50 minutes avec Steeven Decomble : créateur rétro de Festivals !

Bob d’Automag    2018-08-13 12:18:38   

Rétro Festival de la Côte d’Opale 2018


Il est presque 17 heures, et j’ai rendez-vous avec l’organisateur du Rétro festival de la Côte d’Opale pour une interview personnalisée.
Lorsque j’arrive sur la place de Marquise, je remarque de suite une auto ancienne posée juste devant la mairie… c’est une FIAT 850 des années soixante et, surprise, en descend un jeune homme habillé d’un pantalon « pattes d’éléphant » et chemise très colorée aux motifs psychédéliques. Pas d’erreur possible il s’agit bien de Steeven Decomble l’instigateur du Rétro Festival.

Steven Decomble et sa FIAT 850 de 1964.

Il m’invite à monter à bord pour une balade. Tiens c’est une boîte automatique (assez rare cela !). L’auto est remarquablement restaurée et propre avec une multitude d’accessoires d’époque qui portent à penser que l’on se trouve dans une capsule intemporelle… je me mets à rêver à cette époque où je me suis retrouvé dans cette situation, je devais avoir 8 ans ! Je reviens vite en 2018 car nous voici arrivé au Bar de la Plage de Wissant où nous nous posons pour une interview pour laquelle j’ai beaucoup de questions.

Le Mag : Entrons dans le vif du sujet et parlons chiffres. Combien de participants ont rejoint le Festival ?

S.D. : « Nous avions un peu plus de 2.000 véhicules inscrits, et 1.800 étaient présents (NDLR : contre 1.300 en 2016). Le festival a rassemblé environ 15.000 personnes dont un grand nombre est resté malgré la pluie. Les véhicules ont été répartis sur 43 rues, il y avait 2 rétro-campings et 1 zone poids-lourds ».

Le Mag : Vous parliez de la pluie qui a perturbé le programme, il y a eu d’autres choses qui n’ont pas bien fonctionné cette année ?

S.D. : « C’est vrai qu’après une longue période avec une météo estivale dans la région, recevoir une pluie soutenue le jour J, c’est frustrant, nous avions des animations prévues que nous n’avons pas pu effectuer. Mais le point crucial était la circulation, nous attendions énormément de véhicules et avec une seule entrée sur le site nous avons du faire le maximum pour désengorger la rue principale de Marquise, car il y avait un bouchon de 8 kilomètres sur l’autoroute cela dans les 2 sens ! L’on s’attendait à une affluence record, et nous avions proposé un plan de circulation avec plusieurs entrées pour mieux gérer les flux de véhicules, mais ceci a été refusé par la sous-préfécture qui nous a imposé son plan de circulation avec 1 entrée/sortie unique sous peine d’annuler purement et simplement le festival !!”
“Le fléchage quasi inexistant devait être revu totalement et nous en assumons l’entière responsabilité. Les portes se sont ouvertes à 6h, à 8h nous avions déjà un premier bouchon et à 9h cela tournait au bouchon collosal ! Ce qui veut dire qu’en 2 heures la plus grande partie des véhicules sont arrivés en même temps”.
“Le dernier véhicule est entré à 15h30. Vers 16h30 la pluie s’est bien installée et le ballet des véhicules vers la sortie a recommencé, les festivaliers commençaient à repartir”.

Le Mag : Il y avait des véhicules très étonnants dans les rues de Marquise, vous avez remarqué ?

S.D. : « Oui il y avait de très beaux véhicules et aussi des personnes étonnantes, comme monsieur Donati qui venait d’Italie avec une Vespa, trois dames venues de Suisse au volant de leur combi Volkswagen, un étonnant camion citerne Shell et les camions Berliet des pompiers, ce superbe autobus Chausson venu d’Alsace, la Vespa 400 qui a été prêtée par le concessionnaire Parisien à Juan Manuel Fangio, une American La France 1914 venue par la route, la Monza 1931, habituée du festival de Goodwood, venue d’Angleterre malgré le temps et l’organisation un peu « Woodstock ». »

Le Mag : Content de votre plateau alors ?

