LA MOTO AU FEMININ

Jean Van Der Rest    2003-06-10 00:00:00   

Marianne Weber


1944. Marianne Weber a 20 ans. C’est l’époque où les mères croyaient devoir interdire la trilogie de Pagnol à leurs filles. Marius, Fanny et César, cette histoire d’une fille mère ne devait pas convenir à l’esprit des jeunes filles.

De nationalité belge, quoique issue d’une famille aux origines alsaciennes, rien ne prédisposait Marianne Weber à pénétrer le monde des passionnés de la moto. Cependant, au sein de ce monde d’hommes, c’est cette jeune fille là qui va mettre sur pieds, un des premiers rallyes moto de l’après-guerre. Il deviendra célèbre sous le nom "Brabant-Ardenne" et son parcours variera chaque année. Entre 220 et
250 km étaient à parcourir, selon l’édition.

1947. Ses débuts sur Triumph 350 Twin.

En rallyes comme en randonnées, le principal de la mise sur pieds consiste en un travail de reconnaissance préalable reproduite fidèlement sur papier, carrefour par carrefour, croisement par croisement avec des précisions telles que la définition précise du contournement de l’église par la droite ou la gauche, selon le cas, faute de se retrouver totalement dérouté. Pour son premier parcours, les hommes ont laissé faire. Certains avec le sourire, d’autres persuadés par avance "qu’on allait se planter plus d’une fois". Les plus goguenards précisaient : "on sait d’où et quand on partira, mais pas quand ni où l’on arrivera". Dans sa recherche des itinéraires, Marianne avait une constante, celle de rejoindre, souvent au plus court, l’Ardenne belge avec ses sentiers qui ne sont pas encore des chemins et les chemins qui ne deviendront routes que dix ou vingt ans plus tard.

1950 Tourisme.

Eviter les agglomérations pour le plaisir de la découverte, c’est prendre par Pessoux pour éviter Ciney, piquer sur Gobinette pour contourner Marche, entrer en Luxembourg au nord de Lesterny, éviter St. Hubert par Arville et Bras, puis remonter au nord par les vallées de Lomme, de l’Our et de la Lesse. La finale quant à elle, était incontournable. En Brabant "wallon", ce seront les plaines maraîchères d’Ottignies qui, en attente d’enfanter un Louvain tout neuf, ne devaient rien aux chemins de l’enfer du nord les lendemains de semaines pluvieuses. Ornières et bourbiers étaient aux rendez-vous presque chaque année. "A l’arrivée, la plupart des pilotes s’offraient une première douche, tout habillé. Ils avaient souhaité des trajets beaux et difficiles, ils les ont eu. Et, ils sont revenus au "Brabant-Ardenne" plus nombreux chaque année. Première femme motocycliste d’après-guerre, j’étais admise".

1952 : Vitesse pure sur Norton mono 500.

De femme motocycliste, Marianne va tendre au statut de femme pilote. Pour y arriver, elle va s’aligner en solo et battre le record de Belgique du kilomètre lancé. Cette fois, elle côtoie les grands pilotes de son époque parmi lesquels : Ergé, Anderson, Auguste Goffin et André Milhoux. Hors saison de courses, elle part pour divers périples européens et africains. Stop, une anecdote lui revient en mémoire. Celle d’une crevaison en plein désert à plus de 500 km de la bourgade la plus proche. "Un paquet de chewing-gum mastiqué à outrance a rempli la déchirure interne de mon pneu. Le temps de laisser durcir la réparation au soleil, je repartais jusqu’à l’étape". Entre ses lointaines randonnées, rallyes et ses représentations d’agent d’usines en Belgique ( oui Messieurs), la presse motocycliste belge, française et anglaise appréciait ses compte-rendus techniques et touristiques.
Dans la très officielle revue de la Fédération Motocycliste de Belgique et dans Belgique Sports, jusqu’aux incontournables Motor Cycles de Londres et Techniques Motos de Paris, ses pages voisinaient avec celles de Jacques Ickx (père de Pascal et Jacky), Robert Everts photographe-grand reporter et Geoffroy de Beauffort, journaliste belge de renommée internationale.

