Motos Classiques à Chimay ? Encore et toujours la même passion !

Dimitri Haulet, Philippe Haulet    2017-07-23 12:05:37   

Chimay - Motos Classiques - 2017.


Ah, Chimay !


Quelle explication apporter à la présence de tout ce monde à Chimay ?


L’amour des chiens ?



Les produits locaux ?


Des objets particuliers comme cette chaise percée ?


Non, non et non. Une passion commune les réunit autour et sur le circuit pour admirer ces machines anciennes.

Ecoutons quelques-uns en parler.

Georges Soupart.


« A Chimay, je suis chez moi. Jeune, j’ai roulé à moto. Après avoir été percuté par une voiture, je me dis : ‘Plus jamais.’

Et puis, je rencontre un brocanteur qui vend cette Motobécane. Pendant deux ans, je le travaille au corps pour le prix. La moto est en état pitoyable. Elle est difficile à vendre.

Finalement, il me dit : ‘Si tu ne l’achètes pas, je coupe le réservoir en deux et j’en fais des bacs à fleurs pour le salon.’ Je propose un prix qu’il accepte. Donc, achat en 2012.

Pendant deux ans, elle reste chez moi et j’essaye régulièrement de la démarrer. En vain.


J’en parle à un ami de Chimay, ancien vendeur Motobécane. Il nettoie quelques pièces dont les réservoirs d’huile et d’essence. ‘Kick’, dit-il. Elle fait ‘pop pop’, donc il y a une étincelle à la bougie et c’est bon signe. Kick, kick, ‘pop pop’ et elle démarre.

‘Roule’, mais elle n’avance pas. Les disques d’embrayage sont collés. ‘Prends-la chez toi et vas-y, démonte-la.’ Jusqu’alors, je n’ai jamais fait de mécanique. ‘Avec des moteurs comme celui-ci, aucun risque.’

J’installe un petit atelier, je démonte et les disques sont effectivement collés. Nettoyage, bain d’huile pendant 24 heures, remontage, démarrage sans problème, mais elle n’avance toujours pas.


Mon copain arrive et constate que j’ai remonté le disque à l’envers. Erreur corrigée, elle roule mais sans puissance. Le piston et les segments sont morts. ‘Vas-y, déculasse…’

Je trouve un préparateur compétent ( M. Denil de Chimay ) qui me fournit un nouveau piston ‘fait maison’, en aluminium et des soupapes de Citroën 1935. Pour elles, il suffit de raccourcir les guides.

Et depuis, je roule sur MA Motobécane. C’est une B2S, moteur bloc B latéral, 4 temps, 175CC de 1932, moteur à bain d’huile, culbuteurs latéraux. J’aime l’ancien, l’oldtimer.

Un collectionneur voulant racheter mon bijou à un bon prix, je réalise que cette moto est très rare. »


Les Chiens Jaunes.


« Nous sommes un team motos et side-cars, anciennes et de course. Nous venons de France, à côté de Rennes. ‘Les Bretons sont là.’

Si nous comptons 7 à 8 coureurs, les supporteurs sont beaucoup plus nombreux.


Nos motos et side-cars sont jaunes, pourquoi ? Il y a 30 ans quand je courais, mon petit chien bâtard, beige, m’accompagnait partout. Tout le monde l’appelait le petit chien jaune.

Et ce nom est resté, c’est notre mascotte. Sur la saison circuit et course de côte, nous participons à environ dix épreuves.

Personnellement, je pratique la compétition en course de côte et en circuit depuis 1978 sur entre autres, 500RG, 250TZ, 750 Four. »


Eric Collard.

« Je viens de France, entre Senlis et Soissons. Je pratique le sport mécanique depuis plusieurs années.

Je suis à Chimay depuis 10 ans de suite. Je serai aussi à Gedinne avec la même machine. C’est une Honda 750 Four, préparée, moteur de 820, rampe de CR, vraie machine de course.

Je roule en compétition pour le plaisir. Ce n’est plus à mon âge que je deviendrai champion.


La passion de la moto est en moi depuis mes 13 ans. J’ai commencé avec une mobylette Malaguti 125. Puis, je suis monté en ‘grade’.

Et comme souvent, un break pour le mariage, la maison, les enfants… Sur le tard, je me suis remis à l’ancienne, les premières de nos machines. Je les retrouve maintenant mais ‘coursifiées’.

Je ressens toujours autant de plaisir avec 8 courses par an et 3 participations en Belgique : Chimay, Gedinne et Francorchamps. »

Pascal Lucas.


