Rallye de Rasteau routes ardéchoises 2012

Raymond Collignon    2012-11-23 23:55:30   


Dans le brouillard sur les traces du Monte Carlo.

Privas a déjà pris ses quartiers d’hiver, la pluie dégouline sur les toits en tuiles romaines, il y a une semaine, la première neige a fait son apparition sur les hauts plateaux du Burzet… Jacques Gauthier et Bernard Vialard, les deux chevilles ouvrières des seizièmes boucles de Rasteau, ont quitté la rive gauche du Rhône pour se rapprocher de l’Ardèche réputée pour ses étapes spéciales mythiques, souvent parcourues par les Monte Carlo, anciens et modernes. Cette année encore ils ont choisi PRIVAS comme centre de l’épreuve. La petite ville est idéalement située au cœur des plus sinueuses routes de la région.

Départ de Privas directement en "spéciale".

Une soixantaine d’équipages s’y sont retrouvés en ce début novembre à la demande de « Virus autos ». Pour faire le nombre mais aussi pour être dans l’air du temps une dizaine de voitures hybrides font partie du lot. Dans l’état d’esprit du « Monte Carlo énergies alternatives », les organisateurs espèrent ainsi montrer que l’automobile n’est pas seulement de passage sur cette terre mais, qu’au contraire, elle fait désormais partie de la vie de l’homme, même s’il doit s’adapter pour permettre à la planète bleue de garder pour longtemps encore cette couleur qui symbolise son étonnante et vivifiante pureté. Un hiatus cependant, la consommation de ces frugales hybrides, n’est pas prise en compte pour le classement…ce manquement rend évidemment le jeu moins subtile.

Une Prius dans la course "énergie alternative". Dommage que la consommation ne rentrait pas en ligne de compte dans le classement.
Pascal Aimé testait sur sa Mitsubishi des pneus lamélisés incrustés de paillettes métalliques, très efficaces paraît-il sur le verglas. Où arrêtera-t-on le progrès ?

Samedi trois novembre, on attaque la montagne.

Nous avons quant à nous engagé la Porsche Automag qui, après une longue incursion dans les rallyes du VHRS, retrouvait avec plaisir le goût d’un certain risque sur routes ouvertes en étapes secrètes à moyennes contrôlées. Dès le départ on quitte Privas vers le col du Benas directement en spéciale pour attaquer la montagne. Quelques spécialistes français de ce genre d’épreuve s’élancent avec nous. Michel Perrin et sa femme ont engagé une très efficace Golf GTI, les Lombart père et fils une bombe de Lancia Delta intégrale, Pascal Aime sur une étonnante Mitsubishi Colt à boite dédoublée, les Bincaz leur Triumph TR3 hyper efficace, Garosi, ex champion de France sur terre, une rare Mazda RX2 et tant d’autres pilotes de Porsche, BM, Autobianchi, Peugeot, Renault, Audi, Simca, Ford et autres Toyota Prius…

La Mitsubishi Colt des Aimé père et fils, anonyme mais très efficace avec sa boîte à 4 rapports X 2 (courts et longs).

Concurrence d’autres rallyes oblige, la délégation belge est cette année assez limitée, nous sommes les seuls à défendre nos couleurs encore que nous cachions bien notre jeu puisque notre Porsche est immatriculée en France ! La première spéciale de la côte du baron de 23 kms fait déjà du dégât…nous oublions, dans la précipitation d’un départ immédiat, d’enclencher nos instruments de navigation, ce qui rend déjà la tâche difficile puisque la moyenne, sur routes inconnues, doit être respectée à tout moment ! Le système Blunik qui nous contrôle par balise sur le terrain permet en effet de nombreuses prises de temps et nous dégustons des pénalités cumulées malgré nos corrections les moins empiriques possibles. Largentière, Rocher, Sanihac, Laval D’aurel, les étapes spéciales s’enchainent à un bon rythme avec des liaisons routières les rejoignant sans trop de difficultés. Heureusement, il y a peu de circulation sur ces routes désertes et, bien que nous soyons samedi, nous rencontrons peu de monde à part quelques chasseurs en 4X4 qui ne mettent pas beaucoup de bonne volonté à s’écarter pour nous croiser, c’est la loi du plus fort qui règne ici !

La TR3 des Bincaz, très efficace et bien pilotée.

Perin/ Perin mènent le rallye.

