Rallye Jean Behra, 24.447 mètres de dénivelés cumulés, 15 grands cols, 780 km de long.

Raymond Collignon    2014-10-04 16:58:10   

Rallye Jean Behra : 14, 15 et 16 septembre 2014
24.447 mètres de dénivelés cumulés, 15 grands cols, 780 kms de long…


LE MONTAGNARD

Nice , « Nissa la bella » pour les intimes, est la ville des paradoxes. A la fois cité de retraités en mal de soleil pour réchauffer leurs vieux os et ville dynamique foisonnante de vie et d’imagination, elle est à cheval sur la France et l’Italie encore plus au sud, là où son cœur bat vraiment.

C’est dans cette ville charmante qu’a vécu Jean Berha, un pilote de légende mort au volant d’une Porsche sur le circuit de l’AVUS en 1959.
C’est à sa mémoire que, pour la 18 ieme fois consécutive, une bande d’amis passionnés organisait cette année une nouvelle mouture de leur rallye.
Une épreuve qui, redevenue purement de régularité, pouvait à nouveau se dérouler complètement sur routes ouvertes en étant bien plus longue. Elle parcourra en effet une longue boucle de quasi 8OO Kms à travers les Alpes du sud se permettant même une incursion en Italie pour une étape de nuit dans les montagnes désertiques proches de Fabrosa Soprana.

Une Alpine A310 V6 typiquement française. Celle des LANDUCCI terminera 9ème au général.

Participation limitée à 50 Voitures

Pour gérer un tel rallye sur des routes aussi étroites et difficiles, les organisateurs limitent le nombre de participants à 50, nombre qui permet de faire passer ce peloton serré en moins d’une heure à chaque endroit en garantissant une certaine sécurité aux concurrents et en en évitant les nuisances auprès des rares riverains habitant ces coins reculés . Les concurrents sont de plusieurs nationalités, majoritairement française mais aussi italienne, allemande, irlandaise, anglaise, monégasque et…belge.

Contrôle technique à Nice, la relaxation avant la montagne.

Trois équipages « noir jaune rouge » sont en effet descendus sur place pour défendre les couleurs de Team Automag : JC COGNEAU et Xavier LESIRE sur une bonne Golf GTI, Stephan DUBOIS et Patricia NAVEZ sur une MGA bien préparée se sont ainsi joints à notre Porsche 911 2.7 pour constituer cette équipe de choc.

Le Team AUTOMAG, COGNIAU-LESIRE 13ème, DUBOIS-NAVEZ 19ème, la PORSCHE 2ème. Un bon résultat d’ensemble !

Près de 800 Kms rallye, 22 spéciales sous contrôle par satellite

La Golf GTI du team Automag

Chaque voiture est équipée d’une petite cellule « ITERIA » reliée au satellite et permettant en cours d’épreuve d’établir le classement grâce à plus de cents prises de temps calculées sur bases des moyennes imposées et réparties le long des 22 étapes spéciales jalonnant le parcours. La navigation est simple, en montagne il n’y a en général qu’une route carrossable et le choix d’itinéraire n’est pas souvent compliqué. Le classement s’établit donc uniquement sur ces pénalités aussi bien routières qu’intermédiaires dans les « spéciales ». L’équipage : « Pilote/ Co-pilote/ voiture » reprend donc là un sens qu’il a souvent perdu dans les rallyes secrets de chez nous où la navigation domine.

La MAZDA RX2 de Serge GAROSI avec son rotatif. Elle avance fort mais devra abandonner malheureusement.

Vendredi 12 septembre. Sur les traces du Monte Carlo

Le parcours… Près de 800 kilomètres de montage, des milliers de virages et 24447 mètres de dénivelés cumulés.

Le rallye démarre fort… en commence par le « COL DE L’ORME » pour enchainer en direct avec le TURINI déjà deux cols très montagnard pourtant si proche de Nice…Les moyennes imposées dans les spéciales sont pour la plupart données à l’avance, ce qui permet aux équipiers de les encoder dans leurs machines de navigation. Pour contrer ces facilités modernes détestables mais inévitables quelques fois les temps sont imposés sous forme de tables ce qui empêche toute programmation électroniques d’autant plus que l’itinéraire est truffé de changements de moyennes assez imprévisibles.

A la poursuite de la PORSCHE des Italiens MASCAGNI et FARSETTI, vainqueurs l’année dernière, ils se classeront 18ème cette année.

Après le Turini et le pays des loups de Saint Martin Vésubie le rallye fonce vers ISOLA 2000 la station du sud pour grimper ensuite les « COL SAINT MARTIN » et « LA LOMBARDE » qui culminent à plus de 2.300 mètres. Il y a heureusement peu de circulation automobile sur ces routes ouvertes à tous. Seuls les cyclistes, eux aussi à la fête, partagent avec nous en se respectant mutuellement ce superbe terrain de jeu.

Départ d’une spéciale en Italie. La montagne est belle…

L’Italie, la panne de la Porsche, l’étape de nuit...

En fin d’après-midi nous rentrons en Italie. Le moteur de notre Porsche se coupe brusquement, c’est la panique à bord… Arrêtés sur une grand’ route et sous protection policière italienne nous finissons par réparer provisoirement la récalcitrante en inversant les bobines d’allumage, cela nous coutera une minute de pénalité routière car heureusement nous n’étions pas en « spéciale ». Notre réparation provisoire n’était cependant pas bonne, arrivés miraculeusement au pointage horaire le moteur se coupe en effet définitivement ! Nous croyons devoir abandonner mais, grâce à un des organisateurs mécanicien, à l’aide aussi de spectateurs italiens et de sagacités multiples, nous finissons par trouver la vraie origine de la panne : le fusible de pompe à essence électrique en semi court-circuit a rendu l’âme ! Notre organisateur mécano bricole efficacement un nouveau circuit électrique et la Porsche redémarre provoquant une joie non dissimulée chez tous les intervenants à ce miracle.
Nous sommes soulagés, le moteur tourne rond et l’étape de nuit nous attend après un repas vite avalé. Cette nocturne est courte et dense : quatre spéciales sur moins de quatre- vingt kilomètres très sinueux dans de petits chemins entre forêts d’altitude et valons escarpés. Les conditions climatiques sont bonnes, pas de brouillard, pas de pluie, ce que nous convient moins car en général le mauvais temps aide les gens du nord que nous sommes.

