Le Solex et le "Jean Bart "

Bob d’Automag    2015-07-26 21:24:18   

Randonnée Solex Club Spirales de Calais - 24/05/2015


Même si le titre de cet article résonne comme un conte de Perrault ou de La Fontaine, et que le récit que je vous propose ici pourrait être l’histoire revue de « David contre Goliath », je n’ai pas la prétention de réécrire la bible ou le coran. C’est en réalité une aventure amusante vécue avec le Solex Club Spirales de Calais en ce beau mois de mai 2015 que je vous propose de partager.

On the Road again … vers Calais !

Ce samedi soir, nous sommes le 23 mai, et je prends la route vers Calais pour retrouver un vieil ami avec qui j’ai partagé beaucoup de moments passionnés sur nos organisations de rallyes mais aussi sur 2 roues … vous savez sur ces motos noires qui ont le moteur placé à l’avant … !!??? … mais oui : le Solex !

Jean-Maurice Duhaut est le président du Solex Club Spirales de Calais ; mais ce soir notre « Jean-Mô », comme l’appellent ses amis, était en mode « rallye » et participait à l’HISTOPALE sur son incontournable CG 1200 S avec son fils dans le baquet de droite.

Calais plage, l’HistOpale vient de se terminer ...

Lorsque je traversais Calais pour me diriger vers le bord de mer, le soleil se couchait et une soirée douce s’annonçait. A l’approche de l’hôtel de la plage, les voitures de rallye étaient garées de part et d’autre de la digue, comme si elles savouraient un repos bien mérité pendant que leurs pilotes et copilotes échangeaient les bons moments de la journée autour d’une bonne table. Je pousse la porte du restaurant et le monde s’affairait autour des listes des classements … la remise des prix venait de se terminer. Au milieu de la salle j’aperçois Jean-Mô, en bonne forme, l’assiette proprement vidée et une grande coupe en guise de verre à vin ! Il venait de remporter le rallye HistOpale en catégorie confirmés. « Tu sais que tu organises une randonnée en Solex demain matin dès 8h00 ? » lui rappelais-je avec un grand sourire et un grand plaisir de retrouver ce bonhomme si jovial et débordant de gentillesse.

Le jour « J », l’heure « H » et le Solex « 3800 »

Dimanche 24 mai, le réveil sonne, 8 heures, vite il est temps de se préparer pour rejoindre la commune de Marck d’où se donne le départ de la randonnée.

Près de 38 Solex de tous genres et toutes les couleurs se s’étaient rassemblés pour l’occasion. Au passage je prends un cours d’histoire sur l’évolution du Solex, il existait des modèles destinés aux dames avec des couleurs plus lumineuses des roues d’un diamètre plus petit et un système de dépose du moteur à galet plus faciles. Un modèle pliable, un peu comme les mini-vélos des années ’70.

Et puis il y a ce modèle miniature qui attire mon attention … c’est un « MICRON » en version publique m’explique Jean-Mô. Car ce modèle a existé en 2 versions : la version « prévention routière » qui servait dans les écoles pour le « junicode » n’était pas équipée d’éclairage ni klaxon et avait un guidon haut. Quant à la version « publique » avec à l’époque sa carte grise et permis A1, était équipé d’un éclairage et un klaxon électrique. Le tout a été produit à 4000 exemplaires et il existait aussi un MICRON 3 roues pour la prévention routière.

Le soleil pointait son nez et la journée semblait bien débuter.

"alors monsieur Bob, toujours pas de Solex ??"

Jean-Mô trônait dans la véranda de la maison familiale et accueillait les participants pendant que Madeleine, son épouse, servait le café noir et les croissants. Huumm pas de doute je suis au bon endroit, ils savent accueillir les gens du Nord. En me voyant entrer dans la véranda Jean-Mô me lance « Aahh monsieur Bob, alors tu n’as toujours pas acheté de Solex ? T’inquiètes pas je t’en ai préparé un pour la journée ». Et oui, il faut savoir qu’une loi française oblige maintenant d’immatriculer tous les vélomoteurs et aussi les Solex. Cela a changé depuis 2005, lorsque j’étais venu participer pour la première fois à la balade avec mon ami Vincent, il suffisait d’enfourcher un engin et hop c’était parti.

Le Solex du "Boss" :-)

Jean-Mô m’avait préparé un Solex 3800 (le sien !) j’avais donc l’honneur de piloter le Solex du patron whaouw ! Lorsque que je posai la question sur quel Solex il allait rouler, Jean-Mô me répondit qu’il ferait la voiture balais avec la remorque et les solex de réserve. « Ben, et ton fils alors ?  » « Ah celui là … il fait un balade en Solex aussi, mais dans un autre Club !  » Ah ben dis-donc, chez les Duhaut dès qu’il y a moyen de rouler çà part dans tous les sens ☺

Le carto-Solex, c’est nouveau çà vient de sortir !

Pour la balade du Solex Club Spirales de cette année, Jean-Mô avait préparé une balade cartographique. Nous recevions donc tous un road-book en fléché métré. Dans la colonne de gauche le kilométrage total, dans la colonne de droite le kilométrage partiel. La première page du road-book mentionne : « veuillez vérifier les petites astuces du road-book, comme les cases inversées, l’ordre des pages… c’est surement des erreurs de l’organisateur »… ben tiens il est rusé le Jean-Mô, car de cette façon il se met à l’abri des réclamations à l’arrivée☺.

Et en plus il y avait des contrôles de passages avec des lettres à relever et une liste de photos, mélangées bien évidemment, à découvrir tout au long du parcours.

Allez, en selle...

La délégation belge !