S.D. : « Le plateau était magnifique et les participants ont joué le jeu en nous apportant des véhicules extraordinaires. Lorsque j’ai vu arriver une Hudson Continental tirant une caravane Nottin un attelage d’origine qui fait près de 15 mètres de long, et les gendarmes habillés comme à l’époque, je sais pourquoi je me lève depuis des mois à 5 heure du matin pour organiser le rétrofestival”.

Le Mag : Qu’en ont pensé les habitants de Marquise ?

S.D. : « Les habitants de la ville de Marquise, qui étaient « festivaliers malgré eux », qui en se levant le matin, ouvrant leurs fenêtres ont découvert des voitures d’une autre époque et des gens qui circulaient dans les rues habillés comme si le temps avait reculé en l’espace d’une nuit ! Nous avions aussi installé des haut-parleurs qui diffusaient une musique d’époque dans les rues du centre ».

« J’ai vu des habitants en émotion, jusqu’aux larmes, devant l’autobus Chausson stationné exactement là ou autrefois se trouvait l’arrêt d’autobus, ce même autobus de leur enfance qui les emmenaient vers Boulogne. Ils ont également pu découvrir une belle exposition Claude François, savourer le plaisir de mettre 1 franc dans le juke-box pour écouter ces titres des années soixante, nous avons poussé nos recherches à retrouver les photos du concert de Clo-Clo à Boulogne sur Mer, son costume et peignoir qu’il a lancé dans la foule lors de ce concert en 1977. C’est aussi pour ces gens là que nous avons organisé le festival et ils l’ont bien apprécié”.

Le Mag : … et les festivaliers ?

S.D. : “Les avis divergent. Un participant à parcouru 2.500 km avec son TUB Citroën (NDLR : “Traction Utilitaire de type B” camionette légère avec porte latérale coulissante, dérivée de la Traction produite de 1939 à 1941) pour venir participer au festival, il a passé ses vacances sur la côte, il a profité du rétro camping, spartiate c’est vrai, mais il était heureux d’être parmis nous.

“Le premier Rétro Camping était installé rue de Verdun, dans le parc Simone Signoret, juste à côté de la fresque Simca. Et le second était situé dans le plus grand terrain que l’on pouvait avoir à Marquise, quelques reproches à ce propos : il était éloigné de tout et difficile à trouver, mais justement il était propice à la fête sans gêner les habitants. On y a fait une projetction video, barbecue, musique d’accordéon, cornemuse … nous l’avons voulu très vaste car il y avait beaucoup de demandes. Les avis étaient partagés, manque de douches, toilettes, mais nous prendrons en compte toutes les remarques.”

“Ensuite il y a eu les visiteurs, qui n’avaient pas de voiture ancienne, mais qui nous ont rejoints en habits d’époque et qui en ont profité pour dénicher quelques objets anciens, poser avec une belle robe vintage et faire quelques photos à côté d’une belle auto, c’est aussi eux qui font le festival”.

« Dans la liste des « points noirs », il y a aussi le manque de toilettes en ville, des files aussi pour manger auprès des Food-Trucks. Marquise étant une petite ville et il y a 8 plots électriques sur la place, nous avions donc une difficulté supplémentaire pour installer d’autres Food-Truck ailleurs sur le site. Les restaurants ont été débordés et en manque de stock de nourriture. Et puis des participants qui ont fait 3h30 de bouchon… Je pense que moi-même je n’aurais pas eu la patience ! »

Le Mag : Le bilan des avis positifs et négatifs ?

S.D. : « Nous avons eu des personnes très satisfaites et d’autres très mécontentes de l’organisation et qui ne pensait qu’à “pendre haut et court steeven Decomble”. Mais nous prenons en compte toutes les critiques pour une analyse avec la sous-préfecture et aussi pour les organisations futures. Et les avis positifs nous feront de très beaux souvenirs et cela nous consolera de la météo très mitigée que nous avons eue.”