Jean-Claude Cogneau et Xavier Lesire dans la Golf GTI, l’ambiance est bonne !

Après deux heures de cette fête la majorité de la troupe rejoint le bercail avant minuit. Certains concurrents en panne ou perdus dans le dédale n’auront pas la chance de bien dormir, ils reviendront plus tard à l’hôtel pour une très courte nuit de sommeil.

Etape de nuit en Italie, derrière la 104ZS de MINI et THIBAUD. Ils termineront à une superbe 6ème place.

Samedi 13 septembre retour en France par la plus haute route d’Europe.

Un premier classement est enfin établi. Nous sommes cinquième une autre Porsche celle des Français François PASQUET et Christophe ROUVIER mène la danse. Nos compères du team « Automag » COGNEAU et DUBOIS s’en tirent très bien de même que Stephan Dubois et Patricia NAVEZ.
Les plus étonnantes sont certainement les françaises, habituées du rallye des princesse, Elisa ROLAND et Béatrice BAYLE qui mènent leur Spitfire 1500 de main de « maîtresses » jusqu’ à une encablure de la tête peloton.

La très haute montagne pelée et venteuse sous le froid soleil d’altitude.

Nous filons vers la France, il est encore tôt quand nous arrivons au le col de SAMPEYRE qui annonce dans le road book « une route dégradée avec nid de poule et pierres sur la chaussée  ». Ensuite, après une pente à 14 %, c’est le col AGNEL, la plus haute route d’Europe à 2.744 mètres d’altitude. Le chemin continue vers le col de VARS à 2.108 mètres et celui de la BONETTE, bien connu du Monte Carlo, à plus de 2.656 mètres et enfin la « COUILLOLE » à 1.678 mètres avant l’arrivée à VALBERG la belle station de montagne du Mercantour.
Les centaines de virages se sont succédé tout au long de la journée, au total il y aura du rallye plus de 24.000 mètres de dénivelé et des milliers de virages… un véritable parcours du combattant digne des plus grandes épreuves alpines.

Dimanche 24 septembre : VALBERG - NICE le RETOUR

Stephan Dubois et Patricia Navez sur une MGA bien préparée.

Nous quittons Valberg de bonne heure. La station est encore endormie, ce n’est plus l’été, ce n’est pas encore l’hiver, déjà on espère la neige !
Nous filons vers NICE qui nous attend les pieds dans la grande bleue en plein soleil. Le rallye est cependant loin d’être terminé, il reste quatre spéciales dont le COL DE BUIS en passant par ENTREVAUX, un véritable tourniquet ! Notre Porsche, désormais en pleine forme est remontée à notre grande surprise à la deuxième place du classement général, notre panne italienne est oubliée mais le stress subsiste, nous croyons que le moteur peut à nouveau se couper à tout moment…
Après avoir avalé ROQUESTERON, nous dévalons enfin vers « NISSA LA BELLA » la maîtresse intime.
Après trois jours de sauvageries montagneuses, la promenade des Anglais avec ses nanas joggant écouteurs aux oreilles, ses cyclistes colorés filant entre les planches à roulettes des gamins, ses petits vieux assis sur les bancs sous leurs chapeaux de paille en prenant le soleil… nous semblent bien exotiques, légère et frivole ! C’est une image idyllique… la mer roule ses galets, les naïades se prélassent sous l’hélios flamboyant, nos voitures de course avec leurs numéros sur les portes s’intègrent sans complexes à ce paysage de carte postale à la fois si méridional et "so british".

Arrivée à Nice. La place, ses galets, la grande bleue…

VICTOIRE DE PASQUET-ROUVIER DEVANT NOTRE PORSCHE AUTOMAG ET LA SPITFIRE d’Elisa LAURENT et Béatrice BAYLE.

Les organisateurs, un groupe d’amis compétents et amoureux de la montagne, cela se sent !

Cela ne s’invente pas c’est au « beau rivage » restaurant de plage très connu à Nice, les pieds dans la grande bleue, que nous vivons une remise des prix aussi simple que rutilante. Les classements sont clairs : nous avons maintenu notre Porsche à son inespérée seconde place au général derrière celle de François Pasquet qui, en larmes, dédie cette victoire à son père.

Elisa Laurent et Béatrice Bayle de vraies princesses au volant de leur spitfire bleue.

Très appliquées, Elisa Laurent et Béatrice Bayle de vraies princesses au volant de leur spitfire bleue plus performante qu’il n’y parait complètent ce podium franco- belge. Les rescapés sont heureux d ‘avoir parcouru ces 8OO kms de montagne sans grandes liaisons ni traversées de villes. Terminer une pareille aventure dans une ville aussi captivante que « NISSA LA BELLA », la maîtresse Française aux parfums italiens, constitue évidemment un ultime et subtil plaisir.

Raymond Collignon.

- CLASSEMENTS

- le Website du Jean Behra :

- Vidéo :

Rallye Historique - Jean Berha Historic Rally Part 1 from Cogneau Jean-claude on Vimeo.

- Les aventures de la Golf GTI sur Facebook :

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