Nivelles-Baulers Revival : driving in the rain…

Benoît Piette    2014-07-06 15:29:26   

L’intérêt du grand public pour cet événement « one shot » était particulièrement vif, mais il est vrai que son battage médiatique avait été très performant notamment grâce à une exposition réalisée au préalable à Autoworld.

Ce n’est pas moins de 20.000 personnes qui ont bravé les intempéries pour venir assister à ce Revival. Le parking principal comptait environ 5500 voitures !
Cet engouement était tel que vers 14h00, la police a du envoyer du renfort pour gérer la sortie 18 de l’autoroute E19 car les voitures commençaient à se parquer en dessous de l’autoroute et sur sa bande "d’arrêt d’urgence" !


Pour rappel, le circuit de Nivelles–Baulers a été créé au début des seventies pour succéder au circuit de Francorchamps estimé à l’époque trop dangereux.

Ci-après, le compte-rendu de Stéphane Collaro sur l’ORTF du Grand Prix de Belgique en 1974.

Étudié pour être un des circuits les plus sûrs du monde, de grands espaces avaient été aménagés en cas de sortie de piste avec des filets de protection pour rattraper les voitures. Suite à sa forme atypique le circuit a été surnommé le " révolver ".

Il offrait une belle vue d’ensemble de son tracé.

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Pendant une dizaine d’années, il a accueilli non seulement les Grands Prix de Formule 1 mais aussi une kyrielle d’événements impliquant de nombreux sports mécaniques comme les motos, les side-cars, les touring cars, etc…

Il a fermé ses portes le 30 juin 1981 suite notamment à un désintérêt des édiles communaux de l’époque.

Pour fêter le quarantième anniversaire du Grand Prix de Belgique qui s’y était déroulé en 1974, le Formula Club Belgium a mis sur pied un événement unique sur une partie du circuit d’origine.

Tout au long de la journée de dimanche, les épreuves d’une vingtaine de minutes chacune se sont succédées à un rythme soutenu : une petite trentaine d’épreuves étaient au programme.

Avec un ciel menaçant mais toujours au sec, les premières courses se sont déroulées à un rythme endiablé malgré les nombreuses chicanes disposées sur le circuit.

Les nombreuses monoplaces ont donné un spectacle assez haut en couleur.

Épreuve reine, la « Formule 1 » s’est révélée extrêmement intéressante de suivre et ce, malgré le faible plateau. Parmi les trois véhicules présents, il fallait relever la présence de la Ford Trojan T-103 qui a participé au Grand Prix de Belgique en 1974 entre les mains du pilote australien Tim Schenken (Numéro 23).

Parti à la 23ème place sur les 31 participants, il terminera à la dixième place, à deux tours du vainqueur de l’épreuve, Emerson Fittipaldi sur McLaren.

Cette voiture est propulsée par un Ford Cosworth de 3 litres DFV accolée à une boîte de vitesses Hewland DG300 à cinq rapports. Saluons son propriétaire actuel qui est venu spécialement du sud de la France pour participer à ce revival !

On y trouvait aussi une Fittipaldi Copersucar F5A de 1978 également propulsée par un moteur V8 Ford Cosworth.

Cette voiture disposait déjà d’un « effet de sol ». Véritable avion, elle survola cette exhibition !

Et enfin une Shrike “formule Holden” australienne arborant une livrée noire et or John Player Special que l’on a plus l’habitude de remarquer sur les Lotus.

La formule Holden est typiquement australienne : elle a été développée autour du moteur de 3,8 l V6 Holden d’origine Buick qui propulsait à l’époque la Holden Commodore, cousine de l’Opel Omega européenne.

Les side-cars aux formes si étranges et à la conduite si complexe ont intrigué certainement plus d’un : ce drôle d’engin nécessite la conduite simultanée du pilote et du copilote appelé peu révérencieusement le « singe ».

Contrairement à la moto qui se penche dans les virages, le side-car vire à plat comme une voiture.

En somme, cet engin conjugue les désavantages des motos et des voitures !

En conséquence, le « singe » devra adopter des positions les plus surprenantes afin de maintenir l’engin en équilibre.

Machine rebelle parmi les rebelles, le side-car réclame une harmonie parfaite de son équipage mais offre en retour des sensations inégalées.

Malheureusement, vers 11 h, la pluie ou plutôt la « drache » est apparue et a aussitôt freiné les ardeurs des pilotes… bien que de spectaculaires glissades fussent immortalisées sur la pellicule.

Les motos étaient également de la partie : attention ça glisse !

Malgré les averses, les épreuves se sont succédées vaille que vaille mais toujours dans la bonne humeur et le public, stoïque, est resté au rendez-vous.

Bravo aux les organisateurs et espérons que ce tracé sorte définitivement de son oubli par la programmation d’autres événements de cette trempe.

C’est d’ailleurs ce qu’a laissé entendre le bourgmestre de Nivelles en annonçant que l’on n’allait pas attendre le cinquantième anniversaire du Grand Prix ’74 pour réitérer un événement aussi porteur...

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