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La saga Impéria, histoire d’un du fleuron de l’industrie automobile belge.




Première publication : 19 décembre 2004, mise en ligne: jeudi 14 juillet 2005, par Didgé

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De la motocyclette à l’automobile.

1902, descendant d’une famille de sidérurgistes belges installés en Allemagne, Adrien Gustave Piedboeuf s’installe sur la terre de ses ancêtres à Liège, rue de Fragnée.

Fin 1903, il crée la société A.G. Piedboeuf-Dawans et Cie qui construit essentiellement des motocyclettes.

Cependant, depuis longtemps, Adrien n’a qu’une idée : la construction automobile. Progressivement il abandonne les « 2 roues ». Il fait venir l’ingénieur allemand Paul Henze, c’est avec ce dernier qu’il concevra les premiers modèles de la marque Piedboeuf-Impéria.

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Une des premières Impéria.

Les premiers salons.

C’est à l’occasion du salon de Paris de 1906 que l’on entend pour la première fois parler des ateliers Piedboeuf. Face aux constructeurs français et étrangers, les débuts sont modestes. Seuls deux châssis sont exposés. Un 24-30 HP à cardan, 4 cylindres jumelés de 4,9 litres et un 50-60 HP à chaînes de 10 litres fabriqués avec des aciers spéciaux à haute résistance.

La presse spécialisée est enthousiaste et vante la belle finition ainsi que le prix « raisonnable ». Mais ne soyons pas dupes, à cette époque la voiture est l’apanage de quelques privilégiés.

En janvier 1907, Impéria est présente au salon de Bruxelles. Le stand est plus étoffé qu’à Paris. On peut notamment y admirer un modèle de conception particulièrement moderne : le 16/20, un châssis en tôle emboutie qui a la particularité de posséder des rangées de billes aux 3 coudes de l’arbre de vilebrequin, ce qui lui donne une douceur de roulement étonnante.

La présence d’Impéria à Bruxelles va lancer la marque. Elle sera rapidement reconnue comme une voiture de qualité en avance sur son temps.

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Le stand Impréria au salon de Paris.

Nessonvaux.

Les commandes augmentant sans cesse, l’atelier de fragnée devient vite trop exigu. En 1907 Piedboeuf rachète l’usine Pieper de Nessonvaux près de Verviers et y installe de nombreuses machines sophistiquées sur une surface de 7.000 mètres carrés.

En décembre, les premières productions conçues dans les nouveaux locaux sont présentées au salon de Paris. Le stand Impéria est l’un des plus vastes.

En 1910, l’usine occupe plus de 300 ouvriers et produit trente châssis par jour.

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Les Etablissements Piedboeuf à Nessonvaux.

1912, la fusion avec Springuel et l’association avec Abadal.

En juin 1907, est créée à Huy, la société des automobiles Springuel. Jules Springuel, le fondateur est ingénieur civil et passionné de mécanique. En 1909, il obtient un vif succès au salon de Bruxelles. Y sont exposées notamment une 16/20 à cardan et une 24/30 à chaînes.

La marque évolue jusqu’en 1912 date de la fusion avec Impéria. L’entreprise s’appelle désormais : Springuel-Impéria sa. Adrien Piedboeuf en restera actionnaire mais prendra du recul par rapport à la nouvelle société. Il meurt le 16 septembre 1919.

Peu avant la guerre 14-18, un contrat important est signé avec le constructeur Catalan Francisco Abadal ce qui offre des débouchés vers l’Espagne et l’Amérique Latine.

Malheureusement, la Grande Guerre stoppera la croissance d’Impéria. Les Allemands s’approprieront même les machines et les châssis.

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Une Impéria Abadal.

L’ère Van Roggen.

Mathieu Van Roggen est propriétaire depuis 1913 de la marque d’automobiles ATA. En 1919, il prend le contrôle du groupe Impéria.

Après la guerre, tout est à refaire. Il faut racheter des machines et engager du personnel. Peu à peu, l’usine reprend son activité. On y répare notamment des véhicules des armées belges et alliées.

Elle ne se remet réellement en marche qu’en 1922. Parmi les ingénieurs engagés se trouve un ancien chef des services d’études de la FN, Arnold Couchard. Il deviendra rapidement l’âme d’Impéria. Il mettra au point un modèle dont l’originalité résidait dans le fait que le moteur n’était pas doté de soupapes, l’Impéria-Tili. Grâce à lui et à Van Roggen, la marque restera dans le peloton de tête de l’industrie automobile belge.

Fin des années 20, la conjoncture est difficile pour l’industrie automobile belge. Elle doit faire face à la crise économique et lutter contre la concurrence américaine. Ford, Chrysler, Buick et bien d’autres s’installent sur le marché européen.