Michel Perin, sait mener sa Golf… N’oublions pas qu’il a été de nombreuses fois champion de France des rallyes comme équipier avec Chatriot et qu’il a aussi remporté six fois le championnat du monde des rallyes raids. Cela a d’ailleurs failli mal se terminer pour lui avec le grand Carlos Sainz au « Dakar » sud- américain lors d’une sortie de route mémorable en 2009 alors qu’ils étaient en tête. C’est donc notre champion, reconverti en pilote, qui mène largement la course arrivé à l’auberge de Peyre. Derrière lui, les Aimé, Lombart et autres spécialistes se tirent la bourre à coups de secondes.

Départ de spéciale sur le haut plateau, le brouillard est de la partie.

Le brouillard couvre les sommets ardéchois lorsque, repas traditionnel expédié, nous repartons dans l’ordre du classement. Nos erreurs nous coûtent cher, nous nous élançons en 19°position…. Il nous reste 6 spéciales à parcourir dont deux de nuit pour essayer de nous rattraper.

Sans neige sur les routes ardéchoises, la Porsche AUTOMAG en Michelin alpin est quand même à son aise.

L’ami Vialard a mis les petits plats dans les grands, il connait l’Ardèche, le bougre ! Rien que la neuvième spéciale vaut le déplacement ANTRAIGUES/ GENESTEL/ MOULINON, 44 kilomètres de tourniquets nocturnes avec pluie, brouillard, feuilles et châtaignes écrasées se mêlant aux pierres sur les petites routes, le tout balayé par des bourrasques typiquement locales…

La très belle petite MG Midget des Mouhaddab/Courtial a dû malheureusement abandonné en cours de rallye.

Ces conditions nous réussissent puisque, nous concentrant pour rester sur la route, nous remontons à une miraculeuse septième place au classement général. De retour à Privas pour la fin de ce premier jour de rallye, nous avons parcouru pas loin de 150 kms de spéciales dans ce paradis pour amateurs de rallyes … Même les 200kms de routier complémentaires demande de la concentration car les routes sont très étroites et glissantes, sans parler des pièges dus au brouillard apparaissant brusquement sans prévenir. Le soir, autour de la table, tout le monde a son aventure à raconter, cela parle de chasseurs énervés, de riverain peu enclins à s’écarter, de sorties de route, de glissades qu’on aurait voulu contrôler… de vraies conversations de pilotes de rallye, même si Tartarin n’est jamais très loin !

Dimanche 4 novembre boucle brouillardeuse autour de PRIVAS.

Nous sommes donc remontés à la septième place, Perin/Perin restent en tête alors que les Aimé et les Lombart se tirent toujours la bourre devant Garosi avec sa Mazda à moteur rotatif et les très étonnants BINCAZ sur leur Triumph TR3 portant cependant quelques stigmates d’une touchette. La pluie et les tempêtes ont cessé, quelques coins de ciel bleu percent les nuages, on annonce du brouillard sur les hauts plateaux… Sauf surprises, nous avons compris que le rallye est joué, tout le monde va assurer sa place. Les 6 spéciales de la matinée se passent bien pour les leaders malgré l’épais brouillard qui a cependant contraint par prudence les organisateurs à baisser les moyennes imposées. En fin de la matinée, de retour à Privas, le classement est donc quasi inchangé, nous avons cependant encore grappillé une place pour nous retrouver à une inespérée sixième place !

Les Lombart père et fils terminent second avec cette superbe Lancia Integrale.

Michel Perin, testant un nouveau système de navigation RALLY TIMER, a bien dominé son sujet parfaitement secondé par son épouse Marie-Christine et c’est finalement les Lombart avec leur superbe Intégrale qui terminent second devant les spécialistes Aimé père et fils troisième de ce podium de spécialistes. Malgré quelques chaleurs avec les prises de temps Blunik, un peu perturbées par le brouillard et l’esprit baladeur de certain récepteur dans les voitures dont la nôtre, le rallye s’est finalement bien déroulé. Une épreuve digne d’un vrai rallye dont il faut sauvegarder à tous prix la réputation de sportivité.

Michel Perin et Marie-Christine, un champion du monde des rallyes raid reconverti en pilote sur sa Golf GTI. Une belle victoire non contestée !

L’équipe de Virus autos menée par Bernard Vialard et Jacques Gauthier a réussi à nouveau son difficile pari, cette seizième édition méritait bien son surnom de « petit Monte Carlo » seule y manquait la neige… mais pour cet aspect des choses les organisateurs ne pouvaient rien faire, leurs prières n’ont pas suffi, la belle blanche avait même boudé les hauts plateaux !

Raymond Collignon.

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