Le bel hivernal ! (Neige & Glace 2017)

Raymond Collignon    2017-02-12 06:50:14   

Neige & Glace 2017


Sochaux frisonne, en haut sur les sommets la neige résiste sous quelques bourrasques glaciales…

Le succès du « Neige et Glace » est à nouveau assuré, une petite centaine de voitures au départ, une quinzaine de quatre roues motrices jouant un classement séparé et puis les autres, en vrac : Porsche, Volvo, BMW, Simca, Peugeot, Renault, Ford, Opel , de plus rares Fiat, Daf ou autres MG…le compte y est !

Au départ du Musée Peugeot le rallye débute par une étape de nuit joignant Sochaux à Malbuisson où le vrai cœur du rallye se trouve.

Comme « étrangers amis » les Belges sont à nouveau majoritaires, tous les grands « glisseurs » sont là, Reuter, Horgnies, Deflandre en Porsche Eric Van Peer, vainqueur de l’année passée avec sa rapide 2002 et tous les autres spécialistes de la neige. Nous avons engagé la fidèle 2002 TI Alpina Automag cette fois ci avec un co-pilote inédit. L’expérimenté Jean Luc Fraikin a remplacé au pied levé Adrien Felot abandonnant à regret son cher baquet de droite pour une cause indépendante de sa volonté.

Dimanche 29 janvier : Froide nuit…neige, glace et brouillard.

Johnny Delhez-Joseph Lambert, Big attaque, gros cœur et belle performance, une très solide équipe. (Photo : Alain Patrice)

Contrairement à toute attente avec ce début de dégel les spéciales sont très enneigée. Une mauvaise neige, épaisse, gelée, creusée, tranchée, se cache encore dans les forêts jurassiennes. Ce qui ne gâte rien, un brouillard montre aussi son nez, un vrai temps d’homme du nord ! La seconde spéciale de plus de 28 kms est aussi infernale avec une finale en descente hyper sinueuse sur laquelle même un chevreuil n’est plus passé depuis des mois ! Malheureusement, Jean Luc rencontre quelques problèmes avec notre blunik qui n’est pas trop d’accord avec les notes de l’organisateur. L’ami Fraikin, très calme, corrige comme il peut mais nous accumulons quelques pénalités. Dans ces conditions, plusieurs voitures sorties de la route sont dégagées à coups de pelle, d’autre dont les favoris sont bloqué dans une spéciale par un véhicule d’assistance perdu en ces lieux avec sa remorque ! Plusieurs prises de temps seront ainsi annulées par l’organisateur.

Arrivés à Malbuisson après avoir parcouru la course de côte du Larmont, cela discute ferme et la surprise sort du chapeau. Hors Joker c’est la VOLVO Amazon d’Ansiaux qui mène la danse en moyennes basses. Avec le jeu des jokers ce sera pourtant Van Dalen et Minguet qui repartiront en tête ayant eux aussi, comme Yves Deflandre, profité des quelques prises annulées. Pour une fois le système du Joker n’a pas été appliqué à la lettre…

Une heure du matin sonne quand nous nous couchons, chacun a raconté son aventure, cela démarre fort, tout le monde sait que le rallye ne fait que commencer et qu’il sera très dur !

Très performante Dauphine Gordini de Kellenberger- Liechti entre les Volvo elle jouera la gagne en moyennes basses. (Photo : Alain Patrice)
Lundi 30 janvier : Pièges et longue journée…

La pluie tombe, la neige fond doucement, dans le ciel la grisaille s’impose.

Le rallye démarre par la spéciale de Malbuisson, une montée en longues glisses sur asphalte gelé et puis, au dessus, un « quitté gauche » dans la forêt très glissant. Là, c’est déjà la misère, Daniel Reuter, est sorti dans le premier gauche, dans la première grosse côte une voiture est bloquée, un peu plus loin, encore une sortie...

Cette journée sera à l’image de cette première spéciale, vicieuse et gaie ! Certains passage sont secs, d’autres verglacés, quelques fois sous les arbres la neige fondante et gélatineuse domine. Dans ce « flatch flatch », il est bien difficile de garder la voiture sur la route. Nous serons plusieurs à visiter les murs de neige Etienne Baugnée Yves Deflandre, nous mêmes et tant d’autres s’en sortirent avec plus ou moins de chance… en fin d’étape cela n’est pas grave en début c’est catastrophique car les pénalités après les jokers s’accumulent !

La VOLVO PV 544 de Serge Adriaens et Freddy Moors une belle victoire en « moyennes basses » à l’arraché et très méritée. (Photo : Alain Patrice)

En fin de journée, après plus de 300 kms d’aventures, nous retrouvons Malbuisson . La dernière spéciale a malheureusement dû être annulée. Un ouvrier forestier n’a rien trouvé de mieux que de bloquer la route avec son engin de travail : « Ce que je ne possède pas je ne le partage pas ! »

Le Classement est bouleversé en tête les Porsche dominent les Baillet mènent devant les Belges Deflandre et Horgnies.

