Lilou WADOUX : Ferrari, la GT3 Evo et les défis des 24 Heures de Spa

Bruno CORNET    2026-06-27 14:16:57   


À l’occasion des 24 Heures de Spa, Automag.be a rencontré Lilou Wadoux.

© Ferrari

Première femme pilote officielle Ferrari, la Française revient sur son parcours au sein de la marque de Maranello, son évolution depuis son arrivée en 2023, le développement de la Ferrari 296 GT3 Evo et ses ambitions pour la classique ardennaise.

Lilou, vous avez intégré Ferrari et le département Competizioni GT en janvier 2023 en devenant ainsi la première femme pilote officielle de la marque, que représente Ferrari à vos yeux ?
Forcément Ferrari n’est pas n’importe quelle marque. Lorsque j’étais plus jeune, je ne regardais pas trop le sport auto mais forcément c’était l’époque où tout autour de moi tout le monde parlait de Ferrari avec Schumacher. C’est une des marques assez emblématiques du sport auto, Le Mans, l’hypercar ou encore la F1, tout comme pour les voitures de route d’ailleurs. On rêve tous en tant que pilote un jour de représenter la marque au cheval cabré.

En tant que pilote officielle, ressentez-vous la passion qui entoure Ferrari, à Maranello comme sur les circuits que vous fréquentez et comment la vivez-vous au quotidien ?
Quand on est avec Ferrari c’est une petite pression supplémentaire, on a toujours les tifosi autour de nous, ça ne s’arrête jamais, peu importe le circuit il n’y a pas beaucoup de course ou de moment où l’on ne voit pas un drapeau Ferrari. C’est toujours spécial en tant que pilote de sentir ce soutien et lorsque l’on gagne une course c’est toujours un petit plus.
A Maranello, c’est particulier, dans la ville on ressent la passion en permanence, lorsque vous allez au restaurant il y a des photos de Ferrari partout, de l’hypercar, des GT3, de la F1, il y en a vraiment pour tout le monde, encore une fois c’est un plus.

Depuis votre arrivée chez Ferrari, estimez-vous avoir progressé et si oui, dans quel(s) domaine(s) ?
Quand je suis arrivée chez Ferrari, j’avais fait une seule année en tant que Pro, c’était mes tout débuts en tant que pilote professionnelle sachant que là, ça va être seulement ma neuvième année en sport auto au total, ce qui n’est pas énormément en soi.
J’ai appris tellement de choses, premièrement faire plusieurs championnats, des pneus différents, des voitures différentes, le simulateur, la connaissance de Ferrari pour la gestion de nombreux domaines. Plus on roule, plus on apprend des choses. En faisant du développement, on voit des choses nouvelles et petit à petit ça créé un bagage, on apprend des petites choses et lorsque l’on arrive sur une course on sait déjà plus ou moins quoi dire, quoi faire, ce qui n’est pas forcément le cas avec moins d’expérience.

Vous sortez d’une belle 8e place en LMGT3 aux 24 Heures du Mans où vous formiez un équipage Pro-Am avec vos deux équipiers Custodio Toledo et Riccardo Agostini et cette magnifique 296 GT3 aux couleurs du Brésil. Cette semaine, avec vos équipiers Arthur Leclerc et Sean Gelael, vous faites partie d’un équipage 100% Pro, en quoi cela change-t-il votre approche ?
L’approche est un peu différente. En Pro-Am on doit consacrer un peu de temps au pilote amateur qui lui ne roule pas toute l’année comme nous, il connaît moins bien voiture et les circuits que nous donc forcément il a besoin de plus de temps. On fait de l’endurance donc c’est un compromis, il faut que la voiture soit adaptée pour chaque membre de l’équipage, on pense un peu plus au global de l’équipage et particulièrement au pilote amateur.
En Pro, c’est de la vraie performance pure, on essaye de trouver toutes les petites choses que ça soit sur la voiture ou sur les pilotes, on a aussi beaucoup plus de temps de roulage pour nous, ce qui est moins le cas en Pro-Am.

Cette saison, vous disposez de la 296 GT3 Evo présentée ici-même l’année dernière et pour laquelle vous avez participé au développement. Que vous apporte cette évolution technique sur une course d’endurance comme celle-ci ?
C’est difficile de cibler une seule course. Dans l’ensemble, c’était déjà une très bonne voiture, elle avait déjà fait de très bons résultats sans cette évolution mais il y avait encore de petites choses que l’on pouvait améliorer comme la race stability. On a travaillé sur la plateforme aéro pour rendre le comportement de la voiture plus simple dans le trafic, ce qui n’était pas tout le temps le cas.
On a changé la boîte de vitesse qui est peut-être la plus grosse évolution et finalement on peut mieux s’adapter aux différents circuits parce que l’on sait que la voiture roule autant en Asie qu’ici. Sur d’autres continents, c’est parfois complètement différent et cette boîte de vitesse est clairement un vrai plus.

Quels sont vos plus grands défis à l’aube de cette course et selon vous, quelles en seront les clefs ?
Waouh. Là maintenant c’est dur à dire, les 24 Heures de Spa c’est vraiment une course très très difficile. On annonce énormément de chaleur, physiquement et mentalement on va souffrir. Après, on est à Spa, il y aura peut-être de la pluie, tout peut arriver finalement.

Pour en revenir avec votre équipage, quels sont vos objectifs pour cette édition des 24 Heures de Spa 2026 ?
On verra comment ça se passe, on va essayer de tout maximiser pour faire une bonne course, optimiser le travail des ingénieurs, mécaniciens et pilotes pour performer et ainsi obtenir le meilleur résultat possible. Faire un top 10 à la fin des 24 Heures serait déjà pas mal, on sait qu’il y a beaucoup de très bonnes voitures, à voir aussi la vitesse que l’on a car, à l’heure actuelle, on est bien mais on ne saura pas vraiment comment sont les autres avant le départ de la course.

Enfin, pour conclure, quels sont les points forts et les points faibles de votre équipage ?
Les points faibles, on a fait que deux courses ensemble pour l’instant, on ne se connaît mais pas encore de manière optimale. Si je fais le parallèle avec mon équipage en ELMS, là on travaille ensemble depuis deux ans, on se connaît tous par cœur, on sait comment réagir mais ici dans l’ensemble ça se passe plutôt très bien. On a fait une belle course à Monza, forcément il y a encore des petits trucs, le Pirelli est nouveau pour moi, j’apprends mais dans l’ensemble on est content, on n’a pas eu de gros problèmes, pour l’instant tout va bien.

Texte & Photos : Damien Hierckens - passione-cavallino.be

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