Spa Six Hours, réflexions d’un promeneur solitaire le long du circuit...

Bob d’Automag, Raymond Collignon    2024-10-11 12:56:36   

Spa Six Hours 28 septembre 2024


Soleil, pluie, froid de canard !

C’est la grande foule à Francorchamps les routes d’accès au circuit se paient même une belle saturation, du rarement vu !

Les entrainements du vendredi se sont déroulés en grande partie sous une pluie battante. Samedi cela va mieux, le soleil joue avec de gros nuages noirs mais les éclaircies dominent. Nous sommes vraiment bien dans nos « montagnes ardennaises », le temps le plus digne qui soit pour Francorchamps la Belle !

Je suis un peu nostalgique après mes sept participations anciennes à cette épreuve organisée depuis 1993... nous y avions participé à l’époque avec mon ami Didi en Alfa Romeo SZ en catégorie « Tourisme ». Cette catégorie est maintenant bien délaissée... il n’y a plus de Mini, BMW 1800, Ford Cortina, Alfa Giulia, GT et autres berlines homologuées avant la date fatidique de 1965.

Place maintenant aux GT les plus extrêmes et les plus spectaculaires !

Aussi bien et même mieux encore préparées qu’à la grande époque, les Ford GT40 dominent outrageusement. Une quinzaine au départ peuvent toutes revendiquer la victoire.

Ces superbes voitures sont reconstruites pour la plupart à l’identique, elles sont, à juste titre, très appréciées de la foule de passionnés qui se pressent autour du circuit pour entendre leurs rugissements fantastiques et admirer leurs glisses bien contrôlées par de très bons pilotes.

Règlement assez stricte bien appliqué.

Eric Van de Poele, Jim Farley et Mike Kupka. © Photo : Jacques Breuer

Je m’intéresse plus particulièrement cette année à celle de l’Américain Jim Farley, haut responsable chez Ford Amérique, épaulé pour la circonstance par Eric Van de Poel, le multi-vainqueur des 24 heures de Francorchamps.

Eric reste un grand pilote toujours simple et accessible, Jim est vraiment proche de son équipe dirigée par les frère Kupka de « Mec Auto » installés à Baelen dans la région Verviétoise.

FORD GT40 #98 Eric Van de Poele - Jim Farley.

Cette superbe auto respecte au mieux le règlement qui impose aux voitures une similitude extrême par rapport au modèle de base même si pour la plupart elles sont reconstruites.

La fiche d’homologation est longue et d’une précision incroyable, freins à disque pleins, moteur v8 et culasse fonte, trains roulants, coque et châssis exactement conforme à ceux d’origine, un Lola (Celui de la GT MK 6) avec qui Ford avait travaillé au départ dans les années 1960, l’histoire est bien racontée dans le très bon film « Le Mans 66 ».

Les Kupka épaulaient ici quatre voitures alignées dans plusieurs courses.

Marco 1800 GT des frères Borlet avec son moteur Volvo B18, elle gagne sa catégorie, très belle voiture. © Delahaye Racing Team

Je m’intéresse aussi cette année particulièrement à la Marcos GT 1800 des frères Bordet, une très belle voiture assez rare de nos jours surtout animée du brave moteur B18 Volvo que je connais bien et qui donne ici le maximum de ce qu’il peut, sans casser !

La Course...pluie, soleil, Pace Car à la fête...

Dès le départ, à 16 heures, les GT40 y vont très fort. Il n’y a rien de plus beau que de voir cette meute enfiler le raidillon, la cuvette de l’eau rouge en a déjà vu d’autres, mais ne s’en lasse pas.

Il y a quelques semaines j’ai assisté au grand prix de formule 1.

Franchement le spectacle donné ici pour ces 6 heures, dépasse de loin celui de ces monoplaces sangsues, bourrées d’effets de sol peu enthousiasmantes au niveau « musique » et jouant leurs classements plus au stand que sur la piste.

Hélas, après quelques tours à peine, une demi-heure après le départ, le directeur de course lance la première Pace Car. Il y aura au moins une dizaine d’interventions de la fameuse « voiture d’intervention » brisant à chaque fois le rythme effréné de la course. C’est bien dommage, on comprend que la sécurité des pilotes et des commissaires de piste, très sollicités ici, soit prioritaire mais il y aurait probablement moyen de dégainer moins souvent le drapeau jaune, briseur d’élan.

Ainsi la course se déroule en lutte à tous les étages, des GT40 aux Lotus Elan en passant par toutes les rauques MGB, les Ford de toutes les sortes, les 911 en ballet dans le raidillon, les Jaguar superbes et légères, notre Marcos, oiseau bleu en goguette, mène sa classe...

Lotus Elan 26 R de Shedden/ Barker/Butcher reste la trouble-fête !

Après la mi-course, rien n’est fait. Une petite dizaine de voitures sont dans le même tour. Celle des Kupka a malheureusement dégringolé dans ce classement suite à quelques hésitations dans un ravitaillement et un petit problème lors d’un changement de pilote. Elle se retrouve dix-huitième avec pour seul but de remonter dans le top dix et pourquoi pas le top cinq... ?

Changement de pilote express au stand. © Photo : Jacques Breuer

C’est la fièvre dans le stand, les deux pilotes tournent au maximum des possibilités, les paris vont bon train, top cinq possible ?

La GT 40 de tête des « deux Hart et Pastorelli » sortira de la route !

Les Pace Car continuent aussi leurs interventions. La nuit tombe, la grosse pluie aussi... Dans la superbe tribune du raidillon, à l’abris des rafales, la foule reste dense, le spectacle des phares descendant vers l’eau rouge avant de s’enfiler le plus mythique des virages reste obnubilant.

Eau et feux à tous les virages ! © Photo : Simon Daine

La Lotus Elan 26 R de Shedden/ Barker/Butcher reste la trouble-fête dans un peloton de pas moins d’une douzaine de GT 40 dont l’authentique très belle roadster de Macedo... Les Jaguar sont loin, la première 911, très spectaculaire avec son 2 litres et son châssis court, est au-delà de la vingtième place, notre Marcos n’est pas si loin derrière elle et finira à une super et méritée première place dans sa catégorie.

La Marcos des frères Borlet gagne sa catégorie :-)

A moins d’une heure de la fin, la GT 40 de tête des « deux Hart et Pastorelli », sous pression sort de la route au « pif paf », bloquée dans le bac à sable !

Victoire pour l’écurie Filipinetti des Franchitti et André Lotterer.
La boîte de vitesses ZF cassée, il faudra l’ouvrir...

Voie royale pour celle de l’écurie Filipinetti des Franchitti et, excusez du peu, d’André Lotterer dont on connait la super carrière, qui gagne finalement cette très belle course avec un tour d’avance sur une autre GT 40 et l’incroyable Lotus !

Quant à moi, de retour au stand pour faire la fête, j’assiste malheureusement à l’arrêt inattendu de la GT40 d’Eric Van de Poele, boîte de vitesses bloquée et légère fuite à la pompe à eau...

A vingt minutes de la fin, c’est l’abandon « raisonnable » sans atteindre le top cinq espéré.

Consternation dans le stand, Jim, Mike, Stephan et tous les mécanos de Mec Auto sont très déçus, la mécanique en a, une fois de plus, décidé autrement mais on remettra cela...

Accolades après les larmes et en route pour des nouvelles aventures !

Bravo à tous en tous cas !

Texte : Raymond Collignon
Photos : Bruno Cornet Automag
Photos : Jacques Breuer
Photos : Marcos Delahaye Racing Team
Photos : Simon Daine

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