EDOUARD SOSMAN : J’ai appris à Steve Mac Queen à rouler en tous terrains.

Jean Van Der Rest    2002-09-29 19:33:52   

EDOUARD SOSMAN : J’AI APPRIS A STEVE MAC QUEEN A ROULER EN TOUS TERRAINS.


Edouard Sosman raconte : "c’était au Grand Duché de Luxembourg alors qu’il accomplissait son service militaire. Avec un de ses copains motocycliste, il a sillonné les routes du Grand Duché et celles de nos ardennes pendant près d’une année. Chaque fois qu’il trouvait le moyen de s’échapper de son cantonnement, c’était au guidon d’une de ces Indian ou Harley militaires des troupes américaines d’occupation. Celles qui avaient servi pendant les hostilités, vendues ensuite sur le marché européen, étaient remplacées par du matériel plus récent. Mais si ces deux grandes marques sont de bonnes grosses routières, elles ne tiennent pas la comparaison avec nos motos européennes lorsqu’elles quittent la route pour aborder le tous-terrains".

Steve Mac Queen dans ’’la grande évasion’’ (1963).

La rencontre se passe au début des années soixante. La fabrication des motos belges périclite. Grand nombre de marques de petite et moyenne importance ont déjà fermé leurs portes. Quelques grandes restent en piste. L’Histoire va retenir leurs noms : Gillet, FN, Saroléa. "Les demoiselles de Basse Meuse" comme les a appelées Gilbert Gaspard, dans son livre du même titre. Si à cette époque elles signent un accord de coopération entre marques, celui-ci ne sera pas mis en application réelle. Mais n’empêche qu’en plus de routières sous leurs marques respectives, elles ont un glorieux passé de victoires en compétitions. Ce passé, Edouard Sosman en fait encore partie, lui qui à 36 ans était alors pilote d’essai chez Saroléa. C’est cette expérience de la vitesse et de la maniabilité sur machines de courses, qu’il va mettre à la disposition de ce jeune futur acteur américain que le monde entier va connaître quelques années plus tard, grâce à sa fantastique évasion motorisée du camp de prisonniers en Allemagne. C’est dans la séquence finale du film ( La grande évasion. 1963) qu’on peut le voir franchir la frontière suisse, en sautant de multiples chevaux de frise et réseaux de barbelés allemands. Edouard de nous confier : "à l’entraînement, lorsqu’il avait à engager sa machine dans des terrains boueux et glissants, autant il se jouait des dérapages les plus fous sur terrains secs, autant il abordait avec une prudence raisonnée, les bourbiers des terrains de cross. Et lorsque l’on sait qu’en général, les organisateurs prennent un soin particulier à situer ce type de difficultés avant une montée en côte, il faut oser, il faut foncer. J’ignorais alors que ces conseils et ces démonstrations que je lui faisais, allaient le servir quelques années plus tard. Je n’en tire pas gloire, mais je garde de lui, le merveilleux souvenir de bons moments passés ensemble à partager une passion commune. Qui plus est, dans ce magnifique cadre des campagnes et forêts luxembourgeoises et Grand Ducales".Mais Edouard Sosman considère que son comportement envers ce jeune étranger, n’avait rien d’exceptionnel, puisque lui même devait sa passion de la moto à un autre "ancien", étranger lui aussi de surcroît. Dès son plus jeune âge il rêvait de ressembler à son idole, écossais de naissance, Fergus Anderson. Ecossais venu d’ailleurs, mais belge d’adoption dans le monde des courses. Presque comme lui, avec cette petite différence toutefois, que lui Edouard, apatride, est venu de nulle part pour réussir chez nous. Et quelle réussite puisque dès sa première course officielle en 1946, il prend la première place sur Saroléa 500cc. Saroléa qu’il ne quittera plus jusqu’à la fermeture de l’usine. Dix sept ans de bons et loyaux services, tous les jours que Dieu fit, puisque pilote les week-ends, il retrouvait ses mécaniques et celles des clients, dès les lundis matins, comme mécanicien chez Fernand et Georges Puttemans concessionnaire Saroléa de Wavre.

Edouard Sosman.

Champion de Belgique dès sa deuxième année de compétition, il allait tripler le titre les années suivantes sur 350 Saro. Gagneur, il serait trop long de citer les titres et médailles de son palmarès. Arrivé à la quarantaine, Saro ayant quitté le marché, Edouard va se retrouver chez Rumi et remporter cette année là aussi le titre de champion de Belgique en 125 cc. La France, l’Espagne, l’Allemagne et l’Afrique du Nord vont le voir débouler en motocross. Le grand Joël Robert, va devenir son ami. De retour au pays, il va payer cher sa chute à Jupille avec 5 concurrents qui ne pourront pas l’éviter au sol. En 1970, à cinquante ans, il va faire 3ème au Mans, sur Yamaha 250, devant la plupart des pilotes d’usines et 3ème au championnat d’Europe sur Suzuki 250 et 500. Il continue et seize ans plus tard en 86, avec ses résultats en Espagne, France et Autriche, il fait 6ème au classement général du championnat d’Europe en courses de côtes.

Actuellement, il prépare sa 50cc Aprilia et nous donne rendez-vous à Chimay l’ été prochain. Pour conseiller son fils Eddy, qui pilotera en side et quant à lui, pour se classer dans le groupe de tête de sa catégorie.
Sacré Edouard !

Jean VAN DER REST
(F.A.R. - Féd. Auto-moto Retro)

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