La brève histoire de Francis-Barnett

Benoît Piette    2012-01-24 15:29:34   

Qui se souvient de cette marque de Coventry aujourd’hui disparue ?
Ben, ma mère : en tant qu’infirmière à l’ONE dans l’immédiat d’après guerre, elle en possédait une pour se rendre dans son secteur de consultation.

Certes, elle a pesté souvent sur ses pannes à répétition mais grâce à sa motocyclette, elle s’est fait de bons amis au garage d’Hastière que sa Francis-Barnett avait l’habitude de fréquenter assidûment...

A sa décharge, cette motocyclette n’était vraiment plus toute neuve : ma mère l’avait rachetée fin des années 40 au brave curé de Feschau…


Des géniteurs connus.

Cette marque est fondée en 1919 par Gordon Francis et d’Arthur Barnett.
Gordon Francis est le fils de Graham Francis qui, associé à Richard Lea, produit depuis 1895 des motos puis des voitures sous la marque "Lea-Francis".

C’est donc en terrain connu que les deux compères décident de s’associer pour fabriquer des motos légères. Ils estimaient, à juste titre, qu’après guerre, la motorisation de masse était devenue inévitable et qu’en conséquence il y avait là un marché à prendre.

La première Francis-Barnett voit ainsi le jour, elle est propulsée par un moteur JAP à soupapes latérales de 292 cm³.
En 1923, un nouveau cadre tubulaire révolutionnaire est mis au point, il est plus rigide et très léger et en outre, les roues peuvent en être aisément désolidarisées.

Pour le lancement de la "Fanny B", le slogan de la marque est suffisamment univoque : "Built like a bridge", d’ailleurs l’usine se permet de garantir le cadre à vie.
Quant à la propulsion, il s’agit d’un moteur Villier de 147 cm³ deux temps avec un "kick-starter". Sa transmission est réalisée par une boîte à deux vitesses.

Vu la méthode de fabrication, le prix de cette nouvelle moto avoisine les 25 £. Parallèlement à la Fanny B, Francis-Barnett produit des 250 cm³ et des 350 cm³ pouvant être livrées avec des side-cars.

Sa consolidation

En 1928, Francis-Barnett lance sa Pullman avec un moteur Villier de 344 cm³ avec une boîte de trois vitesses.
Ce moteur possède des pistons en aluminium, une lubrification automatique alimentée par le carter et une magnéto à volant a été montée devant le moteur.

En 1933, c’est le tour de la Cruiser propulsé par un 250 cm³ de faire son apparition sur les catalogues de la marque.
Deux ans plus tard apparaît la Stag avec un moteur Blackburn de 248 cm³ avec soupapes en tête.

Peu de temps avant la guerre, la Snipe de 125 cm³ et la Powerbike de 98 cm³ font leur entrée sur le marché.
Ces petites motos sont propulsées par des moteurs deux temps.

En mai 1940, la Guerre éclate et la production se poursuit.
Cependant, le 14 novembre 1940, la Luftwaffe de Göring fait un raid meurtrier sur Coventry et détruit une grande partie de l’usine, annihilant ainsi l’effort de guerre consenti par la firme.

L’après guerre, c’est aussi la fin des combats…

Après la guerre , les Snipe et l’illustre motocyclette Powerbike de ma mère sont reconduits avec plus ou moins de bonheur...

Powerbike

Comme en France, le temps est aux fusions et en 1947, Francis-Barnet adhère au consortium Associated Motor Cycles Ltd ( AMC ) qui regroupe les marques Matchless , AJS , Norton , James , Sunbeam Motorcycle .
A cette époque, la plupart des noms des nouvelles Francis-Barnett porteront des noms d’oiseau comme Falcon, Hawk, Kestrel, Merlin, Plover et Snipe. [1]

Dans les années 1950, la firme continue à produire des motos réputées pour leur légèreté.
Début 1960, afin d’améliorer les performances commerciales du groupe AMC Ltd, la production est transférée dans à Birmingham, berceau de la firme James et le site historique de Francis-Barnett située à Lower Ford Street à Coventry ferme définitivement ses portes.

Tout est dit : à partir de cette époque, les particularités des Francis-Barnett s’estompent et les modèles sortant des chaînes de production sont maintenant pratiquement identiques aux James indépendamment des badges et des couleurs…

Face à l’offensive des motos japonaises, le groupe AMC Ltd vivote jusqu’en 1966 où il sombre corps et biens.

Images courtesy of Sheldon’s Classic European Motorcycles

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