Ronde de Rasteau : De col en col, un rallye tout en douceur…

Raymond Collignon    2010-01-21 18:27:47   

Ronde de Rasteau 2009


Les années se suivent et ne se ressemblent pas…L’année passée, nous avions du batailler ferme avec une neige sauvage dans Burzet, cette fois, c’est une chape de douceur empanachée de brume qui recouvre le Rhône flanqué de sa Drôme et de son Ardèche aussi verte l’une que l’autre. MALAUCENE nous accueille au pied du Ventoux. La ville endormie hésite entre hiver et printemps alors que là haut sur le mont chauve quelques flocons voltigent quand même…

La PV 544 des Grogna terminera à une superbe 8ème place.

Une quarantaine de voitures de course anciennes, numéros sur les portes, sont réunies sur la place de la mairie. Elles sont majoritairement françaises mais aussi belges et italiennes car le rallye est la dernière épreuve comptant cette année pour le « challenge européen de régularité ». Willy LUX, José LAREPPE, Raymond HORGNIES Carlo FIORITO et autres challengers, toujours en lice pour les places d’honneur au classement, ont donc fait ce long déplacement dans le sud de la France en espérant y trouver la neige, cette amie troublante qu’ils recherchent, d’abord pour le plaisir de la glisse mais aussi parce qu’elle permet aux meilleurs pilotes de faire vraiment la différence sans devoir la jouer à la « seconde » dans les spéciales.

Willy Lux à l’attaque dans Propiac. Cela sous-vire, une Lancia !

MALAUCENE-MONTBRUN LES BAINS- MONTELIMAR sur les traces du MONTE CARLO.

La tradition veut que cette ronde de Rasteau soit un petit MONTE CARLO. Comme son grand frère elle peut être un rallye très facile dans de bonnes conditions climatiques mais infernal si l’hiver s’en mêle . Pour nous, cela commence mal, la moindre erreur se paie cash dans ce genre d’épreuve et, ratant le départ de la première spéciale, et nous voilà déjà largués pour seulement cinq petites secondes de pénalité… Ce n’est pas grand chose, pourtant c’est assez pour ne plus aller titiller les meilleurs.

La DS "courte" de Reynier-Roure avance très fort. Ils termineront 7ème et 2ème Français derrière Saintoul-Morel sur leur Alpine A310.

Le « livre de route » est impeccable, la navigation n’est pas trop compliquée et, malgré les des routes très sinueuses, les meilleurs passent sans problèmes. Les moyennes, prévues par le directeur de course Bernard Vialard sont raisonnables et, compte tenu des parfaites conditions climatiques, cela se joue donc dans un mouchoir.

En effet, devant LAREPPE ,LUX, HORGNIES, FIORITO et autres spécialistes s’en donnent à cœur joie, quatre secondes les séparent seulement à l’arrivée à Montbrun les bains. Tous semblent avoir pris un grand plaisir en traversant cette superbe région avec ses petits hameaux déserts agrippés aux rochers verticaux, ses gorges abandonnées par les derniers randonneurs égarés de l’automne, ses pierres tombées des parois qu’il faut éviter en dernière minute… tout cela sans se tromper et en restant sur la route !

Michel Perrin s’entraîne avant le Paris Dakar.

Bruno SABY, au volant de sa berlinette « ex groupe IV » du RAC Rallye, ouvre la route. En passant par la crête du Rissas, les cols du Perty et de Saint Jean, il prend un vrai plaisir même si ce genre d’épreuves est pourtant bien différente de celles dans lesquelles il brilla avec tant de panache, notamment avec cette Alpine dans sa robe noire d’origine.

Bruno Saby au volant de sa Berlinette Alpine Groupe 4 Rac dans sa couleur noire.

