La GNOME & RHONE CM1 Super Sport de Philard !

Dimitri Haulet, Philippe Haulet    2017-01-07 16:54:01   

Marinier-motard ? ... Impossible ! ... Vraiment ?


Né en mars 1956, Philippe Lardinois ("Philard") est chimiste de formation, a travaillé comme laborantin à l’ Hôpital de Godinne. Il y termine sa carrière comme chargé de communication ‘web’ après 38 années de bons et loyaux services, comme le dit l’expression...

©Philippe Lardinois.


Ce logo symbolise vraiment Philippe : à la fois marinier et motard. Ecoutons le motard et comme avec chaque passionné, il suffit de se laisser bercer par le flot … de ses paroles.

Je connais une attirance pour les motos depuis mes 11ans.

"Je roule à vélo avec les copains mais je rêve d’une mobylette. Dommage, c’est interdit par mes parents...
Un jour, mon oncle apporte à la maison une Parilla 50 et précise à ma maman de ne pas s’inquiéter car je ne saurai jamais la faire tourner. C’était mal me connaître. J’ai démonté entièrement la mobylette, sans trop de respect pour le matériel que j’ai beaucoup cassé."

« Par exemple, un boulon résiste, je le casse au marteau. Le moteur est complétement ouvert. Je casse les segments. Mon papa qui n’y connaît pas plus que moi, s’intéresse à mon travail. Nous courons les garages de la région espérant trouver de l’aide. Dans un village voisin, un garagiste m’assiste à remonter les segments, puis le moteur. Petit à petit, je ‘bricole’ et j’apprends sur le tas. Je ne veux pas être mécanicien mais la mécanique est une vraie passion. Pour mes 16 ans, je remercie ce garagiste en achetant chez lui ma première mobylette : une Garelli, la première d’une série de plus de 50. »

Mes parents refusent toujours que je conduise une moto.

"J’attends jusqu’à mes vingt ans pour contacter un voisin qui possède des vieilles machines. Pas question pour moi d’acheter une neuve car je n’ai pas d’argent et je suis toujours aux études. Je découvre une "Royal Nelly" 1953, N° de cadre 13, 150cc, 4 vitesses au pied, 13000km."

©Philippe Lardinois.


« ‘Royal Nelly’ vend des vélos à Bruxelles et assemble des motos à moteur Sachs. Mon voisin l’utilise uniquement pour lâcher ses pigeons dans un village proche. Elle est en mauvais état, le moteur montre des déficiences mais elle roule.
Comme d’habitude, je démonte complètement et la refait à neuf. Elle se montre très fiable. Pour mes études à Woluwé, je parcours 150km par jour à son guidon. »

« Par après, j’achète une Triumph 350 de 1947, une vraie épave. Je préfère toujours acheter des motos usagées et les retaper. Je trouve une certaine beauté à ces vieilles pétoires et j’aime les faire revivre. De toute ma vie de motard, j’ai fait un seul achat d’une neuve. Après avoir roulé sur à peu près tout, je recherche maintenant des vieux cyclos : ça va moins vite, c’est moins lourd et c’est tout aussi gai à enfourcher, surtout à mon âge. »

« La passion aussi s’entretient. Je suis toujours autodidacte. Sur les forums, de vrais connaisseurs partagent leur savoir par internet. Quel plaisir ! Hier encore, j’apprends comment remonter un vilebrequin d’une Honda CBX 6 cylindres. »

« Je suis connu dans le monde de la moto pour avoir été :
-  un des membres fondateurs de la F.B.V.A.
-  membre de la F.M.B. membre de la commission sportive des courses sur routes.
-  délégué belge de l’I.H.R.O (International Historic Race Organisation) fondé par Sir Alan Cathcart, journaliste essayeur mondialement connu.
-  membre fondateur du CRMB (Classic Racing Motorcycle Belgium). »

« Après quelques ennuis de santé sérieux, je lève le pied. J’organise encore l’Arbre à Cames, rallye réservé aux motos d’avant-guerre.
Chaque année, au moins 50 vieilles pétoires répondent à l’appel. Quelle fierté à accueillir chaque année des bijoux qui viennent des 4 coins de la Belgique, des bijoux qu’on ne voit parfois que dans les livres ! Par exemple, une FN 4 cylindres centenaire !!! »

Très mauvais souvenirs ?