« Ma moto est une Benelli de 1972, petite italienne de 250cc. Je la revois sur les circuits depuis plus de 20 ans car c’est une petite moto utilitaire incassable, facile à préparer.

Hormis quelques améliorations et allégée, elle est entièrement d’origine. La selle est coursifiée. Je l’ai achetée bon marché, rafraîchie et la voilà.

J’ai commis une erreur : enlever le compte-tours car je suis souvent en surrégime. De plus, elle souffre avec mes 105kg. Je la malmène et malgré cela, elle reste maniable et fidèle.


Sur routes, je roule à moto depuis mes 18 ans. Je suis venu tard à la compétition d’anciennes. Il y a une quinzaine d’années, j’accompagne un ami ici à Chimay.

Pendant un week-end, je suis sur un circuit pour la première fois et je suis charmé. Dès que mes moyens financiers le permettent, j’achète la moto et me voilà ici présent.

Je viens régulièrement quand le budget est bouclé. J’ai roulé à Gedinne et deux fois à Zolder. Malheureusement pour le circuit de Zolder que je trouve fabuleux et malgré la bonne volonté des organisateurs, la cause semble perdue à cause des nuisances sonores.

Mais une fois par an à Chimay, quel plaisir ! »

Italo Ricci.


« La passion de la moto, je la connais depuis tout jeune. Mais sans les moyens financiers, pas de compétition.

J’y suis venu plus tard en roulant en classiques, en coupe Laverda. Les coupes sont de bonnes promotions et opportunités. Nous pouvons rouler avec des motos fiables sans trop de frais.

Ma première moto est une Ducati 350 Desmo, suivie par une 500 Desmo et bien d’autres.

La compétition en motos classiques se déroule dans une excellente ambiance, bon enfant. Chacun roule pour s’amuser sans trop d’esprit de compétition. Même au milieu du classement, la bagarre regroupe les pilotes de même niveau.


C’est du plaisir et j’ai beaucoup d’anecdotes à raconter. Un mauvais souvenir est toujours une chute. Notamment celle que je regrette encore, à Francorchamps.

Je participe à une endurance de 4 heures sur la moto d’usine Laverda de 1975, Space Frame fabriquée à 5 exemplaires. Piero Laverda nous l’a confiée.

Je chute dans le Raidillon. La moto est réparée par l’équipe d’usine et nous sommes repartis.

Les bons souvenirs, ce sont les quelques victoires. Mais aussi, des petits moments particuliers…

Ici à Chimay, dans la descente du bois, en course, rejoindre un concurrent et pincer ses fesses lui laisse une impression bizarre qu’il évoque à chacune de nos rencontres. »


Sarah Cambier.


« J’ai 21 ans et je roule en side-car avec papa, je fais le ‘singe’. Mon papa a toujours pratiqué la moto et cette passion est transmise à ses quatre enfants. Nous passons tous cette étape d’initiation. Je prépare aussi le permis moto.

La compétition, le plaisir de rouler à moto sont une activité familiale. Je suis la dernière des quatre. Mon frère a roulé hier sur le side Triton avec mon papa.

Comme singe, j’ai déjà roulé en France et à Gedinne. J’aime ce sport qui se pratique à deux, en équipe et c’est chouette de le faire avec mon papa.


Le side-car, c’est comme la moto : le plaisir du vent dans la figure. Mais le side-car est plus sportif.

Premier conseil pour le singe : il doit se préserver. Debout dans un bus, il faut assurer son équilibre sans trop se dépenser, c’est pareil en side. Je ne gère pas encore parfaitement et je fais trop de mouvements.

A ma décharge, je n’ai que deux appuis et pas de barre longitudinale. Sur ce modèle de 1957, je ne dispose que de deux poignées à l’avant et d’ une barre à l’arrière.

C’est parfois encore périlleux quand je lâche les deux mains, ce qu’il ne faut pas faire. Donc, je dois encore travailler.


Un mauvais souvenir ? Pas de mauvais souvenir, uniquement des expériences comme un incident ici maintenant : un concurrent nous a percuté par derrière !

Par contre, chaque course est un bon souvenir. C’est un plaisir toujours renouvelé, selon le circuit. Je me sens prête pour une longue carrière, avec papa et aussi en solo. »

Voilà, quelques explications.

Alors, si vous aussi souhaitez profiter des bienfaits de cet événement et de la région, n’hésitez pas à venir l’an prochain.

Et surtout, apprenez votre leçon.


Dimitri et Philippe Haulet.

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