Le Mag : La Belle Surprise… qui l’est restée jusqu’au jour J !

S.D. : « La publicité peinte sur un mur, comme cela se faisait à l’époque, était une animation surprise pour tous les festivaliers qui entraient dans la ville Rétro. Leur surprise ! »

La fresque vantait la Simca Versaille “venez l’essayer” … une jeune dame en salopette blanche terminait la publicité murale au pinceau et à main levée.

Le Mag : D’ou vient cette idée de fresque publicitaire ?

S.D. : « Cette année au delas d’une exposition de véhicules anciens, nous voulions ajouter des animations et des surprises supplémentaires, c’est aussi pour cette raison qu’aucun programme n’a été publié. Alors on nous l’a reproché, mais on en est très content parce que les gens en on eu la surprise.
Lorsque nous avons reçu l’inscription du Simca Club de France l’idée m’est venue très naturellement de faire la fresque sur le thème Simca. Marie-Lou Peeren est une amie qui est artiste, elle a 23 ans et a fait l’école des beaux arts de Boulogne, elle réalise des fresque "Street Art", pas vraiment à l’ancienne, et je lui ai mis un défi “je te présente un dessin sur mesure et tu réalises la fresque sur ce mur” elle a eu une semaine pour réaliser le travail et a porté les dernières touches en direct lors du festival, pour l’occasion nous lui avons fait une combinaison Simca et un béret pour complèter la scène.
Pour l’anecdote : l’adresse est celle de l’association du Rétro Festival.”

Le Mag : Comment peut-on avoir tant d’intérêt pour une époque que l’on a pas connue ? En 1965, vous n’étiez pas né !

Noémie s’occupait des expos au Château Mollack.

S.D. : « C’est vrai, j’ai 24 ans, mais enfant j’ai toujours aimé les film de Belmondo, De Funès, les Charlots et je me suis intéressé à cette époque des année sixties qui devait être formidable. Avec un petit groupe d’amis nous avons lancé cette idée de créer un événement avec une ambiance « comme si on était en 1960 »…
Nous sommes quatre à la base de ce projet :
Noémie (23 ans), Adrien (24 ans), Florent (24 ans) et moi-même Steeven (24 ans).

Le Mag : 4 jeunes d’une vingtaine d’années se lancent dans l’aventure d’un Rétro Festival ! C’est osé, non ?

S.D. : « Le Rétro Festival est né en 2015, c’est un événement que l’on voulait voir grandir, pas forcément péreniser, mais aussi pour assouvir aussi quelques fantasmes de quelques personnes qui n’avaient pas connu les années soixante. On voulait se retrouver au moins une fois dans notre vie avec des voitures anciennes dans les rues, avec des gens habillés avec des vêtements de cette époque. Toutes les personnes de l’organisation on un intérêt personnel à orgnaniser le festival. Noémie est une personne qui vit tous les jours comme cela, avec ses habits d’époque, dans une maison reconstituée comme à l’époque avec des meubles d’époque, pour ma part ce sont mes voitures et motos et j’aime aussi les habits des années ’70. Ce sont toutes ces passions partagées qui ont fait que l’on avait envie de créer cet événement. Là nous sommes encore sous le coup du festival, 2015 et puis 2016 qui s’est mieux passé que 2018… peut-être bien que nous avons tout de même réalisé de belles choses cette année. Nous avons construit ce festival non pas sur une date ou un objectif, mais autour de petits projets que l’on voulait mettre en place ensembles.”

La Gendarmerie belge avait rejoint le festival...

Le Mag : La question que toute le monde se pose ! A quand la prochaine ?