1927, Mathieu Van Roggen essaye de regrouper les constructeurs belges pour lutter contre l’importation américaine. Impéria rachète les sociétés Excelsior de Saventhem (avec un S au lieu du Z à l’époque), Auto-métallurgique de Marchienne Au Pont et Matthys Frères et Osy de Bruxelles. La Société Anonyme des Automobiles Impéria-Excelsior est née, son siège social est toujours situé à Nessonvaux.

Après cette fusion, il subsiste 2 grands groupes en Belgique : Impéria-Excelsior et Minerva-FN.

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Van Roggen et Couchard au circuit de Belgique.

La piste d’essai.

Jusqu’à cette époque, les essais se déroulaient sur routes mais les riverains se plaignaient du bruit et du danger. Pour remédier à cet état de choses, les dirigeants d’Impéria décidèrent de construire une piste d’essai. L’usine étant coincée entre la Vesdre et la route, Il restait peu de possibilité d’expansion. Il faudra trouver une solution originale. La piste à virages relevés, d’un kilomètre de développement, sera construite partiellement sur les toits de l’usine.

L’idée avait été reprise de l’usine Lingotto de la FIAT à Turin. Des pointes de 140 Km/H seront chronométrées sur cet anneau de vitesse.

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La piste d’essai en construction.

La crise mondiale.

1931, l’industrie automobile belge est frappée de plein fouet par la crise mondiale. Impéria n’y échappe pas.

Pour tenter de survivre, un accord est trouvé avec l’Allemand Adler pour la construction du modèle Trumpf. C’est une traction avant de bonne qualité mais qui n’aura pas le succès de la Citroën Traction.

Entre-temps, la société change une nouvelle fois de nom, elle s’appelle désormais « Société Nouvelle des Automobiles Impéria » et va se diversifier en produisant notamment des machines-outils.

En 1935, Mathieu Van Roggen rachète ce qu’il reste de Minerva victime d’une faillite. Le groupe prendra le nom de Minerva-Impéria. Il devient le plus puissant du monde automobile belge.

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Dessin de la 2 portes Mouette sortie en 1932.

La Seconde Guerre Mondiale et le déclin.

Début 40, Van Roggen cède le contrôle de l’entreprise au groupe lainier Verviétois Hauzeur-Gérard.

Dès le début du conflit, les Allemands occuperont l’usine. Pendant quelques temps, la production se poursuivra. Il sera possible d’acquérir une Alouette T.A.-7 ou une Jupiter T.A.-11. Cependant, à partir d’août, les bâtiments seront réquisitionnés. Ils serviront à la réparation et à l’entretien des véhicules de l’occupant.

A la libération, la société trouve un accord pour l’importation en Belgique des voitures anglaises Standard et Triumph. En 1947, sort la dernière Impéria, la T.A.-8. C’est un modèle sportif équipé d’un moteur Hotchkiss-Amilcar de 1300 CC. Peu de véhicules seront vendus et le conseil d’administration décidera d’en stopper la construction en 1949.

A partir de cette époque, l’usine montera encore les très sportives Triumph TR 2 et les Vanguard ainsi que les motos Adler. Elle poursuivra également ses activités dans les machines-outils.

L’année 1958 marque la fin de l’aventure, Standard Triumph décidant de monter ses modèles dans sa nouvelle usine de Malines.

Cette année là, l’attention de la Belgique est braquée sur l’Exposition Universelle de Bruxelles, on parlera à peine de la disparition d’un des fleurons de l’industrie automobile nationale. Après plus de 50 ans d’activité, Impéria fermait définitivement ses portes.

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L’Impéria TA.11, type Jupiter.

Impéria et la compétition automobile.

Dès sa création, Impéria prit part à des compétitions automobiles. En 1906 à Spa, elle participe à sa première course mais la voiture engagée, une 24/30, doit abandonner.

C’est en 1908 au Ventoux en France, que la firme de Nessonvaux signe sa 1ère victoire. En 1909 elle remporte la coupe d’Ostende. En 1913, les Impéria prennent les 3 premières places à Huy et gagnent de nouveau à Ostende.

C’est une Impéria-Abadal qui passe la ligne en gagnante au Grand Prix de Belgique de 1922. Van Roggen remporte le rallye de Monaco en 1925. Citons également des victoires au « Liège-Nice-Liège » en 29 et au « Liège-Chamonix-Liège » en 1934.

La présence et les succès remportés par Impéria firent beaucoup pour sa notoriété.

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Van Roggen et Couchard dans la voiture 8-25 HP carrossée course lors d’une épreuve de record.

A lire : « Impéria, un empire automobile belge 1904-1958 » de Michel Bedeur.
- couverture cartonnée rigide, 285 pages, format 24x30 cm.
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Le livre de Michel Bedeur : un travail de 10 ans de recherches.

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