JULES DURAN, défenseur des Petits Cubes...

Jean Van Der Rest    2008-03-23 20:35:05   


Avant de se retrouver sur tous les circuits wallons et flamands, d’Arlon à Ostende, le plus ardent défenseur belge des petites cylindrées a fait du chemin.

Départ des petites cylindrées

Né en 1924, nous l’avons rencontré, participant comme un débutant à un séminaire fédéral. Sur le plan des sports motocyclistes, tout avait commencé pour lui au lendemain de la dernière guerre, … sur un vélo pesant 26 kilos. C’était le moyen de locomotion qu’utilisait Jules DURAN employé de banque, pour se rendre chaque matin à son bureau de la BBL. Jusqu’au jour où, de passage à Charleroi, il aperçu au beau milieu de la vitrine d’un magasin de cycle, un vélo équipé d’un moteur … fixé sur le porte bagage. Les cyclomoteurs reprenaient place sur notre marché. L’industrie belge du vélo avait trouvé là, un nouveau débouché pour sa production. C’est chez le concessionnaire des cycles Derouaux à Alost, que, pour son compte et celui de deux collègues de bureau (3 pour obtenir un meilleur prix) Jules Duran est allé prendre possession de trois cyclomoteurs dans sa même journée de congé. Départs en train, retours sur cyclo, trois fois de suite, pour arriver à sortir ensemble du garage de la banque, en fin de la journée. Si les moteurs JLO de l’époque ne faisaient que peu de bruit, les commentaires des collègues – dès le lendemain matin – firent de l’écho. Dans un éclat de rire, Jules nous précise ‘’ nous devions être la première équipe motocycliste de la BBL’’.

Mais que peuvent faire trois copains motorisés, pendant leurs week-ends, sinon des sorties. Et, après les randonnées … sinon des courses ! Les 3 sont bien vite devenus 40. Alors que dix suffisent à créer un club, quarante vont faire une fédération !
Avec ses amis, Jules poussa à la formation de la première Fédération Belge de Vélomoteurs et Scooters. Mais en courses, notre homme pilote aussi.

Arrivée … comme les grands !

Ce sera un premier Paris-Bruxelles, ensuite un Paris-Bâle (en une seule étape) suivis d’autres destinations éloignées.
Mais, alors que les clubs se multiplient, sa Fédération ne fédéralise pas.
L’ami Jules décide avec son président VAN GORP, d’approcher la F.M.B. (Fédération Motocycliste de Belgique). Ils y mettent en place, la commission des Scooters et Motos Légères, avec M. STICKELORUM. C’était, enclencher la vitesse supérieure avec, au départ de Paris, la ‘’Nord Européenne’’ en régularité, par l’Allemagne, Hollande, Belgique et retour France, avec arrivée à Roubaix.
Vitesse moyenne imposée : 32 km/h. 600 participants dont Jules. Il sera sacré vice-champion FMB en 50 cc. Sans trop de mérite reconnaît-il. Il nous en explique les pourquoi et comment !

Homme de terrain, il venait d’inventer le ‘’road-book déroulant’’ à fixer au centre du guidon (à l’abri du pare-pluie). Des centaines de regards rapides lui évitant de s’arrêter aux fins de feuilleter, lui avait permis de gagner. L’année suivante (1956), toujours sur petites cylindrées, une JLO/G50, il va ramener 32 médailles d’or, une d’argent et une de bronze. Et de nous ajouter : ‘’mais il n’y avait d’argenterie que sur la surface des médailles. A titre d’exemple, ma première place au Grand Prix International cette année là, m’a rapporté … un petit frigo ‘’

un vélo équipé d’un moteur … fixé sur le porte bagage...

Du côté fédéral à cette époque, les missions techniques n’étaient pas faciles. Les constructeurs inventaient, créaient. Il ne se passait pas une saison sans d’importantes modifications apportées aux modèles existants. D’abord sur les protos de compétition dans le but de victoires (réclame oblige) puisque celles-ci acquises constituaient la meilleure formule de promotion pour la marque. Ainsi, alors qu’il n’avait obtenu que la deuxième place en 1955, l’importateur JLO pour la Belgique, des cyclos DEPAS, déclara lors du salon de Bruxelles : ‘’nous sommes les meilleurs et DURAN va prendre sa revanche cette année !’’ Ce que je fis en l’emportant avec une véritable aisance, sans tricher, en respectant toutes les limitations du règlement de la Commission Technique fédérale’’. Aucune définition spécifique n’était précisée quand au mode de transfert de la puissance entre moteur et roues. Ce qui permit à notre importateur une modification de son invention, en intercalant une surmultiplication entre moteur et roue arrière. Technique et pilotage firent bon ménage cette année là.

GONFLEUR (?)

1955. C’est lors d’une course de longue durée que le moteur de sa 50 cc. décida de ne pas repartir après un arrêt obligé à un contrôle de passage. Diagnostique : calaminage d’une bougie. Sous les yeux du contrôleur de service et de plusieurs spectateurs, (assistance interdite) Jules DURAN procéda lui-même au décalaminage, s’aidant pour le faire, de sa pompe à vélo afin d’évacuer les résidus.
En fin de journée, alors qu’il venait de remporter la victoire, une réclamation fut déposée à son encontre par un concurrent trop crédule, à qui un spectateur avait raconté qu’il avait vu Duran ‘’gonfler’’ son moteur.
Ca ne s’invente pas.

Sous l’œil du commissaire, Joël ROBERT en tête à l’obstacle

FEDERATEUR

Du côté fédéral, du fait de ses compétences de pratiquant et sa connaissance des milieux des diverses disciplines de ce sport-moteur, Jules DURAN fut ensuite mis à toutes les sauces. Jusque dans les dernières années du siècle passé, il officia - toutes provinces confondues - comme délégué technique fédéral, sportif, chronométreur tout aussi bien que contrôleur. Ce, dans des disciplines aussi différentes que peuvent être un trial, par rapport à une enduro, à un match de moto-ball, une course de côtes, voire un gymkhana que pratiquants et spectateurs le retrouvèrent. Mais si record fédéral il y avait, c’est celui de la fidélité qu’il eut mérité.

Jules DURAN, entre pilote et officiel

Dans une seule et même discipline - le Trial - en novembre 1999 au Mont Parisel (en Hainaut), Jules officia en ‘’international’’, pour … la 43ème fois en 43 années de responsabilité fédérale. Record qui reste à battre !

Bravo Mr. DURAN.

Jean VAN DER REST

Vos commentaires

  • Le 5 avril 2010 à 19:37, par Michel Lecerf En réponse à : JULES DURAN, défenseur des Petits Cubes...

    La photo de Joël Robert (n°49) est prise en 1964 au stade Fallon à Woluwé Saint Lambert lors du GP de Belgique 250cc. J’étais présent comme jeune spéctateur.
    Michel Lecerf

  • Le 25 août 2010 à 10:19, par Emmanuel BERTHON En réponse à : Manu, un fan de Solex

    Bonjour,
    Je suis un mordu de solex et dans un lot de pièces, j’ai récupéré un moteur complet sauf échappement de cyclex à galet en très bon état...
    Je ne souhaite pas le garder, en espérant le vendre dans le but de réinvestir dans du solex, pourriez vous m’indiquer l’ordre de prix ! Merci, un fan de solex !
    Manu

  • Le 13 mai à 09:31, par Van Bondt Annie-Tessa En réponse à : JULES DURAN, défenseur des Petits Cubes...

    Bonjour, je suis la nièce de Jules Duran. C’est avec tristesse que je vous annonce son décès le 8 mai 2018.

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