fossés de chaque côté : il faut tenter de passer au milieu dans les ornières de boue qui se mélangent. Sans tomber. L’équipage est debout dehors assez loin l’un de l’autre dans 2 rares endroits dans 15cm de boue. Si notre voiture s’arrête c’est mort. Nous aussi on passe sans s’arrêter. C’est dur mais on a pas envie de planter sans pouvoir repartir.

Ch de Paliseul : c’est la taverne Le Pali. Vous pouvez y gouter la Framboizette de la Brasserie du Bocq ainsi que la Corne du Bois des Pendus. Ce sont de bonnes bières alors que la crépinette au fromage d’Orval se mange. L’intérieur est décoré sympa. Commissaires avec le sourire. Gros morceaux d’anciennes neiges sales autour des caniveaux. Quel froid ! Une voiture d’aficionados nous suit. Avec le petit fils de Luc, mon pilote. « T’as vu son regard ?... Il va te demander… » Luc toujours concentré tranquille nettoie chaque vitre et chaque feux « Ah retrouver l’odeur d’essence et des freins.. ». Pause trop courte.
Ils viennent de Cologne en Allemagne. Ils doivent décrypter le road-book écrit en français et en flamand. Mais pas en allemand. Ils termineront. Bravo : Thomas et Vincent VON KREISLER AUSTIN Morris Clubman.

Avec 46 pages de road-books devinez le nombre de changements de directions. Terres parfois magnifiques et nombreuses ( une centaine ?) Brouillards jusqu’à 15 heures ( ! ), puis très curieusement magnifique soleil dans les plus beaux paysages de l’Ardenne sauvage. Aujourd’hui la nuit tombera juste après 17h. Certains passages sont limite : en fin de journée, Luc s’arrête devant ce carrefour droite terre géant, boues partout et beaucoup d’eau. Lui l’ancien champion de Belgique de rallye se demande si son Ascona bien préparée va traverser ça. Pourtant depuis ce matin… Mais là je sens déjà mes mollets mouillés pour installer la corde… Il s’arrête longtemps puis file sur l’extrême côté gauche le plus en hauteur possible. Ça passe mais on se demande comment chaque voiture a réussi à ne pas planter là, dans cette sorte de piste aquatique pour chars .…Plus le temps d’y penser, on file dans d’autres dérapes terres.
Embouteillage peu avant le contrôle de Francis Guilmain : c’est un accident hors rallye et les 2 voitures accidentées restent au milieu de la route pendant que les chasseurs s’engueulent entre eux. Luc passe dans le fossé. Des fois une Ascona bien préparée et bien pilotée, c’est pratique.
Fin de journée : on traverse un petit village. Sur toute la place là-bas : 80 chasseurs qui barrent aussi la route. Luc s’arrête puis doucement en première, ça ouvre un peu mais pas assez. Puis une voix forte : « Il est allé dedans ! » Et ils ouvrent en répondant à 80 voix : « Ooooooh » qui se termine joyeux. On passe. ( Il est allé dedans = Lui aussi est allé aujourd’hui dans la boue, comme nous. Et la robe de notre voiture est, heu…, tachetée marron terres…. )

Relais Saint-Christophe près du carrefour E 411 et E 25. C’est une grande auberge à l’allemande : très grands espaces intérieurs avec tables loin les unes des autres, plafonds assez hauts : ici on se contaminera peu. Et en mangeant beaucoup parlent peu : la fatigue et les émotions de la journée ? Il faut encore repartir vite : 140 km de nuit nous attendent. Avec de la bruine parfois et un dense brouillard en région de Libramont. On réussit plein de trucs puis dans un brouillard au couteau c’est bien difficile. Des fois on voit mal les panneaux sur le coté grrr brouillard. (On était au mauvais endroit au mauvais moment ou vous avez eu aussi du brouillard dense surtout CH 43, 44, 45 ? ) Ici on compte pas en nombre de kilomètres ni en heures restantes mais en nombre de CH restant : cinq seulement. Mais ça s’arrête là pour nous. Il nous faut 1h20 pour rentrer en coupant direct. Et ne pas être allé au bout fait très mal.

Mon petit doigt me dit que Robert a réalisé ce parcours 4 étoiles en ne passant que 2 fois. Ça s’appelle la grande classe expérimentée. Le mot de la fin d’un copilote célèbre : « Le Saint-Nicolas ? C’est au-dessus des autres. » Et d’un autre pilote connu : « C’est le meilleur de Belgique. »

Débrief de l’équipage : Luc a lavé la voiture : 20 kg de boue ! 3 heures pour bien laver. « Je me suis régalé en conduite et le parcours est superbe » Ben, chui bien d’accord. J’aurais juste dit : pilotage au lieu de conduite… Luc avait très bien préparé l’auto : 4 très bons pneus, etc… En y réfléchissant on a un peu l’impression qu’il faut préparer un Safari & Bandama & Saint-Nicolas même ébats… Un copilote expert m’a parlé d’un passage SOUS un sapin tombé : il a vu un autre équipage expert grosse voiture passer = le pavillon de toit aussi devait être préparé solidement !!

Texte : Jean GAUCHET
Photos : Christelle PONCELET Photos

Pour comprendre l’équipe du Saint-Nicolas : https://www.rn7historique.com/histoire

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