« - En 1989, une voiture roule à gauche, me projette contre un mur et continue sa route. La dernière image dans mon esprit : une Diane orange. Bilan : une jambe, des côtes cassées et un bras explosé, 9 mois d’hôpital.
-  Le second à Auxerre, en 2000. La moto est détruite. Je ne suis pas blessé et je reçois l’aide et les soins des voisins du lieu de l’accident. Ils m’apportent biscuits, galettes et boissons en attendant le rapatriement du pilote et de sa moto !
En fait, j’ai eu beaucoup de chance sur ces 45 années de motos, peu de chutes et trois accidents seulement avec un seul grave physiquement. »

Beaux moments ?

-  « Plus de 500.000km à moto ou à cyclo. Il existe un esprit particulier autour de la moto. Je roule seul, je fais de belles rencontres et je lie connaissance partout en Europe. J’ai le projet d’un tour de France à moto. Mes relations rencontrées sur les forums ou au gré des voyages assurent le logement quotidien. »

-  « J’aime être sur 2 roues. Je suis parti voir l’ouverture du mur de Berlin en novembre 1989, un événement exceptionnel tout de même. Sur l’autoroute enneigée vers Berlin, la masse des Trabant roulant en sens inverse laisse un brouillard bleu et une odeur d’huile. Sur place, impossible de trouver un hôtel, avec le copain qui m’accompagne, nous louons un appartement. Pour entrer en Allemagne de l’Est, le contrôle douanier est très sévère et très long. De plus, sur nos deux motos, nous sommes suivis par la Polizei en Wartburg pendant 50 à 60 km. Ils s’assurent que nous ne mettons pas les roues hors des ‘sentiers battus’ en DDR. J’éprouve un sentiment étrange à revoir les images 25 ans plus tard. »

©Philippe Lardinois.


-  « La concentration hivernale des mille vaches, organisée à la mi-décembre 2015 au centre du massif central à Meymac, regroupe 3000 motards d’Espagne, d’Italie, de Suisse, de Belgique, de France, de Hollande, d’Angleterre qui se réunissent pour boire et manger. Je voulais me prouver qu’à 60 ans, je pouvais encore faire une concentration hivernale (700km), loger sous tente par -8°. C’est froid surtout pour les petits besoins naturels à satisfaire la nuit. »

©Philippe Lardinois.


Les motos et cyclos ?

La GNOME et RHONE CM1 Super Sport

« Pendant guerre de 14-18, Gnome et Rhône, est un constructeur de moteurs d’avion, moteur en étoile. Après la guerre, il choisit de construire des moteurs pour les motos avec leur devise : ‘des motos à la qualité aviation’.
BMW aussi est un constructeur de moteurs d’avion pendant la première guerre ce qui lui vaut son logo représentant une hélice tournante. Après le Traité de Versailles, en 1923, la marque recommence par construire des motos avec la première d’une longue série, la R32. Plus tard, la première voiture entièrement conçue par BMW sort en 1932. »

« La Gnome et Rhône, je l’ai achetée à un monsieur qui avait besoin d’argent. Elle provient de la Marne en France. C’est une moto rare, une machine de compétition de 1931 avec un cadre double berceau. Il existe peu de documentation. J’en ai vu une autre dans un musée à Lunéville. Le moteur 350cc culbuté est une très belle construction avec une distribution par engrenages. »

« Je l’ai depuis très longtemps et j’ai toujours traîné pour m’y mettre. Toutes les motos que j’achète, je les démonte complétement et les remonte proprement. Ce n’est pas vraiment une restauration mais elles doivent être mécaniquement impeccables.

Par mes recherches, je constate qu’il y en a eu très peu : 8 exemplaires connus et 14 moteurs recensés. Je possède une des 8 motos, 2 moteurs et un incomplet. Par les clubs d’anciennes, j’obtiens la pièce manquante, le carter de boîte. Un niçois me fait un moulage, une copie en alu de son carter et me l’envoie. J’ai donc une copie exacte de son carter avec les petits défauts d’usure du sien. Cette moto, je pense la restaurer à neuf, car elle en vaut la peine. »

« La moto a une fourche avant type ‘parallélogramme’ qui possède 2 ressorts. Elle a roulé en compétition sur des petits circuits comme ici à Floreffe où le champion du monde Fergus Anderson est mort. Il est enterré au cimetière de Belgrade. Ces courses permettaient la mise au point des motos avant les GP.
De plus, Floreffe et Mettet disposent de longues lignes droites. Le nouveau circuit Jules Tacheny comporte un virage à son nom. John Surtees aussi donne son nom à un virage de Mettet. Surtees, le seul pilote au monde ayant été champion du monde à moto et en F1, a aussi couru à Floreffe et son team Norton d’usine a logé dans le garage du papa d’une ancienne collègue !
Quelle époque... Nous sommes loin des paddocks actuels... »

La Magnat Debon.