S.D. : “Donc à la question fatidique “y aura t-il un autre festival dans 1 an ou 2 ans ?” je répondrai par une autre question : “aurons-nous dans 1 an ou 2 ans d’autres idées ou envies personnelles et petits rêves à mettre en place pour un autre festival ?”
Le festival est donc un “festival ephémère”, une accumulation de petits projets. Donc si on veut le faire l’an prochain, c’est que l’on aura trouvé des choses supplémentaires, de nouvelles surprises. Ou alors il est aussi possible que l’on ai besoin de 2 ans, voire plus, pour réaliser de nouveaux projets, et accessoirement terminer nos études, passer nos examens, car nous sommes tous étudiants. Il y a aussi un facteur qui, aux yeux du public et de l’administration paraît anodin, c’est le budget ! Nous avons un financement qui est très précaire, nous n’avons pas d’aide de la région, pas d’aide du département, pas d’aide de la communauté de communes (ce sont des institutions qui régissent la sécurité de la France). La seule aide que nous avons reçue est celle de la Mairie de Marquise. Il faut savoir que le temps de 2 ans préparation du festival est réparti à 80% en recherche de financement et 10% sur l’événement en lui-même. C’est un travail difficile et incessant car si l’on a pas le budget pour le jour J, le programme tombe à l’eau. Et c’est très extrêment difficile en France de trouver du financement pour un festival, surtout lorsque l’on est indépendant.

Alors, en réponse à “A quand la prochaine ?” : Un jour, on ne sait pas encore quand, lorsqu’un programme sera défini, avec sans aucun doute une meilleure organisation, que ce soit dans 2, 5, 3, ou 10 ans , avec une réforme radicale du flux des personnes, et très certainement moins de véhicules mais avec une classification par année, en tenant compte que les rue de Marquise sont petites …


Voilà, je reviens de cette interview très agréable d’un bonhomme très sympathique et Passionné avec un très grand P, avec un sentiment de respect et de « cœur gros »… ils ont tous entre 23 et 24 ans et ils se sont démenés pendant 2 ans pour offrir (parce que, faut-il le rappeler, l’entrée et participation étaient gratuites !) un Rétro Festival aux habitants, collectionneurs, festivaliers que vous étiez…

Vous auriez osé, vous ? ...

- Rétro Festival de la Côte d’Opale 2018, les véhicules...

- Rétro Festival de la Côte d’Opale 2018, Simca et les autres...

- Rétro Festival de la Côte d’Opale 2018, ambiances...

- Rétro Festival de la Côte d’Opale 2018, weekend sympa avec Jean-Marie Herman

Vos commentaires

  • Le 21 août à 07:22, par remy decomble En réponse à : 50 minutes avec Steeven Decomble : créateur rétro de Festivals !

    Un très très beau reportage ,très bien fait et bien senti ,en plein dans le mille ,nous aurions aimer voir et lire les même en France merci pour votre travail de passionnés vous aussi

    Decomble Remy "le papa" de Steeven

  • Le 21 août à 11:04, par anne charlotte mampaey En réponse à : 50 minutes avec Steeven Decomble : créateur rétro de Festivals !

    très beau reportage, merci a steeven et toute l’équipe de marquise pour ce festival, meme si la pluie a un peu limité la réussite de cet évenement incroyable. continuez comme ça, on sera là pour un eventuel nouveau festival, meme si la nécessité de faire payer peut etre un petit quelque chose aux festivaliers ou aux visiteurs doit etre mis en place pour perdurer marquise. ce n’est pas facile d’organiser un evenement de cette capacité, donc ne vous découragez pas et revenez rapidement dans ce type de retour dans le temps qui nous a ravi tout le week end au retro camping et dans les rues.

  • Le 22 août à 17:17, par Yu nicolas En réponse à : 50 minutes avec Steeven Decomble : créateur rétro de Festivals !

    J y étais en 2016 avec ma 2cv j y étais en 2018 avec mon ami de 1972 et vivement le prochain retro cote d opale a marquise c est trop géniale et bravo a steeven

Un message, un commentaire ?

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.