Sport au soleil, les Belges s’amusent !

Raymond Collignon    2011-10-08 11:32:55   

Rallye du Dauphiné 2011.


CREST se chauffe au bon soleil de Provence, les platanes s’alignent comme à la parade, à leur ombre une centaine de voitures s’impatientent de prendre le départ du premier rallye du Dauphiné. Renault, Alpine, Peugeot, Sunbeam, Triumph, Cobra, Porsche et tant d’autres, des petits quatre cylindres aux « V 8 » en passant par les « boxers 6 », envahissent la petite ville en général si calme dans sa Drome désormais désertée par les touristes de l’été. Nous avons du plaisir à être ici, les montagnes aux sommets bleutés moutonne au loin, la méditerranée pavane à quelques encablures… nous sommes bien dans la Drome profonde et belle, sauvage et apprivoisée ! La ville n’est pas loin des grandes spéciales mythiques du Monté, Saint Nazaire le désert, perdu dans sa vallée d’altitude, est à un jet de pierres. Le ciel est bleu, le mistral a décidé de se taire, tout est donc réuni pour réussir une belle épreuve.

Jean Caro, un exilé heureux en Ardèche.

Le principe est d’organiser un rallye sportif où se mêlent voitures anciennes populaires aux Gt en passant par les très améliorées vhc qui sont, elles, de vraies bêtes de course. Mélanger vitesse et régularité rapide sur routes fermées est le secret du succès de ce type d’épreuves .Il y a là une centaine de voitures dont quatre-vingt engagées, comme nous, en VHRS (véhicules historiques de régularité sportive). Nous roulons avec la Porsche 911 2,7 Automag, Chavan et Thirionet prennent le départ avec une autre Porsche, nous retrouvons aussi les meilleurs Français Verrier,Gelly, Vialar, Garosi, Nal etc….tous, le couteau entre les dents.

Yves Thirionet et Chavan, de beaux vainqueurs, juste avant le départ.

Samedi 24/10/2011, cela démarre fort…

Les vingt Vhc ouvrent la route. Ces voitures sont donc de vraies bêtes de compétition parfaitement préparées qui en découdront en vitesse pure, elles sont cependant peu nombreuses et ne pourraient certainement pas assumer un plateau normal. La meute des 70 VHRS suit de minute en minute, elles doivent donc rouler en régularité permanente dans trois catégories de moyennes imposées au choix (de 60 à un bon 70 Km/h pour les moyennes rapides). Directement nous rentrons dans le vif du sujet avec les fameuses étapes de SAINT NAZAIRE LE DESERT « Petit Paris », « les faucons », « Col de la chaudière » une accumulation de petites routes sinueuses caracolant dans une belle montagne. Objectivement pour les pilotes autant que pour les équipiers, c’est du vrai plaisir. Aux moyennes imposées, il faut y aller très fort en se méfiant pourtant de prendre de l’avance dans les très rares portions droites, ce qui reste un jeu compliqué ! Nous vivons de grands moments comme l’arrivée à « les faucons » précédée d’un véritable toboggan étroit entrecoupé d’épingles où il faut vraiment y aller à fond, c’est du beau sport ! Cette première boucle se termine par le col de la chaudière, étape où les longues courbes succèdent aux épingles très serrées. Après cette bonne mise ne bouche, le rallye revient à Crest pour une brève assistance. Les conversations vont bon train tout le monde s’amuse visiblement ...

Serge Garosi et son équipière. Serge a été champion de France des rallyes sur terre et reste un représentant officiel de la marque Mazda lors de ses épreuves (rarissime rotative).

Etapes de nuit, les mêmes encore plus vite !