Juste après le col de Saint Jean, une difficulté de navigation envoie en « ballon » une multitude de spécialistes dont nos amis Hennen- Leroux avec leur BMW 2OO2 TII qui, sans cette bourde, auraient fait un très bon classement. Après un repas campagnard au pied des thermes de Montbrun les bains nous quittons la belle endormie en direction de Montelimar. Nous repartons dans l’ordre du classement, en septième position.

Les vainqueurs s’amusent : "les meilleurs en régularité sont aussi les plus rapides quand il le faut"

Devant, Lareppe-Lambert mènent la course devant Horgnies, Lux et Fiorito, les Grogna avec leur Volvo PV 544 sont dans nos échappements et nous mettent la pression sans complexe. Après une après-midi très sportive, passant par les cols de Soubeyran et petit Colombier, nous arrivons à Montélmimar où se termine cette longue première étape. Il pleut sur la cité du nougat que nous n’avons guère connu jusqu’à présent qu’en ce triste état alors qu’en principe c’est quand même une ville du sud où le soleil et le vent aux accents de Mistral doivent régner en maître !

Montélimar-Vaison la Romaine. Le retour par Propiac, enfin de la glisse !

Les cols se succèdent à nouveau… on se met à rêver à un peu de neige, à du brouillard, à des trombes d’eau mais au contraire c’est un temps clair qui nous attend dans cette belle montagne. Ces grandes spéciales classiques, si difficiles en conditions hivernales, sont toute différentes quand il fait « beau » d’autant plus que Bernard Vialard, craignant un climat difficile, a prévu des moyennes à réaliser très raisonnables.

La Porsche AUTOMAG prend du plaisir aussi !

Heureusement l’ami Bernard, rallyeman avant tout nous a préparé une belle surprise finale, une cerise sur le gâteau appréciée de tous ! Juste avant l’arrivée à Vaison, nous montons par deux fois la célèbre course de côte de Propiac. L’étape fait plus de 2o kilomètres de plaisir. Il s’agit en fait d’une longue boucle puisqu’ arrivés au-dessus de la côte, il nous faut dégringoler dans la vallée pour recommencer le jeu une deuxième fois. Eté comme hiver les nombreuses épingles à cheveux de cette épreuve sont très glissantes, elles nous permettent de nous amuser comme des gamins ! La Porsche hurle, se cabre, dérape mais, malgré cette attaque « plaisir » total, nous ne remontons que deux places pour terminer ce rallye à une honorable cinquième place à une encablure de Fiorito.

Horgnies-Hayez, les beaux vainqueurs du Challenge Européen

Dans les courses de ce niveau, les meilleurs en régularité sont souvent aussi les plus rapides quand il le faut et il n’est donc pas étonnant de retrouver aux trois première places trois pilotes confirmés ayant par le passé prouvé leurs valeurs dans de grands championnats. LAREPPE-LAMBERT l’emporte donc devant LUX-PERRIN et HORGNIES-HAYEZ, un beau tiercé !

Jacques Gauthier reçoit par GSM les temps des spéciales. Ce système manuel s’avérera très efficace, les classements étant publiés pratiquement à l’arrivée de la dernière voiture. L’informatique dépassé par l’homme ?

RAYMOND HORGNIES et Christoffe HAYEZ, récents vainqueurs du tour du Portugal, emportent ainsi de haute lutte le challenge européen de régularité dont le niveau cette année a été une fois de plus très relevé. Bravo à ces sportifs capables à la fois de régularité précise mais aussi, quand il le faut, de vitesse dans le brouillard, d’attaques dans les nuits glaciales, de glisses entre les murs de neige… Pour nous en tous cas c’est ce mélange subtil qui fait les meilleurs pilotes. Messieurs , chapeau bas et à bientôt pour de nouvelles aventures !

Raymond Collignon.

Les vainqueurs réunis, une belle brochette de champions.


Pour tout renseignement :
- VIRUS AUTO, Route de Villedieu, 84110 ROAIX
- Jacques GAUTHIER, tel :04.90.46.12.12
- e-mail : gauthier.jacques@voila.fr
- Website : http://virus.auto.free.fr

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