Au vu des difficultés de relever les photos, les CP, tenir le road book avec les dents et piloter l’engin à galets qui nécessite un réglage de richesse de carburateur régulier, je décide de rouler groupé avec quelques autres belges passionnés de Solex : Vincent est préparateur et distributeur de pièces Solex à Thisnes en Belgique et Laurent est mécanicien, habituellement sur des voitures rapides, mais pour l’heure son Solex ancien « dans son jus » comme on dit, avait un petit moulin qui tournait comme une horloge suisse.

Nous découvrons le parcours magnifique, de petits chemins taillés pour le vélo qui roule tout seul, un régal. Régulièrement nous devons mettre pied à terre pour vérifier le road-book, Vincent à une bonne mémoire visuelle et se charge de repérer les éléments photographiés, quant à Laurent il vérifie tous les panneaux « Stop » et « triangles sur pointe » afin de vérifier si une lettre ne se cache pas derrière les panneaux.

Avec mon casque peltor sur la tête, je me fais tout de suite remarquer … cherchez l’erreur ! Par contre certains participants ont le casque idéal et original pour le Solex.

Les noms des rue chantent dans nos oreilles comme « chemin de la digue », « rue de la mer »… (mais oui nous sommes sur le littoral de Dunkerque) pour nous guider vers GRAVELINES, le lieu de l’apéro… face à la mer !

Jean-Mô & Madeleine

Jean-Mô et Madeleine avaient préparé une table avec des boissons fraîches et des petites choses à grignoter. Et nous voici arrivés en bon derniers. Les français avaient déjà bien entamé le rosé. Il reste une épreuve à accomplir avant de les rejoindre : l’organisateur nous tend un sachet en plastique et nous demande d’y mettre 200gr de sable (une idée pour départager les ex-aequo à mon avis), et nous voilà à quatre pattes à jouer sur la plage comme des gamins. Les quelques touristes qui passaient par là ont dû se demander ce que ces félés avec leurs drôles de vélos étaient occupés à bricoler.

Une photo nous interpellait car on se demandait ce que cela pouvait bien être ?

Le lieu où nous allions prendre le repas de midi n’était pas loin de là, et évidemment il y avait quelques photos à relever, heureusement que Vincent était attentif. Une photo nous interpellait car on se demandait ce que cela pouvait bien être ? Cela ressemblait à une grande harpe, ou un monument … et comme l’on se rapprochait de plus en plus de l’énigme les idées s’éclaircirent jusqu’au moment ou nous nous trouvions au pied d’un navire en construction : le « Jean Bart » !

Le Solex & le « Jean Bart »

Ce vaisseau de 57 mètres de long nous apparaît imposant à côté de nos petits Solex.
Une poignée de charpentiers passionnés, réunis autour de l’association Tourville, se sont lancés dans un projet d’avenir pour entrer dans l’histoire : la construction, à l’échelle réelle, du « Jean Bart », vaisseau de premier rang du XVIIè siècle armé de 84 canons. Le projet à démarré sur base de sources archéologiques. Les premières informations proviennent du site archéologique de Saint-Vaast-la-Hougue (côte du Cotentin) où cinq épaves de vaisseaux de 1er rang de la marine de Colbert et construits entre 1665 et 1691, furent coulés en juin 1692 lors de la bataille de Barfleur dite « de la Hougue ».

Bien évidemment il n’existe pas de trace de plans pour ce type de vaisseau, et nos passionnés se sont donc documentés à partir de planches de dessins représentant les différentes étapes de la construction datant de 1670. Des livres et des carnets de mémoires de la construction navale française et anglaise seront d’une aide précieuse pour poser les bases de leur projet.

L’idée de ces courageux charpentiers est de réaliser leur vaisseau comme à l’époque avec les mêmes matériaux et les méthodes d’antan. Donc pas question d’utiliser des poutres lamellées et collées (comme l’on en trouve dans les toitures des salles de sport par exemple) pas de boulonnerie ou visserie moderne … tout sera réalisé en chêne avec des clous comme en 1670 ! Ce qui implique la construction d’une forge, et le choix d’arbres courbés naturellement pour réaliser l’ossature courbée de la coque.

Nos solexistes écoutent attentivement et avec beaucoup d’intérêt les anecdotes et les informations de notre jeune guide charpentier. La visite à l’intérieur du Jean Bart impose le respect pour ces personnes passionnées qui réalisent tout ce travail méticuleux avec leurs mains. C’est juste énorme comme travail. Notre guide nous informe que le chantier devrait encore durer 5 ans.

Après cet intermède historique et un bon repas, nous posons tous ensemble avec nos Solex pour la photo souvenir avant de reprendre la route, l’esprit rêveur, en se disant que l’on reviendra dans 5 ans pour la mise à l’eau.

La route du retour nous emmène par de beaux villages fleuris et paysages campagnards. Toujours bien regarder derrière les panneaux stop si il n’y a pas de CP hein ! Gilbert, un Solexiste belge et agriculteur retraité, nous à rejoint pour la route.

De retour à Marck, les belges arrivent juste à temps pour la remise des prix qui se veut très conviviale et amicale. Tout le monde s’est très bien amusé et la Randonnée 2015 du Solex Club Spirales s’est déroulée sans aucune panne !

Le temps de partager le pot de l’amitié, et il est bientôt temps de se quitter car la route est encore longue pour rentrer à la maison. Jean-Mô et moi-même nous sommes fait une promesse, on ne va plus attendre 10 ans avant de se revoir.

Bob d’Automag.


... il existe un spécialiste du Solex en Belgique, c’est Vincent et "SOLEXISTE SERVICE" à 4280 Thisnes. Contactez "Doc Solex" et votre vélo roulera tout seul !

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