Présence d’Alpine au Festival of Speed de Goodwood !

Benoît Piette    2016-06-26 12:43:48   

L’engouement créé par la renaissance de la Marque de voitures de sport "Alpine" va encore monter d’un cran à l’occasion du Festival of Speed de Goodwood 2016 : l’Alpine Vision et l’Alpine Célébration, deux show-cars qui préfigurent la future voiture de série qui sera présentée en fin 2016, seront exposés.

L’Alpine Célébration participera même à la course de côte.


D’autres Alpine seront également en action tout au long de l’événement.

La Renault-Alpine A442B, qui a remporté les 24 Heures du Mans 1978, et l’Alpine A460, victorieuse ce week-end dans la classique mancelle en catégorie LM P2, partiront à l’assaut de la célèbre montée.

Alpine sera aussi présent au cœur du stand Cartier Style & Luxe installé sur les pelouses de Goodwood House. La toute première Alpine de l’histoire, baptisée “Le Marquis” y sera exposée aux côtés du récent show car Alpine Vision .

Cinq autres Alpine seront visibles, dont la Willys Interlagos (une version de l’Alpine A108 assemblée au Brésil, qui préfigurait la fameuse Berlinette Alpine A110), un rare cabriolet Alpine A110 et le concept Alpine Meyrignac de 1977 , conçu par le jeune designer Denis Meyrignac.

Évidement, la légendaire Alpine A110 sera présente avec deux modèles : une version 1964 qui était apparue dans la série télévisée “Les Aventures de Michel Vaillant” et l’ultime châssis produit en 1977.

L’équipe Signatech-Alpine a déjà signé de nombreux succès. Deux titres consécutifs en European Le Mans Series (2013 et 2014) et un podium LM P2 aux 24 Heures du Mans en 2014 ont été conquis par les Alpine A450 et Alpine A450b motorisés par un V8 4,5 litres.

2014 - Alpine A 450
Circuit Paul Ricard - European Le Mans Series 2014

L’ Alpine A460 partage le même moteur de 550 ch. et la même boîte de vitesses séquentielle à six rapports. Cette nouvelle voiture diffère toutefois par sa philosophie. Pour la saison 2016, l’ancienne LM P2 ouverte est remplacée par un coupé à la sécurité et l’aérodynamique améliorées.
L’Alpine A460, qui répond déjà à la réglementation FIA 2017 , est le premier prototype fermé d’Alpine depuis l’Alpine A220 de 1969 .

Victorieuse en catégorie LMP2 aux 24H du Mans de cette année, avec l’équipage N. Lapierre, S. Richelmi et G. Menezes, l’Alpine A460 a terminé dans le top 10 des deux premières courses de la saison et s’est aussi offert une victoire dans sa catégorie lors des 6 Heures de Spa-Francorchamps WEC avec la n°36.

Cartier Style & Luxe

Alpine Le Marquis – 1954

La marque Alpine est née de l’obsession d’un seul homme. Jean Rédélé voulait rendre sa Renault 4CV plus rapide. La 4CV, à moteur arrière, était un véhicule compact, populaire et doté d’un certain charme.

Jean REDELE - 1952
24 heures du Mans

L’idée de Jean Rédélé était de la rendre plus performante en l’allégeant et en lui donnant une carrosserie plus aérodynamique.
Il s’est tourné vers un jeune et talentueux designer italien Giovanni Michelotti pour réaliser son rêve. L’idée s’est développée et Allemano a façonné une carrosserie en aluminium.
Dès le Rallye de Dieppe 1953, la 4CV Spécial Sport démontrait toutes ses qualités !

1951 - Rallye de Monte-Carlo
Renault 4 CV de Jean REDELE

Désormais reconnu en tant que constructeur automobile à part entière, Rédélé s’est intéressé à la fibre de verre. Il a rencontré Zark W. Reed, un riche industriel américain, qui avait dans l’idée de construire une voiture de sport à carrosserie plastique pour concurrencer MG et Triumph aux États-Unis. Les deux hommes ont alors élaboré un plan pour lancer la société Reed Plasticar et Jean Rédélé a fait réaliser un prototype dérivé de la voiture initiale de Michelotti, appelé Le Marquis. Le projet n’a pas abouti, mais il a inspiré l’A106 et deux autres versions de “Rédélé Spéciales” que Jean Rédélé a commandé au carrossier italien Allemano.

