50 ans de sécurité sur la route : Volvo et la ceinture obligatoire en Belgique

Il y a un demi-siècle, la Belgique faisait un grand pas vers une sécurité accrue en imposant le port de la ceinture de sécurité à l’avant des véhicules.
Une décision qui, depuis, a sauvé d’innombrables vies. Mais bien avant même cette obligation, Volvo s’était déjà imposé comme un pionnier en la matière.

Coïncidence ? Certainement pas.


Une innovation qui a changé la donne

Nils Bohlin

Bien avant l’invention de la ceinture de sécurité moderne, plusieurs tentatives avaient été faites pour protéger les occupants des véhicules. Dès les années 1930, des médecins américains commencent à exiger l’installation de ceintures de sécurité dans les voitures. À cette époque, la ceinture ventrale à deux points était la solution la plus courante, mais elle présentait des limites importantes : en cas de collision à haute vitesse, elle ne retenait pas efficacement le haut du corps, augmentant le risque de blessures graves.

Il existait également plusieurs variantes de la ceinture à trois points, mais leur conception ne permettait pas une protection optimale. C’est là qu’intervient Nils Bohlin, ancien ingénieur aéronautique ayant travaillé sur les sièges éjectables pour Saab avant de rejoindre Volvo en 1958. Grâce à son expertise, il comprend rapidement les forces exercées sur le corps lors d’un impact et conçoit une ceinture qui répartit ces forces sur les zones les plus résistantes du corps : le bassin et la poitrine.

Volvo PV 544 - 1958

Le 13 août 1959, Volvo livre la première voiture équipée de la ceinture à trois points de série, une Volvo PV544, à un concessionnaire de Kristianstad, en Suède. Parallèlement, Volvo équipe aussi ses modèles Amazon de cette nouvelle technologie, devenant ainsi le premier constructeur à l’intégrer de série sur tous ses véhicules. En 1963, Volvo introduit la ceinture aux États-Unis et mène des tests démontrant son efficacité. Puis, en 1967, la marque publie son célèbre rapport sur 28 000 accidents, prouvant que la ceinture réduit les blessures graves de 50 à 60 %.
Cette étude convainc enfin l’industrie automobile et les gouvernements d’adopter cette technologie, qui depuis, a sauvé plus d’un million de vies.

Volvo Amazon - 1959

Mais Volvo ne s’est pas arrêté là. Margit Engellau, physiothérapeute à l’hôpital de Göteborg, traitait quotidiennement des victimes d’accidents de la route souffrant de traumatismes cervicaux. Face à ces blessures récurrentes, elle commence à réfléchir à une meilleure protection pour la tête et la nuque des passagers. Elle partage ses observations avec son mari, Gunnar Engellau, alors président de Volvo, qui prend cette problématique au sérieux.
Et dès 1970, Volvo place d'office des appuie-têtes dans ses voitures, ce qui a été une avancée majeure réduisant considérablement les risques de coup du lapin en cas de collision.

La Belgique, précurseur en matière de prévention

Le 1er juin 1975, la Belgique impose le port de la ceinture de sécurité à l’avant des véhicules. À cette époque, les ceintures ventrales étaient encore courantes, bien que moins efficaces que les modèles à trois points d’ancrage. L’appuie-tête, aujourd’hui standardisé, n’était pas obligatoire, laissant les conducteurs plus vulnérables aux traumatismes cervicaux en cas de collision (coup du lapin).

Volvo 144 - 1978

L’obligation du port de la ceinture à l’arrière des véhicules ne sera introduite qu’en 1991, marquant une nouvelle avancée dans la sécurité routière. Malgré ces réglementations, il a fallu de nombreuses campagnes de sensibilisation pour convaincre les sceptiques. Certains craignaient même que la ceinture puisse causer plus de mal que de bien, alimentant des rumeurs absurdes sur des risques de suffocation ou de blessures graves1.

Aujourd’hui, la ceinture est une évidence pour la majorité des conducteurs belges : D'après VIAS95 % des passagers avant la bouclent systématiquement, contre 79 % à l’arrière.
Pourtant, les statistiques montrent qu’un conducteur sur quatre tué dans un accident ne portait pas sa ceinture au moment de l’impact. Un rappel brutal que la sécurité routière reste un combat quotidien.

Volvo et Saab : une mission suédoise pour la sécurité

Depuis ses débuts, Volvo place la sécurité au sommet de ses priorités. Dès 1967, la marque équipe ses véhicules de ceintures de sécurité à trois points à l’arrière, bien avant que cela ne devienne une norme mondiale. Mais Volvo n’est pas seule dans cette quête : Saab, autre constructeur suédois, a également joué un rôle clé en matière de sécurité automobile.

Volvo Amazon - 1968

Dès les années 1970, Saab introduit des systèmes d’alerte signalant que la ceinture de sécurité n’est pas attachée. Cette innovation, qui semble aujourd’hui évidente, était alors révolutionnaire et a contribué à sensibiliser les conducteurs à l’importance du port de la ceinture. Volvo et Saab ont ainsi façonné une culture de la sécurité qui dépasse leurs propres modèles et influence l’ensemble de l’industrie automobile.

Mais la ceinture seule ne suffit pas. Volvo poursuit ses recherches avec un objectif ambitieux : zéro mort sur les routes. Sensibilisation, innovation technologique et collaboration avec les gouvernements sont au cœur de cette quête. Chaque avancée rapproche un peu plus cet idéal d’une réalité où aucun accident ne serait fatal.

Que l’on soit nostalgique des voitures d’hier ou passionné par celles de demain, une chose est sûre : la ceinture de sécurité et l’héritage suédois en matière de sécurité continueront à veiller sur nous encore longtemps.

Alors, bouclez-la, et bonne route !