Après une courte pause et un passage obligé par un parc d’assistance dont nous ne profitons guère puisque nous sommes seuls, le rallye repart pour la seconde boucle majoritairement de nuit. L’itinéraire est inchangé, seules les moyennes ont été augmentées par un organisateur plein de panache car, en général, c’est plutôt le contraire qui se fait, on a tendance à diminuer les moyennes dans l’obscurité. La nuit est claire et il faut vraiment y aller plein pot en évitant les pièges assez nombreux difficiles à repérer... Pour nous, cela se passe mal car non seulement nous tombons en panne de cadenceur mais en plus Adrien lit très mal les petits chiffres du retro trip mécanique que nous avons monté pour respecter le règlement qui interdit tout instrument de mesure à affichage digital. Le problème est que nous sommes quasi les seuls à avoir respecté cette règle et les tableaux de bord de nos concurrents fleurissent littéralement d’instruments interdits ! La prochaine fois, nous nous alignerons en nous disant que, même au pays des lumières, les règlements sont faits pour ne pas être respectés…

La Porsche AUTOMAG bien équipée pour la nuit.

Après ces belles errances nous terminons cette boucle nocturne en limitant les dégâts. Chavan, déchainé derrière ses instruments suspects et bien « guidé » par Yves Thirionet a pris la tête du rallye, l’ancien vainqueur des 24 heures de Francorchamps a encore plus que de beaux restes ! En « Vitesse » c’est déjà hécatombe, les sorties de routes et casses sont nombreuses, à ce petit jeu de massacre, c’est POUDREL et GARCON qui mènent avec leur OPEL KADETT GTE qui semble cracher le feu ! Nous sommes quand nous cinquième, un peu déçus mais bien décidés à essayer de nous améliorer car dimanche le rallye continuera dans un autre coin de ce beau Dauphiné.

Dimanche 25/10/2011. Quatre ultimes spéciales pour remonter.

Une AC Cobra au départ, madame cédera le volant à son équipier en cours d’épreuve.

Cette fois, nous filons vers SALLANS, plus au nord. Nous sommes un peu moins en montagne mais cela tournique bien. Les spectateurs sont nombreux, il fait toujours beau, un beau dimanche en famille à la campagne pour ces amateurs de belles voitures ! Le règlement en VHRS nous impose le casque et les longues manches mais pas de salopette, malgré cette libéralité, nous suons sang et eau car il fait torride dans la voiture. Parcourant deux fois les étapes de Barcelonne et Combovin nous nous appliquons comme de bons élèves, grappillant quelques secondes par ci par là sans prendre trop de risque, nous finirons par nous rapprocher de… l’ami Chavan l’autre Belge qui restera cependant brillant vainqueur en tête jusqu’au bout. Il va sans dire que cette inespérée seconde place nous satisfait largement.

Les Belges Coël avaient fait une fois de plus le déplacement.

En VHC seules huit voitures terminent, c’est finalement la R5 turbo de DEL FIACCO-GODIN qui l’emporte. La casse et les sorties de routes ont littéralement décimé cette catégorie, heureusement pour le spectacle et le porte- feuille des organisateurs que voiture de régularité sportives sont là ! Les nombreux spectateurs ne s’y trompent et apprécient autant les VHRS que les VHC beaucoup plus nombreuses.

Raymond Collignon et Chavan, complices et frères amis.

Un très beau rallye dans l’esprit sportif apprécié de tous.

Le podium VHRS et coupe des dames aux deux sœurs Brulant, toujours à l’attaque avec leur Porsche.

Un road book parfait, de nombreux commissaires de sécurité compétents, des étapes spéciales sélectives, des moyennes dans chaque catégories difficiles à respecter, voilà bien un rallye parfait succédant faut-il le dire à quelques épreuves trop faciles. Que les organisateurs des autres épreuves de la rétro coupe s’inspirent du Dauphiné et tout sera pour le mieux dans le petit monde du rallye de régularité sportive !

Raymond Collignon.

L’équipage AUTOMAG assez fier de sa performance.

Classement VHRS – 59 voitures classées

- 1. Chavan-Thirionet
- 2. Collignon-Felot
- 3. Gelly-Gelly

Classement VHC – 8 voitures classées

- 4. Del Biacco- Godin
- 5. Blagini – Bouvier
- 6. Grimaud-Laglasse


- Rallye de Régularité Historique Vercors Classic
- Rallye de la Drôme
- Course de côte Châteauneuf de Galaure
- Slalom Les Chabanneries
- Rallye historique du Dauphiné

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