Accès des véhicules historiques belges aux LEZ en France

Les Oldtimers belges face à une impasse française : les nouvelles restrictions des Zones à Faibles Émissions Mobilité (ZFE-m) plongent les véhicules immatriculés en plaque "O" dans une tourmente administrative.
Un casse-tête franco-belge où absurdité et incompréhension règnent en maître.


Depuis la généralisation des LEZ en Europe, chaque pays ou région légifère à sa façon. Quant à l'Europe, pour l'instant, elle ne se soucie guère d'une harmonisation.
Ce manque d'uniformisation existe en Belgique, mais aussi en France avec les ZFE-m (Zones à Faibles Émissions Mobilité).
C'est dans ce contexte que la BEHVA a pris le taureau par les cornes...

Bienvenue en Absurdie !

Avant le 1ᵉʳ janvier 2025, les véhicules belges immatriculés en plaque « O » étaient autorisés à circuler dans les ZFE-m (Zone à Faibles Émissions mobilité) de France, mais depuis cette date, un changement majeur de réglementation est intervenu et rend leur circulation plus compliquée, voire caduque : sauf si elles sont titulaires d’une carte grise collection, les voitures diesel inscrites en France avant 2011 et celles à essence d'avant 2006 ne pourront plus circuler dans plusieurs zones d'outre Quiévrain.
Le problème est que les véhicules belges immatriculés en plaque « O » ne disposent pas de carte grise de collection française...
D'une manière plus générale, cette question se pose aussi pour tous les véhicules historiques étrangers !

Pas moins de 43 villes françaises sont actuellement concernées et le comble, c'est que pratiquement chaque ville a sa propre réglementation quant aux dérogations.
Le nombre de possibilités d’obtention de cette carte sur l’année varie donc selon la localité : c'est véritablement kafkaïen !
Par exemple, 52 jours sont autorisés à Lyon ou à Toulouse, alors qu'à Paris l'autorisation n'est valable que 24 jours ... 😵
En cas de non-conformité, l’amende s'élève à 68 €.

Même s’il semble que les radars ne reconnaissent pas encore la classe Crit’air des véhicules, il vaut mieux être en ordre pour éviter les ennuis.

En définitive, il devient nécessaire de préparer un voyage en ancienne en France en se rendant sur le portail www.mieuxrespirerenville.gouv.fr.
Celui-ci comprend un simulateur d’accès aux zones à faibles émissions avec des liens vers celles que l'on prévoit traverser afin de demander un laissez-passer au préalable.

La BEHVA en monsieur bons offices... pour la région de Lille

Évidemment, la BEHVA (Belgian Historic Vehicle Association) a pris contact avec la FFVE (Fédération Française des Véhicules d’Époque) afin de trouver ensemble une solution à cette situation absurde, mais apparemment, cette dernière avoue son incompétence à régler l'incohérence de ce problème exclusivement franco-français. Pour le résoudre, elle planche depuis deux ans sur l'introduction d'une vignette "Oldtimer" qu'il faudra se procurer auprès de la FFVE contre espèces sonnantes et trébuchantes.
Devant cette problématique, la BEHVA n'a pas eu d'autre choix que de devoir contacter directement l'administration des villes impactées par ces fameuses ZFE-m.

Vu le nombre de frontaliers amateurs de véhicules anciens habitant près de l’agglomération lilloise, la question de l’admission de leur oldtimer dans la ZFE-m lilloise s'est vite posée d'elle-même.
La BEHVA a donc pris contact avec les services responsables de Lille et a finalement obtenu une dérogation pour les véhicules belges immatriculés en plaque « O » de plus de 30 ans (voitures) ou 25 ans (motos et cyclomoteurs).

Certes, Lille n'est pas la France, mais espérons que ce sésame puisse être d'application pour toute la France, voire l'Europe !

Un avenir qui passe par l'Europe

Logiquement, il devrait appartenir aux autorités européennes de régler ce problème en créant une règlementation et/ou une dérogation unique pour les oldtimers mais apparemment l'Europe n'en a cure.

Actuellement, la BEHVA travaille à une attestation qui pourra servir de preuve au véhicule pour que celui-ci soit considéré comme véhicule historique et donc, équivalent de la carte grise de collection française.
Pour qu'elle soit comprise par tout le monde, elle sera rédigée en quatre langues et devra être gardée dans les documents de bord du véhicule.
En attendant, la BEHVA a repris son bâton de pèlerin auprès des autres villes françaises et les résultats des tractations seront disponibles en surfant sur le lien du site de la fédération belge.

Lien intéressant pour préparer des trajets en oldtimer en Europe : www.urbanaccessregulations.eu