Les Jockers ont bien servi, le système est efficace même s’il est quelques fois injuste !

Demain c’est la Suisse qui nous attend avec son circuit sur glace et d’autres surprises…

Mardi 1 février : La Suisse nous « accueille… »

Quand un pays n’aime pas le rallye et le fait sentir !

Quittant Malbuisson, la première spéciale classique se passe au mieux : glace, ornières, parties sèches se succèdent avec une fameuse côte en milieu de spéciale où, une fois de plus, quelques voitures sont bloquées.

En suisse, on n’est pas les bienvenus mais le seul circuit sur glace de Bullet vaut le détour, c’est une merveille impressionnante enchainant raidillons, descentes vertigineuses grandes flaques d’eau sur une glace épaisse lâchant de gigantesques gerbes au passage des voiture en glisse. Une expérience à recommencer à tous prix !

Bullet un circuit sur glace pas comme les autres, flaques, glace été plaisir la BM et l’Escort se tirent la bourre ! (Photo : Alain Patrice)

Pour le reste, le peuple suisse de riverains furieux n’est pas très content. Fermiers forçant au slalom entre les tracteurs arrêtés sur la route, quelques cris, des regards courroucés, une hargne aveugle sans passions automobiles…

Le paysage est, lui, d’une beauté à couper le souffle et la fondue délicieuse avalée à midi nous remet d’aplomb devant le « plus grand paysage des Alpes ». Dans la première spéciale de l’après-midi des policiers suisses venant en face poussent à la faute nos amis Figuière/ Pirotte qui se retrouvent bloqués dans un fossé ! Une heure d’attente et nous repartons ! C’est par la vallée du du Doubs aux accents jurassiens que nous retrouvons la France.

La nuit est déjà tombée quand, dans une étape forestière superbement enneigée, nous nous retrouvons bloqués par un concurrent plus lent qui empêche tout passage en essayant de tirer du trou une voiture sortie au même endroit que lui… la fin de cette spéciale à fond les manettes restera un grand souvenir même si nous prenons une bonne valise de pénalité à la fin.

Etienne Baugnée et Benoît Remion, boue, neige et soleil, ils perdront tout espoir dans la dernière spéciale. (Photo : Alain Patrice)

En tête Deflandre/ Gully se font titiller les échappements par la petite Fiat Ciquecento Cup Abarth de Romuald Sanseigne et Florent Fornasier qui avancent comme des obus…changement de génération en vue au neige et glace…

Mercredi 2 février : Les derniers chamboulements.

Le dernier jour n’est pas de tout repos !

6 Spéciales autour de Malbuisson, annoncées comme enneigées…du plaisir encore !

Yves Deflandre- Eddy Gully pleine neige et grande victoire ! (Photo : Alain Patrice)

De fait dès le début nous retrouvons glace et neige en paquet. Le ciel est bleu et la pression est grande sur les leaders Deflandre et Gully qui sont suivi de très près par Fiat de Sanseigne….Finalement ce sera à nouveau la dernière spéciale qui jouera le rôle de grand juge. Pas plus de 6 kilomètres en forêts full neige, montant, descendant et tourniquant. Deflandre garde la main avec sa formidable expérience et les bonnes note d’Eddy Gully par contre certain vont à l’ultime faute payée cash comme Etienne Baugnée resté bloqué dans une congère plusieurs dizaines de minutes. Le rallye se termine ainsi en apothéose, une cerise sur le gâteau au bout d’une longue épreuve sportive ayant mérité son titre de la « la plus belle hivernale » !…

La BMW automag à l’assaut d’une marche infranchissable, un beau spectacle digne du « plus bel hivernal »… (Photo : Alain Patrice)

Deflandre/Gully l’emportent, la Volvo PV 544 de Serge Adriaens / Moors a dominé méritoirement moyenne basse alors que Sanseigne père gagne en 4X4 avec sa Lancia.

Très belle victoire des favoris pour la cinquième fois, à ce niveau, ce n’est plus du hasard mais attention la relève est là !

Nous classons finalement notre 2002TI à une honorable quatorzième place dans les échappements de… Henri Pescarolo et Michel Perrin, on ne peut rêver mieux, amitié et symbole…

Deux belles « Princesses » Célimène Lachenal et Gaëlle Winderli-De Zorzi, deux suissesses en Escort, elles n’aiment que les « propulsions » et gagneront la « Coupe des Dames » ! (Photo : Alain Patrice)

Bravo aussi aux Baillet, Delhez, Lambert, Blaise, Georges, Van Dalen, Minguet, Malherbe et tous les autres unis par la même passion et l’authentique goût de l’aventure.

Arriver au bout du « plus bel hivernal » est déjà un soi un exploit.

Vivement l’année prochaine !

Texte : Raymond Collignon
Photos : Alain Patrice

Le nouveau « truc » pour gagner… les pneus « Sisteron » de Deflandre : 70 % de la surface lamellisées 30% en clouté « Burzet » réchappés. Où s’arrêtra-t-on ? Course à l’armement !
CLASSEMENTS

Voici la prochaine aventure : les Alpes

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