La voiture exposée à Goodwood est la propre 4CV de Jean Rédélé, recarrosée par Allemano selon les plans de Michelotti.

Alpine prototype "Le Marquis" - 1954
© The Telegraph

Après avoir passé 60 ans aux États-Unis à la suite de l’accord avec Reed, l’emblème qui a mené à la création d’Alpine a été rapatrié en France par Jean-Charles Rédélé , le fils de Jean.

Alpine A108 Interlagos – 1954

Jean Rédélé n’était pas qu’un préparateur et un pilote. Il était aussi le plus jeune concessionnaire Renault de France à seulement 24 ans, après avoir été diplômé de HEC (école des Hautes Études Commerciales de Paris). Son désir de devenir un constructeur de véhicules sportifs, basés sur des Renault, était soutenu par un sens aigu des affaires.

Jean Rédélé a rapidement perçu le potentiel de posséder sa propre marque automobile. Il commença à planifier son développement selon quelques principes clés :

- 1. Les voitures devaient être innovantes, équipées d’éléments mécaniques simples et performants, sous une carrosserie séduisante et légère. Il fallait reprendre un maximum de pièces produites en grande série pour garantir la fiabilité et maintenir des coûts de revient abordables par rapport aux performances.

- 2. Développer sa société au niveau international grâce à des licences. En proposant des véhicules relativement aisés à assembler et des pièces Renault fiables et faciles à réparer, il s’est alors attaché à trouver des partenaires sur des marchés où Renault était déjà implanté. Des Alpine ont été assemblées en nombre au Brésil, en Espagne, au Mexique et, en plus petite quantité, en Bulgarie.

Rédélé a signé son premier accord avec Willys Overland do Brasil , qui produisait déjà des Dauphine sous licence. L’objectif était de lancer une version domestique de l’Alpine A108, baptisée Willys Interlagos.
Sur une période de 4 ans, allant de 1962 à 1966, environ 1.500 exemplaires ont été produits.

Alpine A110 – 1964

Dévoilée en 1962, l’Alpine A110 est le modèle le plus emblématique de la Marque. Cette fameuse Berlinette est une évolution très conséquente de l’Alpine A108. Comme elle, l’Alpine A110 reposait sur un châssis-poutre sur lequel étaient placées la partie mécanique dérivée de la banque d’organes Renault et une carrosserie légère en fibre de verre. Elle utilisait les éléments mécaniques de la Renault 8 plutôt que de la Dauphine et fut motorisée par une gamme de moteurs toujours plus puissants à cinq paliers, avec des freins à disque aux quatre coins et un radiateur positionné à l’arrière pour augmenter la capacité du coffre à bagages.

Le moteur de Renault 8 entraina des modifications esthétiques à l’arrière. Cette redéfinition éliminait les entrées d’air sur les flancs et une simplification des moulures de passages de roues arrière. Les montants plus étroits, un capot plus plat et les feux arrière de la Renault 8 ont rendu le design plus mature et plus attrayant que celui de l’Alpine A108 .

Ces différentes évolutions expliquent l’immense succès des Alpine A110.
Environ 7 500 exemplaires de cette voiture de sport ont été produits durant une carrière de 16 années… Ces modèles viennent de France, mais aussi d’Espagne, du Mexique et de Bulgarie. Et pour accompagner le développement de la marque, Alpine-Renault a signé de grands exploits en compétition avec le titre lors du premier Championnat du Monde des Rallyes en 1973 et de nombreux autres trophées.