1960 : A fond sur BMW !

Chaque foire-expo-salon "intéressant" de machines actuelles ou anciennes, est un lieu de rencontres pour Marianne. Ses plus longs entretiens sur stands sont avec les techniciens des marques. Elle ne décrochera jamais, c’est une sacrée bonne femme, nous confiait encore tout dernièrement Yves Campion.

Promenade dans les Dolomites sur Ariel 500.

A la question de savoir quel bonheur lui a procuré la moto ?
Marianne Weber résume sa réponse par une définition sensorielle : "rouler à moto, c’est comme écouter de la musique en stéréo, vous faites vraiment partie de l’environnement".

Jean VAN DER REST

Vos commentaires

  • Le 29 décembre 2003 à 08:49, par philou En réponse à : > LA MOTO AU FEMININ

    les femnes manipul les motos comme leus propre bijoux .elles les aime comme leurs amant j en parle d expérience rare sont les femnes qui casse leurs machines. je trouve les motos très belles, mais le tandème femne moto est sublime.
    philou

  • Le 7 janvier 2004 à 14:16, par Solène, France. En réponse à : > LA MOTO AU FEMININ

    Très bel article pour une très belle femme. Je suis admirative et reconnaissante envers toutes les femmes qui ont fait de la moto une pratique accessible à toutes. Merci Marianne !

  • Le 18 avril 2004 à 11:54, par Mary-Jane NOEL En réponse à : la moto au féminin

    On ne peut être qu’admirative devant cette grande dame. Quelle belle histoire et quelle belle leçon de courage pour cette époque. Elle était belle, téméraire et tellement en avance sur son temps. J’ai pris un réel plaisir à lire ce reportage et à connaître cette aventurière et cette grande championne. Merci encore

  • Le 30 octobre 2011 à 22:15, par L’Irlandais KéBéKoIs En réponse à : LA MOTO AU FEMININ

    Bonjour. C’est en découvrant votre musique par hasard sur Internet que j’arrive à cette page.

    Je suis du sud du Québec, à 70.0 km. au nord-est de Montréal et né en 46 (mon ãge = "46" ... Oups ! "64") et serai admissible à la "pension de vieillesse" en décembre. Ayoye !

    Voilà ! L’été dernier j’ai été contraint d’abandonner la moto pour quelques temps à cause de problèmes cervicaux après 43 ans d’indescriptibles plaisirs.

    J’étais en admiration en écoutant : "Kijk In Mijn Ogen", me souvenant de retour de belles randonnées auprès d’une jolie dame.
    Ici au Québec, les femmes à moto n’ont commencé à ètre visibles qu’en 2000 pour atteindre 10% de motocyclistes. En 2010 là ça commence à être plus accepté et reconnu comme tel. Avant, c’était les femmes disons "plus légères" qui en faisaient selon les "bien-pensants".

    En ce super bel après-midi de fin octobre, pendant que ce qu’il reste de plus beau du "festival des couleurs" (les dernières feuilles jaunes et rouges) tombe sur mon balcon de garçonnière, je dois admettre qu’écouter votre musique et regarder vos photos est très appaisant, mais fait renaìtre en moi le goùt de repartir à l’aventure dès le printemps prochain.

    Félicitations Mme. Weber, pour votre voix, votre visage et votre ténacité. Vous me laissez de belles images en tète.

    << Désolé pour la ponctuation, je ne suis pas sur mon clavier habituel >>

    ’Calins et bisous si vous le permettez’

    Yvan Vincent, le GhostRider des temps modernes,
    L’Irlandais KéBéKoIs

  • Le 31 octobre 2011 à 00:04, par L’Irlandais KéBéKoIs En réponse à : LA MOTO AU FEMININ

    Oupsss !

    Désolé pour la confusion entre les personnes, mais le fait que vous n’ayez pas chanté ne change rien en votre témérité et longue vie auz descendants de Mme. Weber.

    L’Irlandais KéBéKoIs

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