« Elle est déguisée pour un tournage promotionnel de la vieille boucle lustinoise. C’est une manifestation pour les vélos avec une caravane publicitaire de motos et de voitures. »

« Elle vient d’un musée d’Arles. Elle date de 1936, dispose d’un moteur 350 latéral avec 3 vitesses et l’accélérateur-manette au guidon. Je l’ai depuis une vingtaine d’années. Le pot en alu type flûte de pan a fière allure. »

« La tringle du garde-boue avant sert de pied et permet d’enlever la roue avant sans difficulté parce qu’il n’y a pas de pied central. »

« Les chiffres transparents du porte-plaque arrière sont bien visibles grâce à l’éclairage intérieur. J’ai commis une erreur mécanique et cassé le carter de boîte de vitesses. Comment retrouver une boîte de 1936 ? Je la recherche, surtout en France. Puis un copain de Profondeville me signale, derrière sa grange, une vieille boîte pleine de terre et d’herbes... Un coup d’œil et c’est la même boîte mais pour la Terrot. Je l’emporte, la nettoie, change le pignon de sortie et la plaque portant la marque. Ouf ! »

« Je suis fier d’exposer les Combinaisons de mon pote Roland Martiny, passager ou ‘singe’ bien connu dans le milieu et qui a couru le GP de Spa-Francorchamps. »

Depuis 5 ans, je me suis lancé dans les mobylettes.

"Un ami namurois a proposé sur un forum Honda français, une promenade en cyclos. En 2011 à Bourges, je participe à ce rassemblement et à cette promenade. Cette année, destination Paris."

©Philippe Lardinois.

« De plus, j’ai six petits-enfants et pour le Nouvel An 2015, ils ont tiré au sort leur mobylette. Il m’en reste trois pour moi, pour un usage journalier comme le Honda C50. »

Honda C50.

« Ce Honda C50, je l’ai acheté il y-a 4 ans, je l’utilise pour mes déplacements quotidiens. Il est dans son jus, date de 1968 et affiche 5.541km. Un peu rouillé, il vient d’une menuiserie où il a souffert de la sciure acide. »

« Trois vitesses, semi-automatique, il n’a pas d’embrayage. Il faut accélérer et changer de vitesse en coupant les gaz. La consommation d’1,2 L est faible. Philard, mon nickname, est sur cet autocollant unique réalisé pour moi par un copain. »

Atelier pour les jeunes du village.

« Je mets mon espace, mes outils à leur disposition et les pièces si je les ai. J’apporte mon expérience mécanique, mes moyens, mes conseils. Ils viennent selon leurs besoins. Souvent, ils ne sont pas intéressés par mes ‘vîs tchiniss’ jusqu’ à l’essai... ‘Whaou, ça roule bien’. C’est une découverte pour eux. »

« De plus, cet atelier est totalement gratuit. Maintenant que j’ai le temps, j’aime leur en faire profiter. Je leur apprends les vieux trucs et astuces pour entretenir et surtout connaître leur engin. Aujourd’hui, les jeunes ignorent à quoi sert la bougie ou comment fonctionne un frein. »

J’ai acheté plus de dix motos BMW, dont la seule neuve la BMW K1100RS.

©Philippe Lardinois.

« Si je roule seul, c’est aussi pour satisfaire les goûts artistiques de Marie-Rose : prendre des photos de belles fleurs ou rapporter un beau cailloux du Ventoux. Il est impossible de rouler en groupe avec une femme comme Marose. Nous nous arrêtons trop souvent, mais c’est pour notre plaisir à tous les deux...
Dernièrement, nous avons réalisé une balade à deux : Paris en cyclo. »

©Philippe Lardinois.

« Dès qu’elle a un peu de temps et que son travail le lui permet, nous grimpons sur la moto et nous nous baladons. Notre destination est souvent notre bateau, notre deuxième passion. Mais ceci est une autre histoire... »

Dimitri et Philippe Haulet.

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