L’Alpine A110 de 1964 exposée à Goodwood est apparue dans la série télévisée "Les Aventures de Michel Vaillant" diffusée en 1967 . Cette voiture a fait des tonneaux dans le deuxième des treize épisodes. Légèrement endommagée, elle est restée en l’état durant plusieurs décennies.
Au début des années 1990, Jean Rédélé et son fils Jean-Charles ont décidé de la restaurer. Superstitieux, Jean Rédélé a préféré en modifier la teinte, délaissant le vert d’origine pour un gris bleu métallique.

Alpine A110 cabriolet – 1965

La Berlinette Alpine A110 de 1962 est évidemment la version la plus connue de ce modèle emblématique, mais un an après sa première apparition, un coupé 2+2 GT4 et un cabriolet ont été présentés lors du Salon de Paris 1963 . En sept années de production, une trentaine d’Alpine A110 cabriolet a été assemblé.
Ce modèle particulier appartient à la Marque. Il est resté stationné durant plusieurs années dans l’usine de Dieppe avant de subir une restauration complète orchestrée par Renault Classic.

Alpine A110 Berlinette – 1977

En tant que marque sportive, Alpine n’a pas mis longtemps avant de proposer des moteurs de plus en plus puissants sous le capot de l’Alpine A110, surtout avec son potentiel en compétition.

Plusieurs motorisations ont trouvé leur place sous le capot des Berlinette, en suivant l’évolution des blocs proposés par Renault. Les toutes premières Alpine A110 étaient disponibles avec un modeste 956 cm³ de 55 ch. (bientôt vendus par centaines de milliers avec la Renault 5), avant de voir arriver le 1108 cm³ de 66 ch. et sa version 95 ch. préparée par Gordini. Si 95 ch. peuvent paraître peu, ils étaient particulièrement efficaces dans une voiture ne pesant que 544 kg !

À partir de 1966, un moteur 1255 cm³ – emprunté à la Renault 8 Gordini – était disponible en 105 ch et 120 ch en version 1300.
En 1967, Alpine pouvait utiliser le 1470 cm³ de la nouvelle Renault 16 . Et lorsque ce moteur a vu sa cylindrée passer à 1,6 litre, l’Alpine A110 1600S a pu atteindre les 200 km/h.

Renault Alpine A110 "Berlinette"

Le développement ultime est arrivé en 1972 avec le moteur de la Renault 16 TS. À cette époque, l’Alpine A110 montrait aussi tout son potentiel en compétition avec le premier titre en Championnat du Monde des Rallyes en 1973. Même 11 ans après ses débuts, l’Alpine A110 avait encore 4 années de commercialisation devant elle.

Le tout dernier exemplaire des 7.176 unités produites était une Alpine A110 SX de 93 ch. D’une rare teinte ’Vert Normand’, elle était équipée de feux Alfa Romeo destinés à l’exportation (Allemagne, Suisse ou Italie). Mais, en rupture de stock de feux de Renault 8, quelques modèles français avaient également reçu cette spécificité.

Alpine A110 Meyrignac – 1977

Quel meilleur atout pour un jeune designer que de donner vie à sa propre création ? Denis Meyrignac, un adolescent, a entrepris de dessiner sa propre voiture de sport en 1969. Il a d’abord conçu une maquette à l’échelle 1/5 qu’il a présentée à Jean Rédélé.
Impressionné, le fondateur d’Alpine a confié au jeune designer un châssis d’Alpine A110 1600S et la mécanique adaptée pour l’aider à construire un vrai concept.

Malgré de nombreux revers, la création de Meyrignac était enfin présentée lors du Salon de Genève 1977. Outre le fait que ce concept était le fruit du travail d’un jeune homme, le prototype a marqué par sa partie supérieure qui intégrait les portes, le toit et le pare-brise en un unique élément. La réception du public fut positive, mais l’objectif de Meyrignac n’était pas de produire cette voiture, il voulait surtout se faire engager en tant que designer.

Alpine Meyrignac - 1977
© The Telegraph

Son plan audacieux a réussi. Meyrignac a d’abord intégré l’écurie de Formule 1 de Renault en tant que freelance avant d’entrer chez SERA, un studio de design automobile français. Il y a participé au développement de 35 véhicules.

Au mois de janvier de cette année, Renault Classic a découvert que Denis Meyrignac était encore le propriétaire de ce concept car Alpine abandonné. L’équipe a proposé une restauration pour l’exposer à Goodwood comme un témoignage de cette passion pour la Marque.
L’Alpine Meyrignac reste aussi marquante qu’elle l’était en 1977, qui plus est lors que l’on se rappelle qu’elle est largement le fruit du travail d’un seul homme qui a commencé à travailler dessus alors qu’il n’était qu’un adolescent.

Alpine Vision – 2016

L’Alpine Vision, comme son nom l’indique, est un avant-goût du modèle de série qu’Alpine présentera à la fin de cette année. Dévoilé à Monaco en février, la Vision annonce la silhouette de la future Alpine tout en donnant les premiers indices de la composition mécanique de la voiture. Comme sur toutes les Alpine, son moteur est placé derrière les sièges, en position centrale-arrière.

Alpine Vision Gran Turismo - 2015

Aussi bien la Vision que le modèle qu’il préfigure sont conçus avec une série d’objectifs destinée à offrir un plaisir de conduite pour peréniser le caractère dynamique d’Alpine au XXIe siècle.

Associé à toutes ces caractéristiques, il y a la légèreté de la voiture, un élément clé de toutes les Alpine, autant qu’un moteur compact et puissant. Dans le cas de la Vision, cette combinaison permet de passer de 0 à 100 km/h en moins de 4,5 secondes…
Les performances de la version de route devraient être similaires.

Concept Alpine Vision - 2016

Les designers soulignent que la Vision incarne aussi la réflexion qui mène à la conception de la nouvelle voiture de sport Alpine. Sa silhouette, ses proportions et son caractère visuel très contemporain sont accompagnés par des rappels au patrimoine de la Marque.

Ces clins d’œil peuvent être trouvés dans la lunette arrière enveloppante, la face avant à quatre phares et les formes incurvées le long des flancs de la Vision, des références aux Alpine A108 et Alpine A110.
Produite à Dieppe, en France, dans l’usine Alpine, la nouvelle voiture de sport sera commercialisée en 2017, d’abord en Europe, puis à travers le monde.

Alpine Story

Nous profitons de l’occasion pour rappeler que Autoworld organise une exposition autour de cette sportive française durant les mois d’été, du 16 juillet au 4 septembre 2016.

Une quarantaine de modèles seront exposés sur la mezzanine du premier étage du musée pour raconter la "success-story" de cette voiture mythique.

Des Alpine de série, de rallyes et de courses seront rassemblées, prêtées par divers collectionneurs et avec la collaboration, entre autres, de Jean-Charles Rédélé, le fils du constructeur Jean Rédélé (1922-2007), Hervé Charbonneaux, Renault Belgique, le Patrimoine Renault et quelques clubs Alpine.

Le visiteur pourra admirer les différents modèles qui ont fait la gloire de la marque, dont les voitures de série A106, A108, A110, A310, A610, des A110 de rallyes et de courses sur circuits, ainsi que quelques bolides ayant participé au Mans et des monoplaces.

Signalons aussi la présence en avant première du prototype Alpine Celebration du 16 au 24 juillet .

Alpine Celebration

De l’automobilia, de nombreux documents et un aperçu historique à base de modèles réduits à l’échelle 1:43 et 1:18, complèteront cette exposition.

A signaler que divers clubs Alpine ont également prévu de se rassembler sur l’Esplanade du Cinquantenaire durant toute cette période.

Autoworld Museum Brussels

Infos pratiques :

Autoworld - Esplanade du Cinquantenaire, 11 – 1000 Bruxelles

Ouvert tous les jours – même le lundi – de 10h à 18h

Prix d’entrée (inclut la visite à la collection permanente du musée)
- Adulte : 10 EUR
- Seniors : 8 EUR
- Étudiants : 7 EUR
- Enfant de 6 à 12 ans : 4 EUR
- Enfant < 6 ans : gratuit

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.